«Indépendance : pour ou contre?»

««« Indépendance du Québec - 185

L’INDÉPENDANCE, UN FÉTU DE PAILLE ?

Nos meneurs souverainistes se comportent-ils comme des cognes-fétu ?

Bruno Deshaies
jeudi 16 septembre 2004

« Tant que nous nous comportons comme un fétu de paille

 sur le cours de cette rivière,

nous ne pouvons qu'en subir les variations et les accidents. »

Éric Chapuzot (8 mars 2001)

 

« N'oublie pas que la vie est légère comme un fétu de paille...

 un souffle, et elle s'envole... »

(Anonyme.)

 

« Il ressemble à Cogne-fétu, il se tue et ne fait rien. »

Dictionnaire de L'Académie française, Sixième édition, 1835



Le bruit court dans la cité que les souverainistes ont fini par trouver un autre chemin en vue de parvenir à leur fin.  C’est à partir d’un texte de monsieur Jacques Parizeau publié dans La Presse du lundi 16 août dernier que les médias se sont animés durant plusieurs jours avec fébrilité.   Lentement, les poussières retombent.  Est-ce un sous-produit de la « saison des idées » (cf. RÉF. nos 1 et 3) ?  Et déjà, nous voilà entraînés dans le tourbillon de la conférence sur la santé avec les premiers ministres au Canada (voir NOTES nos 1 et 3). 

 

Il est difficile de découvrir la nature exacte de ce texte de M. Parizeau.  Ce n’est ni une thèse indépendantiste ni un manifeste politique.  À défaut de mieux, je dirais que c’est tout simplement un message politique comme il s’en écrit beaucoup dans les journaux.  Malheureusement, le message a été porté par un tiers qui est un journal fédéraliste rouge qui ne cessera jamais de médire sur la volonté des Québécois d’affirmer leur souveraineté politique complète dans le concert des nations indépendantes.  La Presse cherchait de l’audimat : elle l’a obtenu en publiant le message politique de M. Parizeau.

Les paradoxes souverainistes

 

Il demeure curieux qu’un ancien premier ministre du Québec ait transmis son message à un messager qui n’a aucune crédibilité par rapport à la souveraineté du Québec (cf. RÉF. no 3).  Ce qui plus est, le messager en question ne désire d’aucune façon expliquer le principe d’indépendance à son lectorat.  Inconsidérément, le concepteur du message politique a pris le risque de s’adresser à un messager qu’il sait être un adversaire idéologique coriace et imperturbable.  En ce faisant, il s’est servi de la cour de son ennemi objectif en lui demandant de diffuser son message.  Faut-il accuser le messager de s’empresser de publier le message à sa guise et faire s’empiler les commentaires comme des fétus de paille ?  Quelle bêtise !  Que dis-je ?  La cour est pleine ! 

 

Est-ce que l’auteur du message politique a atteint son but ?  Pour les têtes d’affiche péquistes, le message a créé de l’excitation.  Au cours du débat, il y a eu beaucoup de bonnes intentions exprimées, mais l’impact n’a pas eu de résultats très probants.  Le débat est presque demeuré exclusivement entre les mains des souverainistes qui se sont enguirlandés entre eux et elles.  La bisbille est terminée, il ne reste tout au plus qu’un fétu de paille juste bon à se débarrasser.

 

Pour une majorité d’indépendantistes qui ne vivent pas dans le formol péquiste, ce fut un autre moment d’écoeurement.

 

Pour monsieur ou madame Tout-le-Monde, le débat est apparu comme une affaire interne au PQ.  Pour une majorité d’indépendantistes qui ne vivent pas dans le formol péquiste, ce fut un autre moment d’écoeurement.  En revanche, pour La Presse, celle-ci a fait ce qu’il y a de mieux pour entretenir un débat factice sur cette idée d’élections référendaires.  Ce qui a donné finalement un simple combat de coqs bien orchestré par les spécialistes de la manchette en premier-Montréal de La Presse (lundi 16 août 2004) : « Parizeau cautionne l’idée d’élections référendaires. »

 

