«Indépendance : pour ou contre?»

««« Indépendance du Québec - 170

MANIFESTE pour le combat des souverainistes, indépendantistes

Ou prendre le contre-pieds des Fédéralistes et mettre fin à «la fatigue culturelle» des Québécois

Bruno Deshaies
jeudi 18 mars 2004

« Dialectique et désespoir équivalant à un silence,
imprégné d’ignorance :
un peuple muet, de muets, de muettes. »

« [Que le Québec] amorce son
propre mouvement de décolonisation
au moyen de mouvements et d’organismes. »

Une personne dévouée m’a fait parvenir dernièrement ses réflexions sur l’essai d’Hubert Aquin de 1962 portant sur « La fatigue culturelle du Canada Français » (dans Mélanges littéraires II. Comprendre dangereusement, tome IV, vol. 3, BQ, 1995).

Ce livre réunit des articles publiés entre 1961 et 1969. S’y ajoutent d’autres textes, des préfaces, des conférences, rédigés ou publiés entre 1963 et 1977, dont le célèbre essai intitulé La fatigue culturelle du Canada français (Revue Liberté, 1962). Hubert AQUIN, Mélanges littéraires II. Comprendre dangereusement. Édition critique établie par Jacinthe Martel avec la collaboration de Claude Lamy. Montréal, Bibliothèque québécoise (BQ), 1995, 648 p. 13,95 $ ISBN 2-89406-104-8

Compte rendu de Patricia Smart dans la revue University of Toronto Quarterly, 65 (Hiver 1995/96), 1 (« Letters in Canada »). Critique élogieuse écrite en français. Selon l’auteur de la critique, les écrits d’Aquin au cours « des années soixante [constituent] la période la plus féconde [...] où l'identification passionnée de son sort avec celui de la collectivité québécoise l'amène à la grandeur d'essais comme «La fatigue culturelle du Canada français».

Cette lecture très personnelle qui est analysée ici relève à la fois de l’étude et de l’action. Le but principal de l’exposé consiste à faire comprendre les contradictions congénitales de la pensée des péquiste et bloquistes ainsi que des nationalistes québécois canadiens-français.

Toutefois, la critique ne vise pas uniquement le camp des souverainistes, mais aussi celui des fédéralistes. Que ce soient les solutions fédéralistes ou souverainistes, elles ne crèvent pas l’abcès de la dépendance du Québec-Français au Canada-Anglais.

Selon Hubert Aquin, « la caractéristique du nationalisme (écon., pol., cult.) est d’être une expression politique d’une culture (le savoir…) ». Mais, malheureusement « notre situation politique fédérale-provinciale, (annexion du Québec, des Québécois(es), issus(es) de Canadiens-Français, de Canadiennes-Françaises, Québécois(es)), nous a conduits à dépolitiser le mot culture, (le savoir…), ou, plus précisément, à lui refuser… la signification englobante (économique, politique, culturelle) qu’on lui reconnaît dans la sémantique contemporaine » ainsi qu’en témoigne le Rapport de la Commission royale d’enquête pour l’avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada (au Canada-Anglais et Québec). Cette très importante Commission d’enquête a été présidée par l’ex-gouverneur général Vincent Massey (1949-1951),

[REM. : D’après le Larousse, Vincent Massey est né à Toronto en 1887, décédé à Londres en 1967, à 80 ans. Il fut le premier gouverneur général du Canada d’origine canadienne.]

C’est lui qui a codifié de façon très précise cette réduction de la culture canadienne-française, (québécoise), … comme pour conjurer aussi l’expression d’un vouloir-vivre culturel (le savoir…) global (écon., pol., cult.) ».

Voilà comment, sous l’influence des NORMES de Maurice Séguin (édition Guérin, 1999), Hubert Aquin en arrive, dans une conclusion longuement digressive (voir p. 89 à 108) à considérer le régime fédéral canadien (le fédéralisme) comme une véritable oppression essentielle (c’est-à-dire, inaction imposée, écon., pol., cult.) à la libre expression d’un nationalisme culturel (le savoir…) canadien-français, (québécois), ayant pour conséquence inéluctable d’engendrer et d’entretenir « la fatigue culturelle du Canada Français (au Québec) ».

