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««« INDÉPENDANCE DU QUÉBEC - 151
LE JUSTE MILIEU, C’EST L’INDÉPENDANCELes indépendantistes doivent se concerter sur les fondements de l’indépendance.
Par Bruno Deshaies ( bd@rond-point.qc.ca )
Historien ( http://www.rond-point.qc.ca/auteur/biographie.html )
Le Rond-Point des sciences humaines, 25-09-2003
« La «vraie souveraineté» consiste à agir collectivement,
majoritairement à tous les paliers
– sur le plan central,
– sur le plan régional.
La vraie nation souveraine est
celle qui maîtrise majoritairement
– l'État central,
– et des États régionaux (locaux). »
(Maurice Séguin, Les Normes, 3,10, 1, 1- D).
« They [les Dominions] are autonomous Communities within the British Empire,
equal in status, in no way subordinate one to another in any aspect
of their domestic or external affairs,
though united by a common allegiance to the Crown,
and freely associated as members of the British Commonwealth of Nations.»
(Balfour Declaration 1926 (Imperial Conference))
Comme les fédéralistes, les indépendantistes n’excluent personne. De plus, comme les fédéralistes, ils disent que tous ceux et toutes celles qui partagent véritablement leurs idées fondamentales sur l’indépendance sont des leurs. Cependant, il ne peut y avoir deux ou plusieurs États-Nations indépendants dans une « vraie » fédération. Les indépendantistes devraient apprendre la « leçon » du Commonwealth britannique.
Les arguments pour le fédéralisme sont connus depuis longtemps. Les défenseurs de l’optique fédéraliste ont un credo qui tourne autour de l’autonomie provinciale comme suffisante au plan politique. Ils ne s’opposent pas à la mise en commun dans un État central qui peut agir au profit du grand ensemble. Ils jugent que le repliement n’est pas acceptable et que de compter sur le seul État qui pourrait servir à la nationalité minoritaire afin de devenir une nation majoritaire, ce serait une démission. Le cadre fédéral peut fonctionner si chacun y met du sien tant au central qu’au local (ou régional). Globalement, l’idéologie fédéraliste est politiquement plus unifiée et constante dans son approche des rapports entre les sociétés.
Incompréhension du principe fédératif par les indépendantistes
Dans le cas des indépendantistes, les variantes autour de l’indépendance sont grandement dues à une incompréhension du principe fédératif. Dans notre chronique du jeudi 6 décembre 2001, nous avons discuté de cette question à l’occasion de l’« Allocution du premier ministre, M. Bernard Landry, au Toronto Board of Trade », le lundi 26 novembre 2001. Dans la foulée de cette déclaration, nous avons mis en évidence la « Dynamique de toutes les sortes d’unions fédérales » selon Maurice Séguin. Voici ce que nous avions écrit :
Une partie des difficultés des souverainistes québécois tient à leur incompréhension de la dynamique de toutes les sortes de fédéralisme. Pouvons-nous noter que quel que soit le degré (l’intensité) de la centralisation ou de la décentralisation dans un régime fédéral, les pouvoirs du Central par rapport aux pouvoirs du régional (ou du local) seront toujours plus considérables pour la nation majoritaire que pour la nation minoritaire (que le régime soit TRÈS centralisé ou qu’il soit PEU centralisé). Prenez un moment pour comprendre le graphique qui suit et vous reconnaîtrez facilement que l’éventail des formes que peut prendre le fédéralisme ne sera jamais autre que « fédéral ». Il est donc possible d’affirmer que c’est cela le VRAI fédéralisme et jamais rien d’autre.
Dynamique de toutes les sortes d’unions fédérales
(Quel que soit le degré (l’intensité) de la centralisation ou de la décentralisation.)
Les pouvoirs [A + B] ou [A + B ] possédés par la nation majoritaire seront toujours plus considérables que les pouvoirs [b] ou [b] possédés par la nation minoritaire.