Qui aurait pu imaginer une seconde que le grand quotidien français montréalais chercherait à nous éclairer sur l’indépendance du Québec ?  Nous savons tous qu’il n’en a aucune intention, sinon qu’il souhaite plutôt le contraire.  Comme toujours, lorsqu’il s’agit de l’indépendance du Québec, La Presse vise plutôt à confondre les esprits, à multiplier les bravades et à démontrer l’inanité de la pensée indépendantiste (cf. RÉF. no 3).  Elle se donne d’abord un air de supériorité (voir NOTE no 2, le cas d’Alain Dubuc en particulier.  On observe les mêmes réflexes sous la plume d’Yves Boisvert).  Puis, elle n’hésite pas à prétendre à l’impartialité et à l’objectivité par rapport aux grands sujets de l’actualité au Québec.  Qui peut mieux que ce grand quotidien français montréalais pour nous dire ce que la population québécoise pense d’elle-même et de son avenir ?  Bien évidemment, les journalistes du quotidien La Presse sont sans parti pris : ils ou elles observent des faits seulement ! 

Les médias s’en chargent

 

D’un côté comme de l’autre, les analystes partisans vont jouer au chat et à la souris avec la pelote de laine de l’indépendance jusqu’à son enchevêtrement le plus inimaginable qui soit.  Que les observateurs curieux de ce genre de thérapie de choc ou de psychodrame collectif étudient les médias du 15 au 30 août 2004.  En faisant cette analyse, ils découvriront tout ce que le mouvement souverainiste peut dire ou écrire de niaiseries autour de l’indépendance comme tout le courant fédéraliste au Québec ou dans le ROC peut dire ou écrire d’âneries au sujet du fédéralisme et de la fédération canadienne (voir NOTE no 2).

 

Le Canada ou le Québec sont continuellement à un tournant.  C’est le tournant à l’occasion d’une élection, d’un référendum, d’une fête nationale, d’un festival du film, d’une conférence des premiers ministres, d’un scandale politique (y compris les commandites), etc.  Finalement, la politique tourne en rond.  Il n’y a rien à faire.  C’est ainsi dans les systèmes démocratiques de l’image et du spectacle.  Le contribuable se demande qui est le plus offrant (voir NOTE no 3).  Il ne se soucie même plus s’il se fait tromper, duper, voler ou tricher.  Pourtant, les personnes, les gens, les citoyens et les citoyennes et la population en général en ont marre d’être traités tels des fétus de paille.  Quelle importance !  Pour la classe politique dans son ensemble, elle conçoit le peuple comme amnésique.  Elle martèle constamment qu’il faut tourner la page, ne pas revenir dans les mêmes ornières,  regarder vers l’avenir, se battre pour des idées nouvelles, ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, etc.  Comme on lit en substance sur les panneaux publicitaires gouvernementaux : « Votre argent au travail ! »  Le message est clair.

 


une grue de 500 tonnes en action
Le silo, tel un fétu de paille...

Allégorie pour illustrer les relations fédérales-provinciales ou les relations entre les fédéralistes et les souverainistes ou encore les rapports de force entre les citoyennes et les citoyens et l’État ou les États nationaux et les superpuissances ou les multinationales du pétrole ou les grandes institutions financières nationales ou internationales, etc.

 

Revenons à notre sujet, soit celui qui est toujours en trame de fond et que d’aucuns espèrent chasser irrévocablement du paysage politique : la souveraineté du Québec. 

La posture des protagonistes nationalistes

 

« Un homme de mérite, selon moi, n’entraîne pas son pays dans les guerres constitutionnelles les plus invraisemblables, longues, symboliques et meurtrières, par intérêt personnel. » (Anonyme)

 

Dans le camp souverainiste, il est question surtout de l’accession à la souveraineté et des étapes qu’il faudra suivre méticuleusement pour y parvenir un jour.  En ce moment, les colloques se suivent sur les termes de l’accession à la souveraineté et de la reconnaissance internationale.  On n’en finit plus de décortiquer le moindre détail du processus avant même de mettre en branle la réalisation de l’indépendance dans l’esprit de la population.  On se croirait dans un monde surréel.  Doit-on imaginer que ce soit ça le rêve bleu québécois ?  On comprend pourquoi le Canada-Anglais approuvera sans réserve ce comportement, car il est imprédictible par les défenseurs de la démocratie québécoise.  Toute personne moindrement réaliste sait que c’est la démocratie canadian qui prendra le dessus. 