Les ingrédients de l’idéologie des Fédéralistes

Les Fédéralistes (incluant aussi ceux et celles la réforme, car la réforme du fédéralisme est aussi du fédéralisme)

· récusent (récusent, usent de la faculté ou du droit de récusation, de refus, à l’encontre de...), n’admettent pas l’autorité de quelqu’un, la valeur de quelque chose dans une décision ;

· récusent le concept de nation (nation, grande communauté humaine, le plus souvent installée sur un même territoire et qui possède une unité historique, linguistique, culturelle, économique plus ou moins forte ;

· récusent le concept de droit, communauté politique (pouvoir) distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté),

· récusent les concepts de race (race, subdivision de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs selon le critère apparent de la couleur de la peau) et d’ethnie (ethnie, société humaine réputée homogène, fondée sur la conviction de partager une même origine et sur une communauté réelle, tangible, de langue et, plus largement, de culture), et par conséquent,

· combattent le nationalisme (économique, politique, culturel) qui met l’accent sur la collectivité (point de vue écon., pol., cult.), l’individu (point de vue écon., pol., cult.) et national (point de vue écon., pol., cult.) ;

· récusent un agir par soi individuel dans un agir par soi collectif national (qui intéresse l’ensemble d’un pays (par opposition à régional, local)) plutôt que sur la personne (point de vue écon., pol., cult.) humaine – et menace sa liberté fondamentale.

Par contre, les Québécois(es) qui pratiquent un nationalisme (écon., pol., cult.) complet, et veulent une souveraineté, une indépendance normale (économique, politique, culturelle), ils se basent sur le concept des nations (la nation québécoise, la nation canadienne-française, la nation des Québécois(es), issus(es) de Canadiens-Français, de Canadiennes-Françaises, Québécois(es) ;

Selon les Fédéralistes, cette position des Indépendantistes fait que la nation est dangereuse pour elle-même et pour les autres.

· Elle risque de nous entraîner dans l’autoritarisme, le totalitarisme, la pauvreté, la misère, la paralysie et d’être destructrice comme le nationalisme excessif peut l’être, (l’« IMPÉRALISME » est la forme la plus courante du nationalisme excessif, qui domine les autres peuples, les annexe, etc.) ;

· Elle risque de faire que le concept de race nous rappelle tristement son utilisation barbare, particulièrement au XXe et début du XXIe siècle, un mal dont il faut se guérir ;

· Elle prend le risque d’affirmer qu’il y a une ethnie québécoise, ce qui est dire aussi qu’il y a une ethnie canadienne-française, une ethnie québécoise issue de l’ethnie canadienne-française, des Québécois(es) issus(es) de Canadiens-Français, de Canadiennes-Françaises, c’est dire aussi qu’il y a une ethnie canadienne-française-québécoise, ça veut dire que tu te mesures (ou que tu veux prendre la mesure exacte de ta taille), et que tu n’es PAS accueillant(e), ouvert(e), pluraliste, et que tu étais replié(e) sur toi-même, et que tu voudrais toujours être replié sur toi-même, et que ça empêchait (et que ça empêche, empêcherait) « les autres » de s’intégrer ou que tu empêchais (et que tu empêches) « les autres » de devenir Canadiens-Français, Canadiennes-Françaises, d’où l’ethnocentrisme canadien-français, québécois, pouvant mener à l’ethnocide (ethnocide, destruction d’un peuple, d’une société sur le plan culturel) ;

· Elle pourrait faire poindre le racisme, ce nationalisme (écon., pol., cult.), notre nationalisme (écon., pol., cult.) canadien-français, québécois est dangereux. Il serait même dangereux pour nous-mêmes.

