ANNEXE - L’Académie de l’indépendance
«Si l’idée d’une nation américaine et d’une nation française
s’imposa d’emblée aux États-Unis et en France,
il n’en fut pas de même dans la construction de l’État
démocratique au Québec. Tout au contraire,
la définition de la nation demeurera jusqu’à nos jours
un des principaux enjeux des luttes politiques [au Québec].»
( Gilles Bourque, «Préface» de Nationalismes
et société au Québec, 2003.)
Les nationalistes québécois-français se déchaînent en ce moment pour contrer l’appellation de l’Aéroport de Dorval en Aéroport Pierre Elliott Trudeau. Considéré sous l’angle d’une réaction d’un groupe minoritaire, cela convient très bien à la situation. Ce genre de protestation est répétitif.
Les plus vieux parmi les nationalistes se souviennent sans doute que l’Hôtel Le Reine Elizabeth du boulevard René-Lévesque aurait dû s’appeler Le Château Maisonneuve (voir NOTE no 1). Des protestations nombreuses ont eu lieu, mais les nationalistes canadiens-français de l’époque ne sont pas parvenus à renverser la décision de nommer l’hôtel Château Reine Elizabeth et mieux connu sous le nom de Queen Elizabeth Hotel. D’autres protestations dans le même genre ont marqué l’histoire récente du Québec, mais elles n’ont jamais produit l’effet de mobilisation nationale qui aurait conduit à la libération collective du Québec-Français. Jusqu’à nouvel ordre, le Québec-Français doit se contenter de sa loi 101 avec toutes ses modifications législatives.
L’Hôtel Le Reine Elizabeth n’est qu’une illustration parmi bien d’autres événements de l’expression du nationalisme des Canadiens-Français qui a cheminé progressivement dans l’organisation de groupements nationalistes dont le RIN, suivi par la création d’un parti politique, le Parti québécois. Malgré l’existence de ce parti «souverainiste» (con-fédéraliste), l’offensive centralisatrice d’Ottawa continue sa marche pour assurer, maintenir et consolider l’unité canadienne.
Les effets de la recherche universitaire financée par le gouvernement canadien
De vastes domaines de la recherche sont financés, entretenus et soutenus par des milliards de dollars concernant les Chaires du Canada et la Fondation canadienne pour l’innovation qui contribuent très largement à former les prochaines cohortes d’étudiants et d’étudiantes dans nos universités au Québec. Si les universités québécoises veulent obtenir les subventions fédérales, elles doivent obligatoirement identifier le gouvernement canadien.
Prenons le cas de la Chaire de recherche du Canada où madame Louise Beaudouin, ex-ministre péquiste dans l’ex-Gouvernement de Bernard Landry, vient d’obtenir un contrat particulier. Il s’agit de la CHAIRE DE RECHERCHE DU CANADA EN MONDIALISATION, CITOYENNETÉ ET DÉMOCRATIE
Jules Duchastel
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada
Raphaël Canet
Coordonnateur de la Chaire de recherche du Canada en Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie
Université du Québec à Montréal
CP 8888, succursale Centre-Ville
Montréal, Québec
CANADA H3C 3P8
Les concepts utilisés pour décrire la Chaire sont percutants. Que d’idées pouvons-nous relier sous ces trois mots en tant qu’Occidentaux ? Nous savons qu’ils peuvent s’associer assez facilement au fédéralisme et au nationalisme. L’équipe qui entoure le titulaire de cette Chaire n’y a pas manqué. Par exemple, une recherche vient d’être publiée sur les Fédéralismes et la Mondialisation. Dans ce cas, les chercheurs s’interrogent sur L'avenir de la citoyenneté et de la démocratie. Le thème est à la mode. Le gouvernement (par ses ambassades) travaille très fort au plan international à convaincre les autres pays à s’intéresser « scientifiquement » à cette question.
Fédéralismes et mondialisation.
L'avenir de la citoyenneté et de la démocratie
Duchastel, Jules (dir.), Fédéralismes et mondialisation. L'avenir de la citoyenneté et de la démocratie, Montréal, Athéna éditions / Chaire MCD, 2003.
Les mots utilisés paraissent bien simples. Ils recèlent toutefois un bon capital d’intentions qui nous sont présentées sous un regard apparemment impartial et objectif. Il ne faut pas s’y méprendre. Le jambon cache un os ! Nous reviendrons sur le sujet un peu plus loin.
Une autre recherche a été publiée. Elle s’intéresse au nationalisme.
Nationalismes et société au Québec
Canet, Raphaël, Nationalismes et société au Québec, Montréal, Athéna éditions / Chaire MCD, 2003.
