«Indépendance : pour ou contre?»

««« Indépendance du Québec - 171

QUÉBEC 2003 - Un portrait peu reluisant

Bruno Deshaies
jeudi 25 mars 2004

Malgré une très grande ébullition relative dans divers domaines de la culture, dont le cinéma québécois en particulier, le Québec traverse une autre période de lassitude, d’ennui et d’inaction. Quant aux domaines politique et économique, on se retrouve dans un Québec en essoufflement (cf. NOTE no 1). En ce qui a trait au monde des communications, la situation est loin d’être au beau fixe (cf. NOTE no 2). Toutefois, il ne faudrait pas tomber trop facilement dans le panneau de la « concentration » en croyant que Quebecor pourrait mener le Québec par le bout du nez. L’analyste des médias, Florian Sauvageau, est mal inspiré lorsqu’il écrit : « Imaginons un instant que Quebecor décide un jour d’utiliser sa force de frappe à des fins politiques [et Radio-Canada ? Et Can West ?] plutôt qu’à la seule promotion de ses intérêts commerciaux. (Idem, p. 559) » De toute façon, l’opinion publique québécoise est en état de siège permanent. Elle est victime des communicateurs et des sondeurs. Elle cherche une autre façon de manifester son mécontentement et sa lassitude par le silence. Serions-nous devenus un peuple de muets et de muettes ? Plutôt, serions-nous un peuple de voyeurs et de voyeuses ?

Il suffit de lire La Presse de Montréal chaque matin pour se rendre compte à quel point l’information est insignifiante et que le ton général de la communication s’abîme dans les manchettes et la nouvelle avec quelques exceptions de-ci de-là, mais il faut encore être un bon lecteur. Par exemple, ce matin, grosse nouvelle dans le supplément LP2 de La Presse, 25 mars 2004, : Que sont nos COMICS devenus ? » (Du Villon, mon cher ou ma chère !) ou la brochure publicitaire « Festival littéraire international de Montréal. Metropolis Bleu » (bilingue) : « La mémoire. Memory ». The 6th Blue MET 6e Édition (Hyatt Regency Montréal). Mot de Bienvenue / A Word of Welcome par Linda Leith. En 1999, « ce petit festival bilingue a remporté un certain succès » et « le deuxième festival est devenu trilingue en intégrant l’espagnol ». Aujourd’hui, « c’est tout un festival littéraire reconnu mondialement ».

En 2004, les organisateurs de Metropolis Bleu (MET) nous plongent dans la « mémoire ». Un de ces mots à la mode, mais qui n’est pas uniquement lié au passé » comme le note Linda Leih, car « notre mémoire nous situe dans le présent et par rapport à l’avenir ». Comment ? De mille façons, dont cette réponse du vice-président « de la RADIO FRANÇAISE (sic) et des nouveaux médias de la Société Radio-Canada », M. Sylvain Lafrance, qui affirme : « Plus que jamais, la Radio française de Radio-Canada est à la fois LE TÉMOIN et L’ARTISAN des grands événements de notre société. » Radio-Canada, comme La Presse, sont deux voyeurs de la société, mais attention, ils sont aussi (et ils le croient et ils le disent) des artisans de grands événements. J’imagine que le LP2 du 25 mars « Que sont nos COMICS devenus ? » en est un excellent exemple tout comme Metropolis Bleu.