Le repliement des Québécois-Français

Alors, nous fîmes nous-mêmes disparaître le mot « canadien-français » comme synonyme de « québécois » par nos élites économiques, politiques et culturelles, de sorte que nous ne pouvions plus représenter une menace ni pour nous-mêmes (des pertes de contrôles potentielles, n’avoir aucun contrôle sur nos comportements destructeurs, attitudes belliqueuses, agressives, etc. ; et l’arrivée du refoulé, dangereux, il vaut mieux éviter cela.

Puis, nous sommes devenus(es) Québécois(es) avec une certaine crainte du Canadien-Français, de la Canadienne-Française, en nous, un certain dégoût, mépris, de nous-mêmes, mépris de nous-mêmes, que nous avons intériorisé, mépris de nous-mêmes en nous-mêmes ; idem, même chose pour le mot « canadien » ; idem, même chose pour le « Canadien-Français, la Canadienne-Française » ; oubli (?) , refoulement (?).

Il en va de même avec le mot « Canada », dont la première apparition remonte au Premier Canada où le 13 août 1535, comme Jacques CARTIER approche de l’île Anticosti, deux jeunes Amérindiens qu’il ramène en France l’informent que la route vers le Canada (chemin du Canada) se trouve au sud de l’île (ce qu’ils nomment Canada, c’est le village de Stadacona qui deviendra plus tard la ville de Québec. Cartier utilise le mot dans le même sens, mais parle aussi de la « province du Canada » pour désigner le territoire dominé par le chef de Stadacona, DONNACONA. Le nom s’étend vite à une région plus vaste ; puis, dans les années 1700-1760, « ce qui est généralement accepté… comme étant les frontières du Canada, s’étend « non seulement jusqu’aux Grands Lacs, qui en font indiscutablement partie, mais il couvre aussi tout l’ouest, jusqu’aux basses Rocheuses, et toute la route du Mississippi à partir de sa source jusqu’à son confluent avec l’Illinois » ; idem pour « Canada-Français » (il n’a jamais compris l’Acadie ni la Louisiane), le Québec dans le deuxième Canada, c’est-à-dire le Canada-Anglais). On a même oublié la mutation, oubli. Intériorisation. Oubli ? Refoulement ?

Le point de vue des Fédéralistes

· Le Fédéralisme condamne le nationalisme (écon., pol., cult.). Donc, le fédéralisme canadien condamne le nationalisme (écon., pol., cult.) québécois. Par le passé, expliquent les Fédéralistes, le nationalisme (écon., pol., cult.) a plus contribué au repliement de la nation (écon., pol., cult.) canadienne-française (québécoise) qu’à son épanouissement (écon., pol., cult.).

· Pour les Fédéralistes, et pour les Fédéralistes qui préconisent la réforme (car la réforme du fédéralisme est aussi du fédéralisme), pour les Fédéralistes, donc, seul le fédéralisme, en opérant la décentralisation (du Central, Central à Ottawa) avec le partage des pouvoirs peut garantir les libertés fondamentales et permettre l’instauration d’une démocratie véritable.

· L’argumentation des Fédéralistes québécois, des Fédéralistes, du Fédéralisme, repose sur la démonstration du caractère « rétrograde et absurde » du concept d’État-Nation. Dans cette optique, la notion d’État-Nation est une « notion martiale et autodestructrice ». Conséquemment, nous nous autodétruirions à cause de nos démons et des démons qui s’animent en nous dans et par l’État-Nation et dont le fédéralisme nous libère, et contre lequel il nous protège.

· Les Fédéralistes, ce qui inclut la réforme, veulent substituer au nationalisme l’idée civilisatrice du pluralisme polyethnique (multiethnique). À l’État national, québécois, de l’option séparatiste, québécoise, les Fédéralistes, incluant la réforme, opposent (et proposent) un État multinational, bilingue et pluriculturel (multiculturel), seul garant de la démocratie – contre le nationalisme économique, politique et culturel des Québécois.