La même logique de pensée s’applique à la publication de cette autre recherche. Il s’agit des Nationalismes et de la Société au Québec. Comme on doit s’y attendre, selon Gilles Bourque, « Raphaël Canet propose dans ce livre une excellente introduction à l’histoire du nationalisme francophone au Québec ». Mais l’univers idéologique dans lequel baigne cette recherche ne doit pas nous laisser indifférents. Il ne faudrait pas croire que l’expression « société au Québec » est une notion neutre, pas plus d’ailleurs que le mot nationalisme employé au pluriel. On nous annonce bien que « cet ouvrage propose une analyse sociohistorique de l’évolution de l’identité nationale au Québec, tel qu’elle fut formulée par les divers nationalismes (canadien, canadien-français et québécois) qui se sont succédé depuis le début du XIXe siècle ».
Les Chaires de recherche du Canada n’ont pas été créées pour promouvoir un type d’analyse qui serait fondée sur le principe d’indépendance, mais bien sur celui du principe fédéral. Cette étude des nationalismes concerne la « société au Québec ». Il est aussi clair que l’auteur veut faire « une analyse sociohistorique de l’évolution de l’identité nationale au Québec ». (Mots mis en gras par nous.) Il n’est certes pas défendu de traiter le nationalisme des Québécois d’un point de vue sociohistorique, mais cette approche comporte des limites considérables quand il s’agit de poser le problème de l’indépendance du Québec. De toute façon, l’analyse bifurque dans le champ de « l’identité nationale au Québec ». Ce problème de l’identité dont on abuse souvent masque le fait qu’une majorité de Québécois-Français a une identité bien évidente, mais il semble qu’elle devrait se redéfinir pour aboutir à une autre identité qu’on ne saurait nous dire ce qu’elle est. Serait-elle en devenir vers la voie de sa disparition ? Peut-on légitimement penser que cela pourrait faire l’affaire du nationalisme canadian ?
Quand on nous dit qu’on connaîtrait « peu la teneur » d’un texte aussi célèbre que le rapport Durham ou que pour la Guerre de Sept ans nous ne connaîtrions surtout que « des faits historiques souvent mal définis », c’est (je pense humblement) ignorer l’historiographie québécoise et canadienne-française et même canadienne-anglaise que d’écrire une pareille énormité.
Pour la deuxième partie du chapitre premier consacrée au fédéralisme canadien contemporain, le chapitre se termine sur ces trois thèmes :
Logique des institutions : règle de la majorité et droit d’opposition
Les relations fédérales-provinciales
Le maillon faible de la fédération : la tendance centralisatrice
Les revendications québécoises
Cette logique est la plus traditionaliste que nous connaissons. Dans une fédération, de quelque nature qu’elle soit, il y a toujours des tensions. Le but des relations fédérales-provinciales vise justement à les diminuer. Ces tensions peuvent être alimentées par une trop grande centralisation ou une trop forte décentralisation (fédéralisme unitaire contre ligue fédérale ou confédération). En introduisant dans la « logique des institutions [fédéralistes]» les expressions de « règle de la majorité » et de « droit d’opposition », il est évident qu’il n’est plus question de sortir du cadre fédéral. Malgré l’idée de la possibilité de « revendications », la règle de la majorité doit s’appliquer en démocratie malgré le « droit d’opposition ». Est-ce que la centralisation est « le maillon faible de la fédération » ? Du point de vue des fédéralistes autonomistes, c’est possible. Par contre, c’est moins sûr en ce qui concerne les fédéralistes canadians ou centralisateurs qui veulent maintenir une fédération forte et le plus solide possible compte tenu de la présence de la superpuissance américaine. Il n’y a certainement pas de surprise dans cette logique historique qui d’ailleurs a été bien sentie dès 1867. Elle a même été pensée dans cette voie particulière. Les forces centralisatrices sont déjà incluses dans la Loi fondamentale du Canada. Le ver était déjà dans la pomme ! Nous ne devrions pas être surpris aujourd’hui de l’évolution historique du fédéralisme canadien dans le sens de la centralisation. La tendance centralisatrice n’est pas accidentelle, elle est originelle.
D’une recherche sur les nationalismes et la société (au Québec), le chercheur est parvenu à l’étude de la logique de l’institution fédérale. Par rapport à la société au Québec, l’auteur aborde la distinction entre « Nationalisme inclusif et nationalisme exclusif ». La dichotomie sert bien les partisans de la nation écartelée. Cette idée entretenue par nos intellectuels et chercheurs universitaires correspond bien à la citation en exergue de Gilles Bourque ci-dessus. Dans la société au Québec, y vivent des Canadians qui se sont opposés aux velléités nationales des Canadiens (français), de là l’incapacité des Québécois-Français de définir la nation, ce qui en fait « un des principaux enjeux des luttes politiques » (dans la société au Québec). Vue sous cet angle, cette situation est bien normale. L’entretenir et bâtir toute une argumentation pour satisfaire le nationalisme des Canadians au sein du Québec ou des fédéralistes aussi obtus que sincères, c’est faire dérailler la solution du problème en évitant d’aborder la question sous l’angle du principe d’indépendance. Si je comprends bien, la majorité de nos chercheurs dans le domaine des sciences humaines et en particulier en histoire et en sociologie évitent comme la peste à prendre en compte la pensée de l’École de Montréal sur l’histoire des deux Canadas.