On ne doit pas simaginer que la nation minoritaire sera libre quand le central sera moins fort ; elle sera un « peu moins pas libre ». Ne pas croire que, si le central a peu de pouvoir, la nation minoritaire sera souveraine.
Source : Maurice Séguin, Les Normes, 3, 10, 1, 1- f) et g).
Les souverainistes au Québec sont empêtrés dans cette logique du principe fédératif au point où Bernard Landry a pu déclarer à Toronto en novembre 2001 ce qui suit :
Je sais que vous entendez dire régulièrement : « Le séparatisme est mort. » La fois la plus célèbre où cette phrase a été prononcée, ce fut par Pierre Elliott Trudeau lui-même, six semaines avant notre élection en 1976. Je vais tous vous faire très plaisir, j’espère. Je suis prêt à accepter cette phrase, disons, de toute façon, maintenant : le séparatisme est mort et bienvenue à la souveraineté-association ! Ce pourrait être la devise de l’avenir et elle est acceptable à mes yeux. Ceci veut dire la libre circulation des biens, des services, du capital et des personnes. Donc, un camion se rend de Caraquet à Vancouver sans avoir à s’arrêter à quelque frontière que ce soit, sauf pour faire le plein et pour d’autres nécessités. Des institutions communes pour arbitrer les différends, donc un tribunal pour résoudre les problèmes communs ; des institutions pour pallier tout déficit démocratique potentiel, pour tout maintenir sous le contrôle de la population avec un système démocratique aussi efficace que possible.
Je crois que sur ces bases, nous pourrions enfin consacrer tous nos efforts à cultiver l’amitié entre le Canada et le Québec, nous servir de notre force mutuelle pour instaurer une coopération exemplaire qui serait enrichissante pour les deux. Voilà 50 ans que nous nous livrons à ce débat et il y a un prix à payer pour cela.
Il faut bien admettre que les souverainistes ont une compréhension multifocale de l’indépendance. Cette difficulté intrinsèque de la pensée des souverainistes québécois rend la cohésion et la cohérence très difficiles dans l’action des partisans de l’idéologie indépendantiste.
Les indépendantistes devraient s’unir autour des fondements de l’indépendance
Les indépendantistes devraient comprendre aujourd’hui qu’il ne sert à rien de se diviser entre droite et gauche, entre progressistes et conservateurs, entre partisans du partenariat et souverainistes « purs et durs », entre indépendantistes et républicains, entre défenseurs impénitents de la réforme et simples combattants de l’indépendance du Québec, puis, finalement, entre réformateurs du social et bâtisseurs de la nouvelle nation indépendante reconnue dans le monde.
Si les indépendantistes s’excluent entre eux, comment pourront-ils faire l’indépendance du Québec ? Si les indépendantistes passent leur temps à douter et à s’interroger sur la portée de l’indépendance, comment l’indépendance pourra-t-elle se faire ? Si les indépendantistes n’osent pas se rencontrer, comment pourront-ils développer des affinités qui les stimuleront dans leurs actions ? Si les indépendantistes croient à l’indépendance, comment se fait-il qu’il soit si difficile de les convaincre de se ressourcer dans des ouvrages ou des études qui traitent fondamentalement de l’indépendance ? Que faut-il de plus à tous les indépendantistes pour qu’ils prennent conscience que l’indépendance ce n’est pas la langue, le territoire, nos impôts et le reste, mais l’agir-par-soi collectif ? Que faut-il encore aux indépendantistes pour sortir des sentiers battus du provincialisme (même le plus autonomiste possible) pour franchir le Rubicon de l’indépendance ?