 

Dans le camp des fédéralistes, c’est la guerre au séparatisme.  Les opposants à l’indépendance du Québec voient dans ce geste collectif une sorte de coup d’État ou de lèse-majesté.  C’est une révolution politique inacceptable dans son principe même.  N’est-ce pas que la société civile est capable de renouvellement et de transformation sans une telle révolution ?  La Révolution tranquille n’a-t-elle pas montré ce que nous pouvions faire de mieux sur les plans politique, économique et culturel ?  Ceci peut être refait dans un autre contexte avec des acteurs et des agents libres et capables de transformer la société en vue de répondre aux nouveaux défis de notre société.  Qu’avons-nous besoin d’un si long parcours dans les dédales et les catacombes de la réforme constitutionnelle pour réaliser autrement ce que nous voulons collectivement ?

 

Dans les camps de la droite ou de la gauche (et même du centre), donc pour une grande majorité de Québécois et de Québécoises, la piscine n’est jamais assez remplie.  Il faut toujours ajouter encore plus d’eau.  Le projet de société est à réinventer sous les impacts de la mondialisation, de la diversité culturelle, de la satisfaction des besoins individuels et du vivre ensemble.  Ces divers segments de la population n’adhèrent ni au fédéralisme ni à l’indépendance.  Leur objectif premier est le bien-être individuel par des actions concrètes.  Relativement à ce phénomène, la classe politique flaire les courants qui sont le plus en vue dans la société de façon à satisfaire électoralement ces divers types de clientèles politiques.  Pour cela, le Québec n’a pas vraiment besoin d’un gouvernement national.  Il lui faut un « bon gouvernement » provincial.  Que la manne financière vienne d’Ottawa ou d’ailleurs, cela a peu d’importance.  C’est ce qu’on appelle le primo vivere.   C’est basique !  Aucun discours à prononcer là-dessus. C’est à cela qu’aspirent tous ces segmenta de la population québécoise.  Le vote favorable au bloc québécois réside dans la réaction de ces groupements démocratiques qui ne visent qu’au fric qui leur restera dans leur poche à la fin de l’année après impôt.  La diminution d’être d’un point de vue tant individuel que collectif ne les concerne pas.  Ils ne vivent que dans le présent et pour le présent.  En d’autres termes, la clé est dans le niveau de vie.

 

Tous ces camps aiment bien cogner le fétu comme la mouche du coche qui croit faire avancer tout l’attelage.  Après 137 ans de confédération canadienne, depuis 164 ans d’annexion et de subordination sur place et à la suite de 244 ans sous la tutelle d’un conquérant qui ne cesse de lâcher prise, une proposition de libération collective qui passe à travers un labyrinthe aussi compliqué ne peut se réaliser facilement sur la base de débats théoriques concernant l’accession à l’indépendance et la reconnaissance internationale au plan juridique seulement.  Dans ce cas, il est normal d’imaginer l’assimilation comme solution finale.

La réaction des indépendantistes

 

Dans le groupe des indépendantistes, soit ceux ou celles qu’on nomme péjorativement les « purs et durs » de la souveraineté, cette histoire est bien connue.  Les partisans de l’indépendance n’ont pas l’intention de réécrire l’union de 1840 ou de réformer la constitution de 1867 ou de combattre naïvement le rapatriement de la constitution ou la Loi de clarification.  Ils ont plutôt en tête le besoin de faire connaître à sa juste valeur le principe d’indépendance politique à tous leurs compatriotes d’une manière claire et précise.  Si, à la fin de cette démarche, la majorité des Québécois-Français désire procéder par une déclaration d’indépendance, elle n’aura qu’à le dire publiquement à la face du monde. 