Il ne suffit pas que les journaux noircissent quotidiennement des pages et des pages d’information pour rendre la culture québécoise-française plus forte, plus énergique ou plus assurée quant à son avenir. Ce serait bien méconnaître les ressorts profonds de la dynamique intégrale de la VIE d’une société. Ce point de vue a été illustré dans la chronique de jeudi dernier par une personne dévouée qui présentait une sorte de « MANIFESTE pour le combat des souverainistes, indépendantistes ». Depuis, elle a ajouté un petit dossier sur la décolonisation en Afrique et le sort de ces pays décolonisés et indépendants (voir NOTE no 3.) N’y aurait-il pas un parallèle à faire, pense-t-elle, entre leur situation et « la réalité (écon., pol., cult.) canadienne-française, (des Québécois(es) issus(es) de Canadiens-Français, de Canadiennes-Françaises, Québécois(es)), puisque son infériorité (politique (le pouvoir) et culturelle (le savoir…) explique son anémie culturelle (le savoir…), politique (le pouvoir) et intellectuelle : « la nation canadienne-française (québécoise) est trop anémiée, culturellement, trop dépourvue, politiquement, trop attardée intellectuellement et trop sclérosée dans ses partis politiques provinciaux, pour pouvoir survivre à une ou deux décennies (2004, 2015-2030), de stagnation pendant laquelle elle aura versé toutes ses forces vives dans le cloaque [cloaque, réceptacle des eaux sales, des immondices, masse d’eau croupie et infecte ; lieu très sale, foyer de corruption morale ou intellectuelle] de la vanité et de la « dignité » nationales de la « république (péquiste, bloquiste) des satisfaits ». (Voir NOTE no 3.)

Il y aura toujours un plaisir à se complaire dans ses succès. Reste à se demander : pourront-ils durer et pendant combien de temps ? Une société dont les grandes préoccupations sont le Loft Story ou Star Académie (voir NOTE no 4) ou Les Bougon ou la somme de nos téléséries, ne peut se targuer d’être la nation la plus dynamique à côté des nations indépendantes dans le monde. Une société qui veut véritablement bâtir sur le national ne fait pas que des débats sur la santé, l’éducation, le transport en commun, les spectacles, les sports, les Autochtones, les procès scabreux concernant des individus, les commandites jusqu’à en vomir tout le fiel que la politique peut avoir de plus mesquin, etc. Une société pleine et entière s’occupe aussi de son horizon collectif, de son avenir collectif, de ses capacités de réaliser son agir-par-soi collectif en prenant les bons moyens.

Le « MANIFESTE » présenté la semaine dernière dans la chronique du jeudi voulait justement montrer à quel point la dynamique intégrale (interne) de la société selon la pensée de Maurice Séguin est d’une actualité renversante. Avons-nous collectivement le désir de prendre une bonne fois et pour la dernière fois le taureau par les cornes ? Malheureusement, les signes d’une telle prise de conscience ne semblent pas apparaître en ce moment à l’horizon. Il y a certains indices qui ne nous trompent pas. Nous en avons fait remarquer quelques-uns au commencement de cette chronique. Continuons l’analyse.

Par exemple, l’Annuaire du Québec 2004 nous offre un compendium sur notre état social, économique et politique ainsi que de nos débats. C’est un gros livre de 1000 pages qui dresse le portrait d’un Québec provincial tout autant que le portrait idéologique des collaborateurs et des rédacteurs de l’Annuaire du Québec 2004. C’est particulièrement le cas de Gérard Bouchard avec son article d’introduction qui s’intitule : « En quête d’un nouvel idéal. Pour une pensée du lieu et du lien social. (p. 38-44) » Cette grande quête, nous dit Bouchard, ne pourra « se faire qu’à la faveur d’une démarche critique conduite dans un esprit de pluralisme, à la recherche d’un universel enraciné dans nos traditions, dans notre culture, dans notre singularité. En d’autres mots, l’universel mais à notre manière. (p. 42) » Bon ! Bon ! On garde notre tradition, on jette les « souches au feu de la Saint-Jean », on refait le passé « dépresseur », puis on plonge dans l’universel. Tout ça, rien que ça. Ah ! Oui. Catholique, universel. NON ! Il ne faut surtout pas oublier de faire tout cela « dans un esprit de pluralisme ».

Nous sommes en train de revenir au « social ». Tant mieux ! Fini le temps des grandes manoeuvres. Restons des provinciaux. C’est notre état naturel d’annexés ! Bravo ! Jean Charest pense aussi de la même façon. Il est juste un peu moins hypocrite que les autres. Il se dit fédéraliste et partisan de la réorganisation de l’État provincial pour satisfaire les besoins des Québécois. Il nous ment, mais il n’est ni le premier ni le dernier à le faire. Il n’est même plus « une énigme » pour les Québécois (voir NOTE no 5) ».