· Les Fédéralistes rappellent que le nationalisme québécois pourrait avoir des résurgences d’un nationalisme conservateur, dont il faut condamner les expressions de volonté collective, tout comme dans notre histoire. La souveraineté, l’indépendance, le séparatisme a peut-être connu un grand succès, mais heureusement l’immense majorité, 64-65-68 %, est fédéraliste, avec ou sans réforme, et heureusement la souveraineté, l’indépendance, le séparatisme a fait l’objet de très nombreuses critiques dans tous les milieux (écon., pol., cult.).

Intériorisation du discours fédéraliste par les péquistes, bloquistes et intellectuels québécois

Ce à quoi, le nationalisme québécois (écon., pol., cult.) s’est expliqué, exprimé et les représentants du Parti Québécois, du Bloc Québécois, des intellectuels québécois, nous ont dit que le projet était, d’accord, essentiellement social, démocrate, et même que « social-démocrate », et que les conservateurs n’étaient qu’une minorité, qu’elle ne pouvait pas être une majorité, et que Montréal est maintenant multiethnique, que l’ethnie (canadienne-française) a disparu, et que maintenant ne reste que le citoyen, ses droits, obligations et libertés. Nous avons intériorisé le discours de l’adversaire, du dominant.

Nous sommes le seul peuple sur la terre qui avons, nous-mêmes, proclamé, édicté, que sa disparition était et sera une condition nécessaire à son émancipation politique, pour pouvoir, l’âme en paix, rompre, s’émanciper et voler de ses propres ailes. Nos élites (économiques, politiques, culturelles) ont fait disparaître les Canadiens-Français, les Canadiennes-Françaises, le peuple canadien-français, la nation canadienne-française, comme étant synonyme de Québécois(es), de peuple québécois, de nation québécoise. C’EST UNIQUE AU MONDE, NOUS SOMMES UNIQUES AU MONDE, NOUS AVONS DÉCLARÉ QUE LA DISPARITION ÉTAIT NÉCESSAIRE POUR AVOIR LA CAPACITÉ DE VIVRE SOUVERAIN, INDÉPENDANT. Et nous avons intériorisé le discours fédéraliste de nos adversaires fédéralistes.

Donc, si je nous comprends bien, si l’idéologie existe, ni l’autonomie (interne et externe) ni l’indépendance ne peuvent se réaliser à l’intérieur du Canada-Anglais, de la Confédération (c’est-à-dire, la fédération canadienne), même et y compris renouvelée (c’est-à-dire, la réforme).

Ainsi, à l’intérieur du Canada-Anglais, le concept d’État-Nation, que le fédéralisme juge périmé, la souveraineté, l’indépendance, le séparatisme, (qui n’est pas l’isolationnisme, qui n’a rien de commun avec l’isolationnisme et qui est même tout le contraire de l’isolationnisme, puisqu’il permet d’être présent(e) soi-même aux autres, aux autres sociétés, aux autres cultures, aux autres pays, aux autres nations, donc présent au monde, et ce, sans collectivité interposée), est l’expression (économique, politique, culturelle) légitime d’une culture (écon., pol., cult.) dont la langue (écon., pol., cult.) et non plus l’origine ethnique (écon., pol., cult.), (l’ethnie dans sa vie économique, politique et culturelle), assure l’homogénéité.

Pour tous et toutes, au Québec, le Québec n’est pas une colonie ; alors, l’option souverainiste, indépendantiste est-elle acceptable ou inacceptable ? Le but du Fédéralisme, disent les Fédéralistes, soit l’immense majorité, 64-66-68% des Québécois(es), est « la liberté DANS la Cité (le Québec)» et non pas « la liberté DE la Cité (du Québec) ».

