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Le PQ a le vent dans les voilesLe dernier sondage CROP-La Presse-Le Soleil pourrait inciter Bernard Landry à déclencher des élections très prochainement
Denis Lessard
La Presse mercredi 26 février 2003
Québec - Une fenêtre s'est ouverte devant Bernard Landry. Un tout récent sondage CROP indique
que le Parti québécois aurait remporté des élections déclenchées cette semaine, un argument puissant
pour aller rapidement au peuple.
Et c'est l'Action démocratique qui perd du terrain. Le sondage CROP réalisé pour La Presse et Le
Soleil révèle que le PQ recueille 32 % des intentions de vote, contre 26 % au PLQ et 25 % à l'ADQ,
avant répartition des 15 % d'indécis.
Une fois les intentions réparties au prorata, le PQ décroche 39 % d'appuis, une hausse de sept points
sur la fin janvier et de cinq points par rapport à la mi-février. Le PLQ, à 31 %, est au même point
qu'à la mi-février, mais cinq points plus bas qu'en janvier. C'est la douche écossaise pour l'ADQ: le
parti de Mario Dumont se retrouve à 29 %, lui qui comptait sur 34 % d'appuis à la mi-février, et sur
31 % il y a un mois.
"Pour M. Landry, le moment serait très bien choisi pour déclencher les élections", observe Claude
Gauthier, le spécialiste de CROP.
Réalisé du 13 au 24 février auprès de 953 personnes, un tel sondage comporte une marge d'erreur de
3,2 points de pourcentage 19 fois sur 20. Autre élément encourageant pour Bernard Landry, le taux
de satisfaction à l'endroit du gouvernement est en hausse pour le cinquième sondage de suite.
Actuellement, 47 % des gens se disent "assez ou plutôt" satisfaits "du présent gouvernement du
Québec", une augmentation de quatre points par rapport à la mi-février. À la fin du mois de janvier,
36 % des gens seulement étaient satisfaits. Au surplus, le taux d'indécis sur la question est en baisse,
tout comme la proportion des gens mécontents. Ainsi, 49 % des gens sont insatisfaits,
comparativement à 54 % il y a deux semaines, et à 56 % il y a un mois. Seulement 4 % des gens
refusent de répondre à cette question, deux fois moins qu'il y a un mois.
Selon M. Gauthier, de tels résultats mènent à une seule conclusion: le Parti québécois aurait formé
un gouvernement majoritaire si des élections avaient eu lieu cette semaine. "M. Landry a clairement
une fenêtre ouverte devant lui."
"Je pense que la situation économique plutôt favorable au Québec a finalement un impact. Les gens
ont plus envie d'entendre parler de ce qui va bien", explique le sondeur. Aussi, croit-il, l'ambiance
d'incertitude sur la scène internationale, la perspective d'une guerre en Irak, est de nature à
rapprocher les électeurs de leurs dirigeants. "Peut-être que les gens optent pour des chefs qui ont
plus d'expérience dans ce contexte", avance M. Gauthier. Chose sûre, les déclarations malheureuses
de Bernard Landry sur les "cervelles d'oiseaux", la semaine dernière, n'ont pas laissé de trace. Le
sondage a été tenu au même moment et "il est clair que pour les gens, il ne s'agissait que d'un
incident", dit-il.
La progression du PQ correspond à une descente évidente de l'ADQ. "Cela peut s'expliquer par les
volte-face sur le programme. Les gens pouvaient être séduits par la nouveauté l'été dernier, mais ils
ont l'impression maintenant que M. Dumont ne sait plus trop où il s'en va, résume M. Gauthier. Il y a
un manque de clarté dans le message adéquiste, plus il y a d'acteurs importants autour de Mario
Dumont, plus il y a de confusion."
Il n'y a pas de bonnes nouvelles pour le PLQ dans ce sondage. "Il ne bouge pas, ce qui est une
mauvaise nouvelle pour un parti de l'opposition en face d'un gouvernement à la fin d'un second
mandat, conclut M. Gauthier. Les libéraux et M. Charest paraissent moins présents dans les médias."
Le chef libéral a fait une mission à Paris et un discours important à Toronto qui n'ont pratiquement
pas eu d'échos.
Francophones
Une victoire du PQ à partir de ce sondage est d'autant plus facile à prédire que lorsqu'on isole
l'électorat francophone, qui décide de la majorité des circonscriptions, son avance apparaît plus
nettement encore.
Avant répartition des 15 % d'indécis, le PQ décroche 38 % d'appuis, trois points de plus qu'il y a
deux semaines. Du côté libéral, on est au même point, à 19 %, mais l'ADQ pique du nez, passant de
33 à 27 %.
Ce transfert de l'appui des francophones se confirme aussi quand on regarde le vote régional. À
Montréal, le PQ grimpe de 26 à 29 %, le PLQ monte aussi un peu, passant de 39 à 40 %, mais l'ADQ
qui était à 21 % descend 15 %.
Dans le reste de la grande région, c'est le même constat inquiétant pour Mario Dumont, dont le parti
passe en 15 jours de 35 à 25 % d'appuis. Dans la région de Québec, le PLQ paraît s'effondrer,
passant de 27 % d'appuis à 16 %. L'ADQ et le PQ y trouvent 32 % de supporters, mais le nombre
d'indécis est passé de 9 à 19 %. Dans les autres régions, l'ADQ est passée de 33 % à 29 %.
CROP a aussi réparti les indécis selon une autre formule qu'au prorata, une méthode "réaliste", selon
M. Gauthier qui accorde la moitié des indécis aux libéraux tandis que les autres partis se partagent
l'autre moitié. Selon cette formule, l'écart se resserre, mais le PQ conserve une mince avance, à 36 %
contre 34 % au PLQ, et 29 % à l'ADQ.
Bien que peu en évidence dans le débat public, l'option souverainiste paraît plutôt bien portante,
souligne aussi M. Gauthier: 42 % des gens disent qu'ils voteraient oui à la question du référendum de
1995, un point de moins qu'il y a 15 jours, mais tout de même quatre ou cinq de plus que la moyenne
de 2002, fait-il observer.
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