Dans le domaine de la littérature, soit le roman, le récit et la nouvelle, Sophie Marcotte conclut que la production romanesque en 2003 s’inscrit dans un courant que l’on peut retrouver « dans une cinquantaine de romans publiés au cours des cinq dernières années », notamment chez les romanciers de trente-cinq ans et moins (voir NOTE no 6). En gros, cette production littéraire serait marquée par un « éclatement voire une dissolution d’un imaginaire, imaginaire qui serait justement inspiré par le temps qui passe et par la difficulté, voire l’incapacité, à vivre dans cette société sans balises, aux valeurs éclatées, une société, comme semblent le laisser croire les romanciers et leurs personnages, devenue vide de sens » (Idem, p. 514). Même que les jeunes romanciers « dressent un portrait plutôt pessimiste de la vie, qui n’est souvent réduite qu’à une sorte de jeu » (Idem, p. 515).

Du côté des « essais », Louis Cornellier se demande avec raison : « Y a-t-il encore quelque chose à dire qui n’ait pas été dit au sujet de l’œuvre et de la figure de Lionel Groulx ? » Le débat concernant « Le chanoine revisité » entraîne le critique du journal Le Devoir à nuancer et à faire remarquer que « respecter la figure de Groulx, cela ne veut pas dire, pour les indépendantistes, reconduire l’essence de son œuvre. (Voir NOTE no 7) » Il a mille fois raisons. « Souhaitons qu’à cet égard, ajoute-t-il, le débat ne dérape pas vers des jugements non fondés. (Idem, p. 518) » L’introduction par l’historien Pierre Trépanier du tome 3 de la Correspondance de Lionel Groulx pourrait être précieuse selon Cornellier (voir NOTE no 8).

Comme il fallait s’y attendre, un article ne pouvait pas ne pas être consacré à « la question nationale ». Le travail a été confié à François Rocher de l’Université Carleton (voir NOTE no 9). Parmi les événements de l’année, l’élection du 14 avril 2003 a marqué d’une pierre les rapports entre les souverainistes, les fédéralistes et la population québécoise. Sur ce point, François Rocher se pose la question de manière négative. Il se demande : « Que reste-t-il de la question nationale ? » Ne pourrait-on pas poser la question de la même manière au sujet de la langue : « Que reste-t-il de la Loi 101 ? » ou « Que reste-t-il de la loi sur les assistés sociaux ? » ou « Que reste-t-il du déséquilibre fiscal ? » Etc. Ce n’est pas très compromettant, mais c’est surtout très fédéraliste dans son essence. Il est normal de voir des acteurs politiques s’entre-déchirer ou se contredire ou faire un débat tout à fait idéaliste sur le principe d’indépendance parce qu’au fond sait-on « pourquoi il faut la faire » (Idem, p. 97) ? Ou que, « bien entendu, les raisons objectives pour réaliser la souveraineté ne manquent pas du point de vue logique » (Idem, p. 98). Si « les raisons objectives » existent réellement, pourquoi ne faut-il pas la faire l’indépendance du Québec ? Mais si on prétend que « bon nombre de Québécois continueront à définir leurs aspirations en dehors du formalisme étroit des conflits de compétence entre Québec et Ottawa » (Idem, p. 98), il faut bien conclure que « la question nationale » n’a plus de pertinence. Or, le Parti libéral du Québec sous Jean Charest est encore aux prises avec tous les aspects indiscutables du problème qui est loin d’être un « reste » et même être « en reste ».