Chez les nationalistes (écon., pol., cult.) québécois, le nationalisme (écon., pol., cult.) est plus ou moins conscient, plus ou moins inconscient, plus ou moins complet. Or, pour ceux et celles qui veulent la souveraineté, l’indépendance, la souveraineté, l’indépendance est un bien en soi, et doit être recherchée en elle-même. La souveraineté, l’indépendance, la séparation, agir par soi, à l’intérieur et à l’extérieur, et ce, sans collectivité interposée (le Canada-Anglais) est un bien en soi, souhaitable et désirable en lui-même. L’INDÉPENDANCE À DEUX EST UNE IMPOSSIBILITÉ SUR UN MÊME TERRITOIRE (LE QUÉBEC) : IMPOSSIBLE DE POSSÉDER CHACUN SA PROPRE INDÉPENDANCE ; IMPOSSIBLE DE POSSÉDER EN COMMUN UNE MÊME INDÉPENDANCE.

Être annexé (le cas du Québec) à un peuple indépendant (le cas du Canada-Anglais) n’est pas être indépendant, pas même être bien annexé (soit le Québec, annexé, avec ménagements). L’annexion est un mal en soi. L’annexion engendre la médiocrité collective générale : un milieu provincial, un(e) politique provincial(e), une culture, (le savoir…) provincial(e). Pour un(e) souverainiste, un(e) indépendantiste, qui veut la souveraineté, l’indépendance, toute la question se ramène essentiellement, globalement, fondamentalement à trois (3) possibilités :

VIVRE (vivre, c’est agir) ou MOURIR – ou bien VÉGÉTER :

· vivre, souveraineté, indépendance, tenir compte des autres, mais agir par soi-même ;
· ou mourir, assimilation totale, perte de la conscience de soi ;
· ou annexion, survivance (et survivre n’est pas vivre) dans la provincialisation, être provincialisé, et être provincialisé provincialise ; un milieu provincial engendre un(e) politique (pouvoir) provincial(e), une culture (le savoir…) provinciale, une médiocrité collective (écon., pol., cult.) générale.

Il nous faut dénoncer la domination (écon., pol., cult.) dont le Québec est victime depuis 1760-1763, qui est responsable de « sa » grande fatigue et de son infériorité culturelle (le savoir…) et politique (pouvoir) et qu’il amorce son propre mouvement de décolonisation au moyen de mouvements et d’organismes.

Dialectique et désespoir équivalant à un silence, imprégné d’ignorance : un peuple muet, de muets, de muettes.

Les jeunes, de 15 à 24 ans et les non-instruits(es) de 15 à 24 ans, à 90 ans, peuvent, par une éducation souverainiste, indépendantiste, séparatiste, participer à l’explosion politique et culturelle orientée vers la souveraineté, l’indépendance, et être les intervenants(es) le plus totalement (et douloureusement ?) engagés(es) dans le processus qui mène à la souveraineté, l’indépendance.

Dix (10) ans à quinze (15) ans de travail, il n’est pas sorcier de la constater, à l’intérieur d’un sérieux état de fatigue ou plus exactement de gaspillage, en ce qui concerne le capital humain.

Pour une pédagogie de la souveraineté, de l’indépendance

Un(e) pédagogue souverainiste, indépendantiste habile ne néglige rien pour éduquer de bonnes troupes, formées, destinées à garantir la paix et le bonheur de l’État (québécois) souverain, indépendant. Nous ne devons jamais oublier que notre dessein, en faisant la « guerre », le « combat » pour la souveraineté, l’indépendance, doit être de procurer la paix à l’État québécois, souverain, indépendant – et non d’y apporter la désolation (écon., pol., cult.).

Nous avons à défendre les intérêts généraux du Pays (du Québec), et non nos intérêts personnels. Nos vertus et nos vices, nos qualités et nos défauts rejaillissent sur ceux et celles que nous représentons et que nous représenterons. Nos moindres fautes sont toujours de conséquence ; les plus grandes sont souvent irréparables et toujours funestes.

Étudiez le Sénégal, le Dahomey, la Côte d’Ivoire ; observez la nouvelle trahison des élites économiques, politiques, culturelles ; et sans faire de longues et savantes études, vous serez reposé(e) de toutes les bêtises, de toutes les approximations qui s’écrivent sur la souveraineté, l’indépendance, le séparatisme, québécois.