 

Qu’est-ce qu’il y a de si surprenant dans cette option politique ?  Nous connaissons les réactions de tous les camps depuis fort longtemps sur ce qu’ils ont à nous dire.  Il s’agirait maintenant de faire reconnaître à tout ce monde que le Québec et les Québécoises et Québécois existent et qu’ils le demeureront à la suite de leur acte d’indépendance avec toutes les institutions qui sont en ce moment à leur service.  Faut-il rappeler que la population ne s’évaporera pas instantanément dans le ciel ?  Le Québec demeurera tel qu’en lui-même.  Par exemple, les autoroutes 20 ou 40 ne seront pas fermées le lendemain d’une telle déclaration.  Nos centres commerciaux demeureront ouverts.  La fonction publique du Québec existera encore ?  Le mouvement Desjardins, la Caisse de Dépôt et de placement du Québec et les autres institutions financières seront quand même en activités.  Les écoles resteront ouvertes.  Les feux rouges au coin de la rue fonctionneront encore.  La société d’État Hydro-Québec va distribuer encore de l’électricité.  Le métro de Montréal continuera à circuler.  On fera certainement encore l’amour au Québec.  Il y aura malheureusement des malades et des accidents sur les routes.   Le premier ministre du Québec ne sera pas kidnappé le soir même de la déclaration d’indépendance.  Les institutions démocratiques que nous connaissons seront à notre service et au service de nos propres finalités collectives.   L’assemblée nationale existera encore comme le Code civil demeurera un pilier de notre droit privé.  Bref, nous pourrons tous être là à proclamer que l’agir par soi collectif vaut mieux que d’être gouverné par un autre.   De quoi avons-nous peur ?   

 

On objectera que de nombreux autres problèmes devront être résolus.  On en fera des montagnes.  Parmi ces problèmes, on n’hésitera pas à énumérer tous les sujets reliés, entre autres, à l’article 91 de la constitution canadienne : la monnaie,  la citoyenneté, la reconnaissance à l’ONU, les relations internationales, la défense, les douanes, le Code criminel, la Cour suprême, même de la démocratie en péril, etc.  Bien sûr, nous savons tout cela !  Mais n’avons-nous pas assez d’experts dans tous ces domaines pour voir à notre bien commun ?  Le quotidien La Presse ne nous annonce-t-il pas chaque matin que le Québec est une société remarquable ?  Combien de jours ou de semaines prendrons-nous pour assumer la totalité des pouvoirs qui nous donnera l’indépendance complète et entière ?   Ne sera-t-il pas motivant de travailler pour un Québec apte à faire fonctionner un État souverain tant à l’interne qu’à l’externe ?

 

Pour la première fois de son histoire, le Québec indépendant aura à faire face à des problèmes d’interdépendance.

 

Pour la première fois de son histoire, le Québec indépendant aura à faire face à des problèmes d’interdépendance.  Il ne sera plus évincé par une autre instance gouvernementale.  Le Québec ne sera plus un Québec province, mais Québec nation.  Par conséquent, il n’aura pas à se dérober puisque l’interdépendance se rapporte directement au fait d’ÊTRE INDÉPENDANT !  Nous ne devons pas manquer de confiance, car il existe des Québécois et des Québécoises capables de remplir les missions essentielles du Québec dorénavant présent au monde sans une autre nation interposée entre lui et le monde enfin, un contact direct.  Toutes ces relations nouvelles ne peuvent que faire grandir le Québec, l’enrichir et le nourrir d’horizons plus larges.

 

Voilà la grandeur et la plus grande richesse pour le Québec et les Québécois et Québécoises d’un avenir indépendant collectivement.  On peut prédire d’ores et déjà que l’impact au plan individuel sera très grand. 

 

Du courage, de l’audace et de l’assurance avant tout.  Telles sont des vertus que les Québécois et Québécoises doivent cultiver sans faute d’une manière raisonnable, volontaire et hardie.

 

Bruno Deshaies

 

RÉFÉRENCES :

 

(1) Bruno DESHAIES,  « ANDRÉ PRATTE SE SURPASSE !  Quand les souverainistes se surpasseront-ils à leur tour ? »  VIGILE.NET, Chronique du jeudi 9 septembre 2004.

 

(2) Pierre-Paul GAGNÉ,  « CHOI de société. » Dans La Presse, lundi 13 septembre 2004, p. A21.