Est-ce « la fin d’un cycle » ? L’article de Michel David offre une synthèse des événements politiques de 2003 centrée sur les tenants et aboutissants des élections générales du 14 avril. Ces élections ont, à son avis, « marqué la fin d’un cycle qui avait commencé le 23 juin 1990, quand la mort de l’Accord du lac Meech avait été officiellement constatée. » (Voir NOTE no 10.) Mais beaucoup plus encore, car les « Québécois se donnaient un gouvernement qui leur propose non seulement de réintégrer pleinement l’ensemble canadien, mais également de renoncer au fédéralisme asymétrique que Robert Bourassa avait recherché en vain » (Idem, p. 580). Et encore plus, par la proposition de la création d’un Conseil de la fédération, le gouvernement du Québec dépassait toute attente de la part des fédéralistes canadian. « C’est en effet, écrit David, la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un premier ministre québécois, même fédéraliste, propose aussi ouvertement l’intégration du Québec à l’ensemble canadien. (Idem, p. 588.) » Jean Charest, « un vrai de vrai Canadien », selon l’ex-premier ministre de l’Ontario, Ernie Eves. Même si l’on peut convenir que cela est vrai, l’histoire des relations fédérales-provinciales demeurera toujours pour le Québec en pointillée. Des surprises sont probables et même inévitables. Telle est l’essence du fédéralisme : la négociation obligatoire entre des forces majoritaires ou minoritaires, supérieures ou inférieures, collectives ou individuelles, etc.

Pour les spécialistes en relations internationales et en science politique, « la formule de la confédération est connue pour son instabilité politique et diplomatique. Victime de forces centrifuges, elle aboutit souvent à l’éclatement ou à l’obsolescence... » (Voir NOTE no 11.). Le cas du fédéralisme canadien n’est pas différent des autres fédéralismes dans le monde. Le gouvernement Jean Charest en fera l’expérience tout comme le premier premier ministre du Québec, P. J O. Chauveau en 1867, comme Maurice Duplessis, beaucoup plus tard, et Jean Lesage et Daniel Johnson, père, et Robert Bourassa et René Lévesque et... Lucien Bouchard et... Bernard Landry et pourquoi pas Jean Charest. Au lieu d’être « la fin d’un cycle », le changement du 14 avril pourrait être le commencement d’un temps nouveau. Dans cette éventualité, tous les partis politiques confondus à Québec et le Bloc québécois à Ottawa doivent réexaminer leurs fondements politiques s’ils veulent faire du Québec la terre promise qu’ils nous promettent quotidiennement. S’ils ne répondent pas à la soif d’agir-par-soi qui se cache au fond des Québécois-Français, ils risquent de disparaître d’une façon ou d’une autre. Il faut mettre fin à l’idéologie et à la propagande fédéraliste qui engendre « la grande fatigue culturelle » des Québécois. Il faut mettre un terme à un Québec en essoufflement continuel. Il ne suffit pas de survivre, il faut VIVRE et VIVRE complètement son indépendance. Ce message, il est aussi celui des dernières élections provinciales québécoises. Le prochain test s’en vient à grands pas.

N’allons pas trop vite quant à l’écrasement du Parti libéral du Québec au sujet du respect des compétences du Québec en matière constitutionnelle. Malgré l’adhésion du Parti libéral du Québec envers L’Approche commune avec les Innus, il n’en est pas moins connu que le ministre Benoît Pelletier a fait savoir ses inquiétudes par rapport à l’entente de principe sur l’intégrité territoriale et les compétences législatives du Québec. Il ne s’agit ici ni de mesquinerie ni d’opportunisme politique. Il était devenu clair à l’été 2002 que l’empressement électoraliste de Bernard Landry à régler rapidement avec les Innus ne dépend pas de l’attitude des libéraux fédéraux ou provinciaux. C’est le PQ qui doit assumer ses responsabilités dans ce dossier (voir NOTE no 12). Trop enthousiaste, Bernard Landry était en train de céder des « droits » sur une grande partie du territoire québécois aux Innus (300 000 km2). La réserve vient maintenant d’un parti fédéraliste libéral provincial dirigé par Jean Charest. N’est-ce pas inouï ? D’où cette remarque du juriste et professeur de droit à l’Université Laval, Ghislain Otis : « C’est ainsi qu’en 2003 la conjoncture contraint les acteurs à marquer le pas et à prendre la mesure des difficultés à résoudre. » (Voir NOTE no 13.) Chercher le scandale.

