|
«« Réforme électorale et parlementaire
Des états généraux productifs
Marc Brière
Président du Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise
LE DEVOIR jeudi 6 mars 2003
Lettres: Nous étions plusieurs, du Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise (MONOCOQ), à participer aux états généraux sur la réforme de nos institutions politiques. Ces grandes assises citoyennes ont été un franc succès.
À 82 %, les participants se sont prononcés en faveur de l'adoption d'une constitution (loi fondamentale) québécoise. En plus de rassembler les diverses dispositions constitutionnelles actuellement éparpillées dans diverses lois, cette constitution incorporerait les propositions de réforme adoptées par les états généraux, notamment l'adoption d'un mode de scrutin partiellement proportionnel (mixte).
Celui-ci pourrait permettre l'élection du premier ministre et du chef de l'opposition au suffrage universel si les chefs de partis reconnus étaient placés en tête de chaque liste soumise au vote proportionnel. Ces listes devraient comprendre autant de femmes que d'hommes et pourraient faciliter la représentation des communautés autochtones et ethnoculturelles à l'Assemblée nationale.
Tout en conservant notre régime parlementaire avec suffisamment de stabilité gouvernementale, l'élément proportionnel ajouté compenserait en partie les distorsions résultant d'élections à la pluralité dans les comtés.
Un tel système dégagerait les chefs de parti de l'obligation de se faire élire dans un comté, de même qu'un certain nombre de députés ministrables, féminins ou membres de minorités ethniques.
En maintenant la responsabilité ministérielle tout en permettant la nomination de ministres non élus dans des circonscriptions électorales, on maintiendrait le régime parlementaire auquel nous sommes habitués, qui évite les inconvénients d'une cohabitation difficile entre le chef de gouvernement et le parlement dans les régimes présidentiels. Au surplus, en conservant la tenue d'un seul tour de scrutin, on évite tous les marchandages possibles entre les partis et les candidats entre les deux tours.
L'objectif premier de tout ce branle-bas est de rendre le pouvoir aux citoyens du Québec. Notre nouvelle constitution devra donc établir juridiquement et politiquement la citoyenneté québécoise et la souveraineté populaire, source de toute démocratie.
La balle est maintenant dans le camp de nos partis politiques et de leurs candidats. Quel que soit le prochain gouvernement, il devra donner suite à ces états généraux. Pour notre part, nous, du MONOCOQ, y veillerons.
|