La dernière question soulève de nombreuses autres interrogations, mais surtout une tentative d’explication. En général, les indépendantistes sont incapables de parvenir à l’idée que l’agir-par-soi collectif constitue le fondement même du concept et de la réalité de l’indépendance nationale. Les indépendantistes devraient être en garde contre eux-mêmes lorsqu’ils mettent trop d’insistance à défendre l’idée d’union fédérale ou confédérale. Ils devraient comprendre aussi que les débats sectoriels sur la langue ou le territoire, par exemple, ou par rapport à des incidents ponctuels sur des éléments de vexations ou d’oppressions accidentelles pour la majorité des Québécois-Français, ne devraient pas occulter le débat fondamental SUR le régime qui s’appuie sur l’agir-par-soi collectif, c’est-à-dire sur l’indépendance de la société québécoise. Malheureusement, un très grand nombre de Québécois et de Québécoises pense encore DANS le régime. Ils s’épuisent à critiquer le fédéral et les partis politiques québécois qui ne pratiquent pas le même nationalisme que le leur. Or, ces indépendantistes non-de cesse de se remémorer la Révolution tranquille qui est loin d’avoir été une révolution du fédéralisme canadien. Il a fallu la Crise d’Octobre et les événements subséquents pour montrer à quel point la Révolution tranquille n’avait pas réglé « notre question nationale », c’est-à-dire la question fondamentale du Québec : annexion ou indépendance ? Les Québécois-Français piétinent. Ils pédalent dans le vide. Ils s’enfoncent toujours un peu plus dans leurs discours antifédéralistes, mais rarement pro-indépendantistes.
Pourquoi un grand nombre d’indépendantistes pense-t-il ainsi ? L’explication n’est pas simple parce l’optique indépendantiste représente une complexité d’idées portant sur les limites et les inconvénients du fédéralisme tout autant que sur les avantages mêmes limités du fédéralisme. De nombreux indépendantistes reconnaissent inconsciemment que
« la nationalité minoritaire « bien » annexée, « bien » fédérée dans une union fédérale qui lui permet au moins un État provincial,
– vit de sa propre vie limitée en politique, en économique, au culturel
– et s'appuie (en parasite – avec les inconvénients et les avantages…) sur la vie politique, économique et culturelle de la nation majoritaire fédérante. [Voir Maurice Séguin, Les Normes, 3, 10, 1, 2 - C)]
C’est principalement le cas des nationalités minoritaires qui sont incapables d’accéder à l’indépendance. Dans leurs cas, il peut y avoir un « rejaillissement civilisateur d’un centre plus fort, plus riche... », mais l’annexion demeure persistante.
Ou encore, l’optique indépendantiste
concède volontiers que, pour la nation majoritaire fédérante, le fédéralisme, surtout sous forme d'union fédérale, comporte de multiples avantages :
1° il adjoint au noyau national majoritaire des contribuables et des soldats... des consommateurs sans protection tarifaire,
2° d'une manière pas trop brutale
3° qui assure la permanence de ce système « impérial »,
4° en laissant à la nationalité minoritaire suffisamment d'autonomie locale (politique et culturelle) et souvent assez de « prospérité » économique pour empêcher de naître et pour étouffer (ou du moins rendre anodin) tout mouvement de protestation, de révolte, de libération de la nation annexée. [Voir Les Normes, 3,10, 1, 3]
Cette forme de conception de l’indépendance se retrouve autant chez certains péquistes que chez certains libéraux québécois. C’est une sorte de drogue qui empêche l’individu de choisir une autre voie que celle du fédéralisme parce qu’il ne voit pas le phénomène réel d’annexion [voir Les Normes, 3, 10, 1, 4 : « Autres réflexions sur l’annexion »].
Pourtant, ils devraient se rendre compte que
C) L'essence de l'annexion, c'est d'être gouverné par une autre nation
1.. bien ou mal gouverné...,
– totalement ou partiellement gouverné...
– avec justice, compréhension... avec l'octroi d'un État provincial.... c'est quand même être annexé.