Le « scandale », il était comme le ver dans la pomme ! Tommy Chouinard, correspondant parlementaire à Québec pour Le Devoir, décrit dans son article : « L’entente de principe avec les Innus. Une année de contestation », les péripéties de cette saga de négociations ou de tractations entre le gouvernement du Québec et les Innus. À ce moment-là, le Parti québécois au pouvoir à Québec croyait faire passer l’entente tripartite comme on fait fondre la glace au soleil. Les événements lui ont donné tort. Le gouvernement libéral élu le 14 avril 2003 a remis en question l’entente. « Reste maintenant, écrit le journaliste, à savoir si la poursuite des négociations saura répondre aux préoccupations des populations régionales, mais aussi des communautés innues. » (Voir NOTE no 14.)

Ce ne sont que quelques problèmes de société qui viennent d’être soulevés et questionnés. Il y a d’autres sujets aussi intéressants concernant la démographie, la pauvreté, la santé, l’éducation, les conditions de vie, les relations du Québec avec le monde, etc. Néanmoins, L’Annuaire du Québec 2004 n’ose pas aborder directement le principe d’indépendance qui est au cœur même de l’angoisse québécoise, au cœur même de nos problèmes de société, au cœur même de la défense de la culture québécoise, bref au cœur même du choix d’agir-par-soi collectivement, de vivre soi-même et d’être présent au monde sans nation interposée. Voilà la richesse d’être pour une nation indépendante.

Bruno Deshaies

RÉFÉRENCES :

Michel VENNE, dir., L’Annuaire du Québec 2004. Montréal, Fides, 2004, 1007 p. Illustrations + photos + cartes + tableaux + graphiques + références + bibliographies + index. Prix : 24,95 $ CAN

NOTES :

(1) Joëlle Noreau et Mathieu D’Anjou, « Une économie en dents de scie. » Dans L’annuaire du Québec 2004, Montréal, Fides, 2004, p. 317-325.

(2) Florian Sauvageau, « Convergence, concentration et diversité des médias : mythes et réalités. » Dans L’annuaire du Québec 2004, Montréal, Fides, 2004, p. 557-564.

(3) [...] Nous ne devons jamais oublier que notre dessein, en faisant la « guerre », le « combat » pour la souveraineté, l’indépendance, doit être de procurer la paix à l’État québécois, souverain, indépendant, et non d’y apporter la désolation (écon., pol., cult.). Nous avons à défendre les intérêts généraux du Pays, (du Québec), et non nos intérêts personnels. Nos vertus et nos vices, nos qualités et nos défauts rejaillissent sur ceux et celles que nous représentons, dans notre travail pour la souveraineté, l’indépendance et que nous représenterons dans ce travail. Nos moindres fautes sont toujours de conséquence ; les grandes sont souvent irréparables et toujours funestes.

Étudiez le Sénégal, le Dahomey (le Bénin maintenant), la Côte d’Ivoire, observez la nouvelle trahison des élites économiques, politiques, culturelles et sans faire de longues et savantes études, vous serez reposé(e) de toutes les bêtises, de toutes les approximations qui s’écrivent sur la souveraineté, l’indépendance, le séparatisme, québécois.

CÔTE D’IVOIRE : sur la côte nord du golfe de Guinée, qui donne sur l’Océan atlantique, en arrière de la région littorale, bordée par des lagunes et occupée par la forêt dense, des plateaux recouverts par la savane apparaissent au nord. La Côte d’ivoire, essentiellement rurale, associe les cultures commerciales (café, cacao, bananes) et vivrières (manioc) à l’exploitation forestière (l’acajou).