 

(3) André PRATTE, « Maigre récolte. »  Dans La Presse , 30 août 2004, p. A11 (« Éditorial »). « Les rapports qui ont émergé de la « saison des idées » sont étoffés....  Néanmoins, la récolte paraît bien maigre.  On ne trouve pas là de nouvelles idées, seulement les mêmes idées repeintes aux couleurs dernier cri. »  Puis, l’éditorialiste conclut :  « Si les avantages concrets de la souveraineté ne sautent pas aux yeux de beaucoup de Québécois, c'est tout simplement qu'elle n'a jamais été moins nécessaire. »  Est-ce ce qui explique l’intervention au dernier moment de l’ancien premier ministre péquiste du Québec ?

 

 

NOTES :

 

(1)   Dans un contexte plus global, le journaliste Pierre-Paul Gagné s’interroge sur nos débats, nos préoccupations estivales et nos travers sensationnalistes (cf. RÉF. no 2).  Il note une série de manchettes au cours de l’été, puis il se demande à la fin : « Qu’est-ce qui retiendra le plus notre attention au cours des prochains mois ? »  Hier, c’est du passé ;  demain à son tour sera dépassé ; et après-demain, déjà se lève et ainsi va la vie.  La presse populaire trouvera bien le moyen de dénicher, comme on dit, d’autres choix de société.  Ainsi dit le proverbe : « Un clou chasse l’autre. »  Nous continuerons à vivre d’une manchette à l’autre presque comme des fétus de paille.  Pendant ce temps, « Tout le monde en parle » de Guy A. Lepage fera le plaisir des échotiers.  Les téléspectateurs et les téléspectatrices seront transportés dans un monde «  fantastique ».  Du grand bonheur !

 

 

(2)   Alain Dubuc, « Le psychodrame canadien. »  Dans La Presse, vendredi 10 septembre 2004, p. A15 (« Forum ») ; id., « Chronique d’un échec annoncé. » Dans ibid., samedi 11 septembre 2004, p. A23 ; id., « La démocratie en directe. » Dans ibid., mercredi 15 septembre 2004, p. A23.  Ou encore, Guy Laforest, ce Stéphane Dion  provincialiste autonomiste et presque son double, s’évertue comme Claude Ryan à imaginer un vrai fédéralisme où il y aurait « coordination sans subordination entre les partenaires » comme si toutes les forces sur les plateaux de la balance fédérale étaient égales.  Quelle chimère !  Il continue la lignée d’André Laurendeau qui, lui-même, a poursuivi le courant d’Henri Bourassa.  Ce sont toutes des personnalités qui raisonnent selon l’optique fédéraliste quant au rapport « fédéralisme et nationalités ».  Par ailleurs, ces gens-là  dénoncent assez facilement l’optique impérialiste et l’optique indépendantiste.  (Lire Guy Laforest, « Un test crucial.  Pour le Conseil de la fédération, la réunion des premiers ministres sera un tournant. »  Dans La Presse, vendredi 10 septembre 2004, p. A15, « Forum ».)  Il leur arrive parfois de changer de camp !  Ce n’est même plus exceptionnel !  (Consulter Maurice Séguin, Les Normes, 3,10).  L’élite constitutionnaliste avec Gérald-A. Beaudouin, ancien sénateur à Ottawa, vient d’ajouter son grain de sel avec cet article dans La Presse visant à appuyer la position de Jean Charest (lire « Un pouvoir limité.  Le fédéral a un pouvoir reconnu de verser de l’argent, mais cette reconnaissance ne l’habilite pas à modifier le partage des compétences. »  (Cf. La Presse, mercredi 15 septembre 2004, p. A23.)   Finalement, on se retrouve avec des questions de structures qui dépassent les hommes, soit la Loi constitutionnelle de 1982, ANNEXE B, Partie III : « Péréquation et inégalités régionales », article 36.  Cet article prend sa source à l’article 118 (aujourd’hui abrogé) de la Loi constitutionnelle de 1867.  L’ancien sénateur et constitutionnaliste a bien raison d’écrire : « Nous n’avons pas fini de parler du pouvoir de dépenser [de l’État canadien].  Une chose est certaine.  Il faut négocier.  Il faut arriver à un meilleur équilibre. »  Bien !

 

(3)   André Pratte, « Trois journées ordinaires. » Dans La Presse, lundi 13 septembre 2004, p. A20 (« Éditorial »).  Réflexions sur la réunion de trois jours à Ottawa des premiers ministres au Canada.