Après le nationalisme et les Québécois-Français, pourquoi pas les fédéralismes et la mondialisation avec Jules Duchastel, le titulaire de la Chaire MCD à l’UQAM ? Le problème est posé en rapport avec L'avenir de la citoyenneté et de la démocratie. Qu’est-ce à dire ? Encore une fois, les mots peuvent paraître simples à première vue, mais il importe de savoir ce qui se cache derrière les fédéralismes, la mondialisation, la citoyenneté et la démocratie. La question initiale paraît claire : « En quoi le principe fédéral peut-il répondre au défi de la mondialisation ? » On va même jusqu’à se demander : « Jusqu'où les différentes formes de fédéralisme présentent une avenue de solution. »
La dialectique des formes d’aménagement du fédéralisme comme avenue de solution politique
Avec ces études sur les fédéralismes et la mondialisation, la Chaire MCD est plongée dans toute la dialectique des formes d’aménagement du fédéralisme. La complexité du discours tient en grande partie au fait que l’on confronte des conceptions diverses et que l’on ne construit pas suffisamment les bases fondamentales sur lesquelles la théorie politique pourra s’appuyer pour expliquer ou pour rendre plus compréhensible des situations multiples de fonctionnement fédératif. Bien évidemment, il n’est jamais question de résoudre certaines situations en tenant compte du principe d’indépendance qui n’est certes pas incompatible avec l’équilibre entre les nations. Au contraire, il faut faire entrer le modèle fédératif dans la réalité pour l’ajuster avec l’intention poursuivie politiquement.
Il semble que le cadre théorique de l’équipe de recherche sur la mondialisation et ses effets sur la citoyenneté et la démocratie repose principalement sur le schéma suivant des relations entre nation, État et société.
Source : Raphaël Canet, Nationalismes et société au Québec, p. 18.
Dans une visée d’analyse sociohistorique de l’identité nationale québécoise, ce schéma théorique sert aux chercheurs de la Chaire MCD. Scrutons d’un peu plus près ce modèle théorique.
Prenons le cas de la société au Québec. De quelle société s’agit-il ? Quant à la nation, de quelle nation au Canada veut-on réellement parler ? Quelle définition de la nation veut-on considérer comme base d’analyse ? Et l’État, s’agit-il clairement de l’État du Québec ou de l’État canadien ou de l’État fédéral ? Pour les trois autres concepts de représentation, de légitimation et de régulation, le lecteur est en présence d’une présentation linéaire du phénomène qui part de la nation comme représentation que se donne une société, puis que l’État viendrait légitimer à son tour en assumant les formes de régulation requises qui détermineraient la société dans son droit et ses comportements. (Voir le DOC. en ANNEXE pour une application plus globale cette approche théorique.)
Une autre lecture est-elle possible ?
En revanche, si une lecture inverse était possible, les choses ne seraient pas aussi simples. Supposons que la société manifeste son mécontentement à l’égard de l’État et qu’elle le fasse clairement savoir à l’occasion d’une élection générale, il est fort à parier que certains éléments de la régulation ante pourraient voler en éclats. De plus, si le gouvernement légitime de la société en appelait du verdict de légitimation antérieure à cause de changements profonds dans la société, qui pourrait refuser à cet État le droit démocratique de légitimer la nation au profit d’un bien collectif différent de celui qui prévalait jusqu’alors ? Selon cet ordre des choses, la nation réelle ne peut plus être uniquement une représentation intentionnelle, mais une réalité sociale contraignante qui se caractériserait par son désir d’agir-par-soi en tant que nation au plan NATIONAL. Dans ce cas, le cadre du fédéralisme devient une oppression essentielle à cette transformation politique. Selon nous, c’est exactement le cas du Québec.
Il ne faut pas se surprendre de lire sous la plume du plus grand historien de l’indépendance au Québec cette remarque judicieuse qui nous rappelle que le nationalisme raisonnablement pratiqué « soulève les pires difficultés pour l’homme ».
3.2.4.c) 11.4 [Le nationalisme raisonnable]
Le nationalisme raisonnable, sans excès (vouloir être ou devenir maître chez soi) soulève les pires difficultés pour l’homme et est un des grands fléaux nécessaires, inévitables des sociétés. (Voir Maurice Séguin, Les Normes.)