Population, 14, 300, 000 habitants, Ivoiriens (nes) ; capitale, BISSAU ; le politique : régime politique, militaire, chef d’État, Robert GUEï, entrée en fonction le 24 décembre 1999, (il y a 5 ans maintenant), prédécesseur Henri KONAN BÉDIÉ, chef du gouvernement, Seydou Elimané DIARRA, entrée en fonction 18 mai 2000, (il y a 4 ans maintenant), prédécesseur Daniel Kablan DUNCAN ; le culturel : langue officielle, français ; autres langues : akan, dioula, moré, senoufo, bété, agni ; principales religions, islam (60 %), 8,700,000, h., croyances traditionnelles (25 %), 3,600,000 h., christianisme (12 %), 1,700,000 h., autres (3 %), 43,000 h. ; P.I.B. total, en G$ U.S . 154 MS ; P.I.B. per capita, (par habitant), en $ U.S . 1,490 $ par année ; monnaie franc CFA, US$ 0,0013 ; l’ÉCONOMIQUE, la richesse, manioc, arachides, poisson, huile, coton, bananes, noix de coco, cacao, café, bois ; le CULTUREL (le savoir…) et l’ÉCONOMIQUE : alphabétisation, 44 %, soit 6,300,000 personnes, analphabétisation, 56 %, soit 8,000,000 personnes.

DAHOMEY, MAINTENANT LE BÉNIN : ancien royaume du Dahomey célèbre pour ses rois Glé-Glé et son fils Benhanzin qui luttèrent contre la France jusqu’en 1894 ; le Dahomey devient peu à peu la pépinière des cadres de l’Afrique, d’où son surnom de « Quartier latin de l’Afrique ». Bénin : sur le bord de l’Atlantique, longue bande de terre orientée nord-sud et divisée en cinq (5) régions naturelles aux zones climatiques variées : littoral sableux, terre argileuse, plateaux cristallins, régions montagneuses et plaines. Au Sud équatorial et forestier, s’oppose le Nord, tropical et recouvert de savanes.

Population : 5,600,000 habitants, Béninois, PORTO-NOVO, (180,000 habitants), est la capitale officielle, mais sa voisine, COTONOU, (555,000 habitants) est la ville principale et la métropole qui abrite le gouvernement ; le POLITIQUE : de république populaire depuis 1975 avec un régime marxiste-léniniste, un processus de démocratisation est engagé (nouvelle constitution instaurant un régime présidentiel), Nicéphore SOGLO est élu à la tête de l’État en 1991, et en 1996, vainqueur de l’élection présidentielle, qui dirigeait de 1972 à 1991, KÉRÉKOU revient au pouvoir ; régime présidentiel, chef d’État, Mathieu KÉRÉKOU, entrée en fonction le 4 avril 1996, (il y a 10 ans maintenant), prédécesseur, Nicéphore SOGLO, chef du gouvernement Adrien HOUNGBÉDJI, le 9 avril 1996, (il y a 10 ans maintenant), prédécesseur, Florentin MITOBABA ; le CULTUREL : lan gue officielle, français ; langues parlées : le fon, adja-fon, (adja, houéda, popo, mahi, mina, goun), le yorouba, somba, peul, le bariba et l’houssa ; monnaie, franc CFA, U.S.$ 0,0013 ; principales religions : animisme, 50 %, 2,900,000 h., islam, 45 %, 2,600,000 h., christianisme, 5 %, 300,000 h. ; P.I.B. en G$U.S. : 2,3 ; P.I.B per capita du Bénin, 980 $ U.S. ; l’ÉCONOMIQUE, la richesse, le pétrole, coton, manioc, cacao, huile de palme, arachides, café ; l’ÉCONOMIQUE (la richesse) et le CULTUREL (le savoir…) : alphabétisation : 38 %, 2,200,000, analphabétisation, 62 % (74,0% pour les femmes contre 51 % pour les hommes), soit 3,600,000 personnes.

SÉNÉGAL : sur le bord de l’Atlantique, c’est un pays plat, au climat tropical, dont la population est groupée dans la vallée du Sénégal (fleuve qui se jette dans l’Atlantique), et sur le littoral se consacre aux cultures du mil, du riz et de l’arachide.