2. Et mieux vaut être bien annexé que mal annexé...
3. Quoique, après un certain temps, après apaisement...
– l'annexion, acceptée par la nation minoritaire résignée à son sort, se dépouille ordinairement des oppressions accidentelles trop visibles [c'est le cas d’Hyppolite LaFontaine]. [Voir Les Normes, 3, 10,1, 4 - C)]
Les difficultés intrinsèques à la compréhension de l’idéologie indépendantiste n’expliquent pas tout. Les ressources disponibles, à la fois humaines, financières et matérielles, sont insuffisantes. Cela dit, l’effort primordial des indépendantistes doit consister à mettre fin à leurs conceptions fondées sur les avantages, même limités, du fédéralisme ou les multiples avantages que pourrait comporter la figure politique d’union fédérale. Vue dans cette perspective, l’indépendance nous offre le spectacle actuel du souverainisme qui refuse finalement l’indépendance. D’où cette expression des péquistes, entre autres, de qualifier les indépendantistes de souverainistes «purs et durs» ou de ne pas penser la souveraineté comme projet concret. Il faut sortir au plus tôt de cet univers manichéen, car de l’autre côté, les partisans de l’idéologie fédéraliste sont beaucoup mieux nantis de ressources de toute nature.
Une autre offensive fédéraliste canadienne
Source : http://www2.canoe.com/infos/
Source :
http://www.gg.ca/state-visits/sv-maps-01_f.asp
Les dernières nouvelles nous annoncent que la gouverneure générale du Canada, madame Adrienne Clarkson,
est en tournée en Russie et dans les pays de la région circumpolaire-Nord pour une mission culturelle d’une soixantaine de personnes qui coûtera aux Canadiens (et aussi aux Québécois) autour d’un million de dollars pour aller diffuser la culture « canadienne » (toutes les provinces confondues), car le Canada est un pays bilingue et le reste. Or, dans le reste, comme par hasard, la gouverneure générale et son mari, monsieur John Ralston Saul, auront l’occasion de faire valoir les idées canadians sur le fédéralisme et la conception canadienne de l’État fédéral dans son rôle de soutien au fédéralisme pancanadien. Il n’y a aucune surprise parce que la délégation officielle qui accompagnera la gouverneure générale sera dirigée, pour la partie en Russie, par M. Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvernementales.
Bien sûr, on peut s’émoustiller avec ce voyage spectaculaire qui durera du 23 septembre au 15 octobre 2003 et qui sera l’occasion de John Ralston Saul
Source : http://www.gg.ca/john-ralston-saul/index_f.asp
de visites d'État en Fédération de Russie, en République de Finlande et en République d'Islande. La gouverneure générale a précisé
qu’elle tenait à être accompagnée « de ces talentueux Canadiens et Canadiennes pour nous aider à représenter le Canada » et qu’elle souhaitait s’engager avec « les Russes, les Finlandais et les Islandais dans un vigoureux échange d'idées et de culture qui permettra d'affirmer et de renforcer notre identité nordique commune ».
Les intentions de la gouverneure générale sont nobles. Elle veut propager la culture canadienne. Elle veut faire apprécier le fédéralisme canadien. Elle tient à mettre en évidence le Canada pour les Canadiens et les Canadiennes. Elle remplit son rôle pour la défense de l’unité canadienne. Les efforts du bureau de la gouverneure générale ne s’arrêtent pas là. Son mari, John Ralston Saul ne perd pas son temps lui non plus. Il a mis en place des conférences annuelles sur le Français dans l’avenir et les Conférences LaFontaine-Baldwin.
Depuis 1998, John Ralston Saul rassemble des élèves de programmes d’immersion française et des élèves francophones de tous les coins du pays pour la conférence annuelle French for the Future/Français pour l’avenir. Cette conférence qui, à ses débuts en 1997 n’était qu’une activité communautaire, sera en 2003 un forum national qui relie des élèves de douze villes différentes, allant de Vancouver à St. John’s. Par satellite vidéo, ces élèves peuvent communiquer avec d’autres élèves de programmes d’immersion française et élèves francophones d’un bout à l’autre du pays et partager leurs expériences et leurs points de vue sur ce que signifie être bilingue dans la société d’aujourd’hui.