Les théoriciens du politique auront beau démontrer toutes les vertus possibles et inimaginables du fédéralisme qu’ils ne parviendront pas à contester les forces qui ont donné naissance aux nations dans le monde d’hier à aujourd’hui. Hélas ! Le fédéralisme est une idéologie comme les autres.
Entre « allez à Dorval » ou « allez à l’université », nous suggérerions aux indépendantistes d’aller plutôt à l’université et de scruter chacune des Chaires de recherche du Canada pour saisir toute la dynamique idéologique fédéraliste que peuvent receler ces « usines » de fabrication d’idées et de formation des prochains dirigeants du Québec de demain. (Nous avons déjà abordé cette question dans deux autres chroniques du jeudi sur Vigile.net (voir RÉF. nos 1 et 2).) À l’instar de ce cadre théorique en sociologie politique et de ce corpus d’idées, les indépendantistes devraient travailler à bâtir les fondements de la conceptualisation de l’indépendance qui valent tout autant pour l’avenir de l’humanité.
Les Chaires de recherche du Canada préparent le Canada de demain. Elles ne servent nullement en priorité les intérêts nationaux du Québec-Français. Elles travaillent à préparer lentement et avec soin une conceptualisation de la représentation pancanadienne (pour ne pas dire canadian) de l’unité canadienne. Par conséquent, il ne faut pas se méprendre au sujet de toute la théorie de l’État et de la nation qui nous tombe sur la tête en ce moment et qui tend à rendre caduque une pensée politique fondée sur le principe d’indépendance.
Les indépendantistes ne doivent pas se laisser impressionner par les discours sur le nationalisme inclusif ou le nationalisme exclusif et tout ce charabia de mots sur la citoyenneté, la démocratie et le multiculturalisme à la canadienne. Sur le plan des idées, les indépendantistes doivent avoir la liberté de clarifier les paramètres du Québec de demain dans une perspective différente et c’est celle de l’indépendance du Québec. Peut-on imaginer que des défenseurs de la démocratie se lèvent pour brimer publiquement ce droit fondamental à la liberté d’expression ? N’est-ce pas que le point de vue des indépendantistes est tout autant légitime que celui des fédéralistes ?
Bruno Deshaies
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RÉFÉRENCES :
(1) Bruno DESHAIES (2002), « ACTION POLITIQUE contre ACTION ÉDUCATIVE. Un paradoxe des forces pro-souverainistes ».
Vigile.net, chronique du jeudi le 24 octobre 2002.
Vigile-83.13 décembre 2001
(2) Bruno DESHAIES (2001), « JOCELYN LÉTOURNEAU. La manne des Chaires de recherche du Canada et le devenir québécois. » Vigile.net, chronique du jeudi le 13 décembre 2001.
NOTES :
(1) Marc Chevrier, « L'idée de république au Québec. Une bibliographie... embryonnaire. » Quelques références :
– Laurendeau, André. "Château Maisonneuve", Le Devoir, 2 avril 1955.
– Laurendeau, André. "Blocs-Notes", Le Devoir, 17 avril 1956.
– Laurendeau, André. "De l'hôtel Queen Elizabeth à la république", Le Devoir, 10 avril 1956.
– Laurendeau, André. "Queen Elizabeth Hotel La Reine Elizabeth", Le Devoir, 23 mars 1956.
Guy Bouthillier et Jean Meynaud, « Le choc des langues au Québec : 1760 - 1970. Chronologie sommaire. » Sélection de quelques dates entourant l’événement de «L’affaire du Château Maisonneuve.»
1952 Du 18 au 26 juin, troisième Congrès de la langue française au Canada.
1953 En mars et en mai, débat aux Communes sur les chèques bilingues.
[1954 SSSJB de Montréal, Canada français et Union canadienne. Mémoire présenté le 13 mai 1954 à la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels. Montréal, Éd. de L’Action nationale, 1954, 127 p.]
1955 Le Comité de la survivance française prend le nom de Conseil de la vie française en Amérique.
L'affaire du Château Maisonneuve.
1956 Au printemps, publication du rapport de la commission Tremblay sur les problèmes constitutionnels.
Du 21 au 23 juin, Congrès de la refrancisation animé, par Paul Gouin
N.B. L’événement de l’Hôtel Le Reine Elizabeth mériterait une analyse qui devrait dépasser le conflit linguistique. Il y a dans ce fait historique des problèmes qui visent la question fondamentale qui brûle d’impatience la conscience des Québécois : Qui gouverne ? Il s’agit de la lutte nationale au troisième degré. Il ne suffit pas d’être bien ou mal gouverné, il s’agit de savoir « qui gouverne » ? Encore une fois, à l’occasion de cet événement, les Québécois ont su qui gouvernait.
ANNEXE - L’Académie de l’indépendance