Population : 9,000,000 habitants, capitale DAKAR, formée de groupe variés, les Wolof constituent l’ethnie dominante ; le Politique : régime politique semi-présidentiel, république, président de la République élu pour 7ans, (en 2000, vainqueur de l’élection présidentielle face à Abou Diouf qui avait été premier ministre depuis 1970, le libéral Abdoulaye WADE, leader de l’opposition accède à la tête de l’État), qui nomme le Premier Ministre, assemblée nationale et Sénat, élus pour 5 ans ; chef d’État, Abdoulaye WADE, entrée en fonction le 19 mars 2000, prédécesseur, Abou DIOUF, chef du gouvernement, Moustapha NIASSE, entrée en fonction le 3 avril 2000, prédécesseur, Mamadou Lamine LOUM ; le CULTUREL : langue officielle : français ; autres langues : (les Wolof constituent l’ethnie dominante), wolof, fulacunda, tukulor, mandinka, diola, (casanaba) ; principales religions : islam, 92 %, 8,300,000 h., croyances traditionnelles, 6 %, 540,000 h., christianisme, 2 %, 180,000 h ; monnaie franc CFA, U.S.$, 0,0013 ; P.I.B. en GUS$L 14,7 ; P.I.B./par habitant, en $U.S. : 1,500 $U.S. ; l’ÉCONOMIQUE, la richesse :produits pétroliers, mil, riz, huile d’arachide, poissons, alumine, phosphates, le potentiel hydrolélectrique est en cours d’aménagement, le tourisme ne comble pas le déficit commercial ; l’ÉCONOMIQUE (la richesse) et le CULTUREL, (le savoir…) :l’alphabétisation, 40 %, 3,600,000 h., l’illétrisme et l’analphabétisation est d’au moins 60 %, soit 5,400,000 personnes .

L’AFRIQUE-OCCIDENTALE FRANÇAISE (A.O.F.) groupait une fédération des territoires du Sénégal, de la Mauritanie, du Soudan, de la Haute-Volta, de la Guinée, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Dahomey (Bénin). L’Afrique-Occidentale portugaise, l’Angola.

La colonisation européenne est aussi en grande partie responsable de la structure politique (le pouvoir) actuelle (émiettement en une multitude d’États) et de la nature de l’économie (la richesse) par les formes qu’elle a revêtues, (colonies d’exploitation, ou de peuplement (colonie de peuplement : le Québec, 7,300,000h, ou le 1er Canada, de 1534-1608-1760, 75,000 h. ; colonie de peuplement : le Québec, 7,300,000 et le 2e Canada, le Canada-Anglais : 1760-1763, (65-70,000 h. c. 200-300 h.), 1774, 1791, 1840, (450,000 h. c. 550,000 h. (150,000+400,000=550,000, 55 %), 1867,1981-1982, 2004, environ 7,300,000 h. c. 26,000,000 h.).

LA COLONISATION EUROPÉENNE explique largement l’importance des plantations (cacao, café, palmier, à l’huile d’arachide), de l’extraction minière (cuivre, manganèse, diamants, métaux rares et précieux).

L’interaction entre l’ÉCONOMIQUE, la richesse, le POLITIQUE, le pouvoir, et le CULTUREL (le savoir…) : l’illétrisme et l’analphabétisme, par exemple,

· Côte d’Ivoire, 56 %, 8,000,000 h. sur 14,300,000 h. (P.I.B. par habitant: 1 490 $ U.S. par année);
· Bénin, 62 %, 3,600,000 h. sur 5,600,000 h. (P.I.B. par habitant: 980 $ U.S. par année) ;
· Sénégal, 60 %, 5,400,000 h. sur 9,000,000 h. .(P.I.B. par habitant: 1500 $ U.S. par année);

explique en partie la fréquente insuffisance des cultures vivrières (vivrier, ère, adj., qui produit des substances alimentaires, cultures vivrières) et des industries de transformation.

L’intérêt des Européens pour l’Afrique fut tardif. Les Portugais, les premiers en réussirent le périple, en 1487, 1497-1498, Dias, Vasco de Gama. Au XVIe (1501-1600), et au XVIIe (1601-1700), les comptoirs européens se multiplièrent, Portugais, Anglais, Hollandais et Français.

Au XIXe siècle (1801-1900), les Européens entrèrent en compétition pour l’exploration du continent, puis sa conquête, la carte de l’Afrique fut modifiée par la victoire des Alliés lors de la Première Guerre mondiale, en 1919.