Grâce à la Conférence LaFontaine-Baldwin qu’il organise chaque année, John Ralston Saul encourage les Canadiens à se rassembler pour un débat national sur l’avenir de la culture civique du Canada. C’est en examinant le contexte historique de nos racines démocratiques que nous pouvons le mieux engager une discussion, en tant que société, sur la façon dont nous nous imaginons nous-mêmes et notre démocratie en mouvement.
Source : http://www.gg.ca/john-ralston-saul/index_f.asp
Le dévouement du chef de l’État canadien et de son mari est exemplaire et même légendaire. Croyez-vous que nous pouvons trouver quelque chose de comparable au Québec ? Tous ces efforts visent l’union culturelle canadienne et beaucoup plus : l’unité canadienne indivisible. Voyez-vous, chers et chères indépendantistes, c’est ça l’annexion.
« Se désannexer, c’est se séparer »
Pourquoi défendre la souveraineté du Québec si l’état d’esprit est conditionné par l’ANNEXION ? Pour mettre fin à l’annexion, il faut se désannexer, c’est-à-dire se séparer. C’est ce qui est arrivé aux États-Unis d’Amérique en 1783 par la signature du Traité de Paris. C’est ce qui est arrivé, beaucoup plus tard, aux Dominions de l’Empire britannique. L’idée d’une fédération impériale a sombré parce que ce n’était pas la voie à suivre. C’est ce qui est arrivé aussi aux pays colonisés, mais ces derniers ont pratiqué la décolonisation jusqu’à l’objectif ultime : l’indépendance nationale. À la différence des pays colonisés, les Québécoises et les Québécois ne parviennent pas à se dégager de leur annexion. À la place, ils en redemandent : association, partenariat, union confédérale, fédéralisme asymétrique, statut particulier, Meech, etc. Ces Québécois ont même le culot de se faire appeler souverainistes. Il leur faudrait certainement faire un profond examen de conscience.
Le grand avantage de la pensée de Maurice Séguin permet de faire réfléchir, d’un côté, les sceptiques, les indécis, les désabusés, les incertains, les incrédules surtout et d’amener, d’un autre côté, les activistes et les traditionalistes du nationalisme québécois-français à faire un pas de plus vers l’indépendance. Le chemin est connu, mais encore faut-il le suivre avec confiance et conviction. Pour l’heure, les indépendantistes sont l’objet de contradictions nombreuses. Rendus presque au point de non-retour, tous les indépendantistes devront présenter un front uni sur l’essentiel de leur conception de l’indépendance.. Il s’agit d’une question d’idéologie et de psychologie avant d’être une question politique. Quand il s’agit d’affirmer et de défendre l’indépendance du Québec, ce n’est plus un projet, mais un objet. C’est surtout un objet à réaliser impérativement. Il n’y a plus de solution de rechange. Les Québécois-Français poursuivent l’objectif de l’indépendance ou bien ils courent après un vague objectif de revendications nationales par une minorité culturelle en cours d’assimilation latente.
Il n’est plus question pour l’avenir du Québec de se contenter de protester : il faut obligatoirement affirmer et défendre l’indépendance du Québec. C’est la seule voie à suivre. C’est surtout le juste milieu entre des décisions antérieures qui ont toutes abouti à des échecs. Il faut un revirement radical. Les indépendantistes doivent se concerter sur les fondements de l’indépendance. L’avenir aura un sens quand cette posture politique sera irrémédiablement adoptée, affirmée et défendue. Aucune puissance ne pourra empêcher cette évolution déterminante pour les Québécois-Français et les Québécoises-Françaises. Si cela est possible, effectivement, l’indépendance est à portée de mains.
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Bruno Deshaies
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