Que diraient les Sénégalais(es), les Dahoméens (nes), les Ivoiriens(nes) : « ils, elles vont « encore » nous acheter des choses que l’on n’aime pas avec l’argent que l’on n’a pas, dans le but d’impressionner les gens (c’est-à-dire, nous), que l’on n’aime pas. Ils, elles font de nous des imprévoyants(es) qui creusent des puits, quand, après qu’ils, elles ont soif.

Il faut rendre compte de la réalité (écon., pol., cult.) canadienne-française, (des Québécois(es) issus(es) de Canadiens-Français, de Canadiennes-Françaises, Québécois(es)), puisque son infériorité (politique (le pouvoir) et culturelle (le savoir…) explique son anémie culturelle (le savoir…), politique (le pouvoir) et intellectuelle : « la nation canadienne-française (québécoise) est trop anémiée, culturellement, trop dépourvue, politiquement, trop attardée intellectuellement et trop sclérosée dans ses partis politiques provinciaux, pour pouvoir survivre à une ou deux décennies (2004, 2015-2030), de stagnation pendant laquelle elle aura versé toutes ses forces vives dans le cloaque [cloaque, réceptacle des eaux sales, des immondices, masse d’eau croupie et infecte ; lieu très sale, foyer de corruption morale ou intellectuelle] de la vanité et de la « dignité » nationales de la « république (péquiste, bloquiste) des satisfaits ».

Et la « faiblesse » que produit l’annexion du Québec, la provincialisation, la subordination, l’absence, produit « la fatigue culturelle » (le savoir…) et politique (le pouvoir, le savoir inclus dans le politique), des Canadiens-Français, Québécois(es).

La souveraineté, l’indépendance est imprévisible, elle nous a conduit, vers la fin, à une profonde ponte de « fatigue culturelle ». Ce que la liberté est parfois lourde à digérer !

1995-2004 : un court épisode. Nous avons survécu, d’accord ! Mais, nous avons l’air un peu fatigués(es). Nous n’avons pas une mine de triomphateurs(trices). La survivance n’est pas achevée : elle commence, ici et maintenant. Le miracle canadien-français, québécois, n’est pas accompli : il est devant nous. Jamais, en fait, n’a-t-il été aussi impérieux (culturellement, politiquement) de réaliser ce miracle.

Considérez notre fait national dans un message de renouvellement (écon., pol., cult.), de nouveau départ (écon., pol., cult.), d’énergie (écon., pol., cult.), alors qu’une certaine fierté fatiguée et ridée se dégage, complique le portrait d’ensemble. Peu de nationalistes (écon., pol., cult.) réagissent, sans chercher des stratégies miracles, sans chercher de nouveaux sauveurs ; peu de nationalistes regardent notre situation lucidement. Nous savons, par ailleurs, qu’il existe une certaine communauté de jeunes, de 15 à 24 ans, de jeunes non-instruits(es) de 15 à 24 ans, à 90 ans, qui cherche une nouvelle voie au nationalisme (écon., pol., cult.)…

Ma foi, emportons-nous ! Nous sommes bien capables de nous voir sortir un traité sur la survivance ! Mais survivre n’est pas vivre !

Qui veut la souveraineté, l’indépendance est amené à une préoccupation fondamentale concernant « la dynamique intégrale » de toute société qui, – pour un(e) souverainiste, un(e) indépendantiste – est indissociable du cadre de l’État-national.

Pour arriver à la souveraineté, l’indépendance, tout se passe et se joue au niveau culturel (le savoir… la conscience… l’identité…) qu’il faut changer, transformer, radicalement, d’abord, pour pouvoir s’orienter adéquatement sur le politique (le politique, le pouvoir, c’est la tête capable de penser, de vouloir, de commander, de déclencher l’action ; le pouvoir : volonté, décision, énergie), et voir comment, et pourquoi, dans le prolongement de cette « métamorphose », la souveraineté, l’indépendance, l’action et la réaction (par soi) ou la présence et l’autonomie (interne et externe), développent, enrichissent, épanouissent.