Le plus souvent, pour les pays des anciennes A.O.F. et A.,É.F, (Afrique-Occidentale française, Afrique-Équatoriale française), (le plus souvent), la rupture n’est pas totale entre les nouveaux États et leurs anciennes métropoles, entre lesquels demeurent d’étroits liens culturels (la langue, le savoir…), et économiques (la richesse). L’Afrique actuelle cherche à résoudre les problèmes économiques, (la richesse), posés par son sous-développement, (écon., pol., cult.), et à étendre la solidarité entre les divers États qui la composent.

Les années récentes n’ont pas modifié ces données, ni les disparités ethniques, ni les autres sources de difficultés.

(3) « MANIFESTE pour le combat des souverainistes, indépendantistes. Ou prendre le contre-pied des Fédéralistes et mettre fin à « la fatigue culturelle » des Québécois. » Chronique du jeudi 18 mars 2004.

(4) Véronique Ngguyén-Duy, « Le phénomène de Star Académie. Le Québec dans le concert des nations cathodiques. » Dans L’Annuaire du Québec 2004, p. 496-506. Le premier ministre du Québec est même allé en personne échanger avec les « académiciens (nes) » mardi soir le 23 mars. Comme quoi le phénomène se politise progressivement. C’est bien, nous demeurons entre nous et bien calmement dans le provincial. Ne changeons surtout pas nos habitudes.

(5) Robert Dutrisac, « Jean Charest n’est plus une énigme. » Dans L’Annuaire du Québec 2004, p. 593-597.

(6) « L’imaginaire de l’absence et du vide. » Dans Idem, p. 515.

(7) Dans « Des comptables, d’un chanoine, du 11 septembre et de la santé. » Dans Idem, p. 517 et 518.

(8) Lionel Groulx, Correspondance 1894-1967. Tome 3 : L'Intellectuel et l'historien novices 1909-1915. Édition critique par Giselle Huot, Juliette Lalonde-Rémillard et Pierre Trépanier, Montréal, Fides, 2003, 1050 p. « Hors de prix pour le particulier, cette édition critique se retrouvera certainement dans toutes les bonnes bibliothèques publiques. Aussi, les lecteurs qu'intéresse la figure de Groulx ne devraient pas manquer de s'y rendre pour, au moins, lire la consistante introduction de Trépanier, qui gagnerait à être éditée en livre de poche. » Voir Louis Cornellier, « Groulx novice». Compte rendu dans Le Devoir, samedi 20 et dimanche 21 septembre 2003.

(9) « Que reste-t-il de la question nationale ? » Dans L’Annuaire du Québec 2004, p. 91-98.

(10) « La fin d’un cycle. L’année politique au Québec. » Dans Idem, p. 580-588.

(11) Max GOUNELLE, Relations internationales, 5e éd., Paris, Dalloz, 2001, 226 p. (Coll. « Mémentos »), p. 155-156. Consulter plus particulièrement : Seconde partie : Analyse globale des relations internationales, Titre II : Acteurs principaux : Chapitre I : L’irréductible État souverain, Section 1 : L’archétype de l’État dans les relations internationales (p. 129-144) et Section 3 : Les regroupements d’États dans les relations internationales (p. 151-158).

(12) Bruno Deshaies, « L'«Approche commune» : une bavure politique. » Dans VIGILE.NET, Chronique du jeudi 15 septembre 2002.

(13) Ghislain Otis, « Sur la voie d’un traité « postcolonial » avec les Innus ? Qu’est-ce que l’Approche commune ? » Dans L’Annuaire du Québec 2004, p. 774. Dans son article, l’auteur cherche à nous montrer à quel point il faut mesurer les conséquences de la solution à entrevoir en fonction de « la suite de l’histoire ». À cet égard, les conseillers du PQ et le chef de ce parti, Bernard Landry, ont tout simplement manqué de savoir et de sagesse.

(14) Tommy Chouinard, : « L’entente de principe avec les Innus. Une année de contestation. » Dans L’Annuaire du Québec 2004, p. 768-773.