«Indépendance : pour ou contre?»

««« Indépendance du Québec - 204

LA SOIRÉE DES JUTRA OU L’EUTHANASIE NATIONALE

La première étape réside dans l’acceptation du remplacement par une autre nation.

Bruno Deshaies
jeudi 24 février 2005

« Ce qui est difficile [à comprendre],
c’est d’en arriver à voir notre diminution,
objective par le fédéralisme, et dans notre mentalité,
par la longue pratique de l’annexion. »
(Anonyme, 12 février 2005.)

La nation annexée par une conquête militaire ou autrement (voir NOTE no 1) vit dans un état de subordination qui peut être d’ordre politique, économique ou culturel et les trois à la fois. Par conséquent, cette nation perd la maîtrise collective de son destin. En fait, elle subit une subordination sur place et, en outre, une superposition. Autrement dit, c’est l’occupation militaire prolongée, le gouvernement par un autre et la colonisation de peuplement pour créer une majorité qui un jour s’imposera à la minorité ; cette majorité a l’avantage de jouir de moyens supérieurs pour se placer au-dessus de l’autre. C’est exactement ce qui s’est passé depuis que les Anglais ont conquis la Nouvelle-France.

À la suite des Troubles de 1837-1838 et du rapport Durham, Londres décide d’unir le Bas-Canada alors majoritaire (le Canada-Est) et le Haut-Canada minoritaire (le Canada-Ouest), mais qui connaîtra un peuplement plus rapide. Par conséquent, en 1850, le Canada français devenait minoritaire au sein du Canada uni. Le Canada uni va dès lors imposer ses volontés à la minorité. Ce qu’on appelle faussement la Confédération de 1867 couronnera cette entreprise d’annexion en provincialisant la grosse minorité française du Québec (consulter la NOTE no 2). La loi constitutionnelle de 1982 parachèvera le grand œuvre du Canada-Anglais en circonscrivant les pouvoirs des provinces dont ceux de l’Assemblée nationale. D’où cette Norme de Maurice Séguin :

3.7.2 Définition ou description de la nation annexée

3.7.2.1 C’est une communauté distincte (nation au sens sociologique [cf. 3,2,3)] qui se sait distincte, qui a conscience de sa nationalité mais qui est forcée « d’exister », de vivre tant bien que mal, comme minorité permanente, sous un système politique souverain dominé

3.7.2.1.1 par un autre peuple majoritaire

3.7.2.1.2 ou par un groupe d’autres peuples formant la majorité constante.

3.7.2.2 C’est une nation ou une nationalité (considérée en tant que groupe) qui ne jouit pas de l’indépendance politique « même nominale ».

Les effets de l’annexion pour un peuple ou une nation

L’annexion n’est pas sans effets ou sans conséquences. Car, « après un certain temps, après apaisement..., l'annexion, acceptée (c'est le cas de LaFontaine, puis de Cartier et après eux de Laurier, Saint-Laurent, Trudeau, Mulroney, Jean Chrétien et de combien d’autres sur la scène provinciale) par la nation minoritaire résignée à son sort se dépouille ordinairement des oppressions accidentelles trop visibles » (cf. Les Normes, 3,10,1,4-c),3). Dans un tel cas, c’est le succès de l’euthanasie collective qui opère la transformation de la conscience nationale distincte à une autre conscience nationale qui est celle de la nation dominante. Malgré tout, signale Maurice Séguin, « on ne peut prétendre qu’une nation annexée, colonisée n’a aucun droit « éloigné »... à l’indépendance » (cf. Les Normes, 3,10,1,4-w). « Le sentiment d’être distinct » exprimé par Maurice Séguin qui est souvent dénommé « le sentiment national » ou « la conscience nationale » par d’autres auteurs, s’oppose à l’assimilation, mais il peut être circonscrit par l’annexion. En revanche, la « perte totale de tout sentiment d’être distinct… cessation de toute recherche de « séparatisme »... chez les individus descendant d’un groupe qui, à un moment donné de l’histoire, se reconnaissait comme formant une communauté distincte », devient de l’assimilation. Une leçon importante de la sociologie du national nous rappelle que :

La cause de l’assimilation est l’annexion prolongée… Être annexé, agir comme individus dans les cadres d’une autre nation… amène à la destruction finale, totale de l’agir (par soi) collectif, en politique, en économique, au culturel… (Les Normes, 3,11,7.)

La soirée des Jutra et l’annexion du Québec

Dimanche soir dernier eut lieu la soirée des Jutra. Elle nous a donné une mesure certaine des avatars de la mainmise de Radio-Canada sur toute la colonie (!) des artisans du cinéma animée par un clown qui se croyait l’animateur de la grande famille des « arr-tisses » francophones du Québec au lieu d’être un présentateur avisé et informé d’une grande soirée du 7ième art québécois. On a eu droit à toutes sortes de facéties et de pitreries qui ne cadraient pas très bien avec le contexte d’un tel gala du cinéma québécois.

Que voulez-vous ? Radio-Canada a pour mission d’aseptiser le nationalisme québécois à sa plus simple ou plus primaire expression culturelle autrement dit de le folkloriser. Il se trouve que la Société canadian de radio et de télévision implantée au Québec trouve le personnel dans sa « colonie » annexée pour faire le job à sa place. C’est une véritable planification d’euthanasie nationale assistée du Québec-Français par nous-mêmes.

Cela dit, il est urgent de comprendre que la plus grosse machine de propagande canadian au Québec demeure la Société Radio-Canada. Ses statuts précisent d’ailleurs qu’elle a la mission de préserver l’unité dite nationale. C’est donc essentiellement une radio-télévision de propagande, parfois subtile mais la plupart du temps sans vergogne dans les nombreuses occasions où le Canada traverse une crise existentielle. On l’a vu à l’œuvre depuis les débuts de la Révolution tranquille, surtout avec la montée du Parti québécois, puis de la présence du Bloc québécois à Ottawa jusqu’à aujourd’hui.

Le pouvoir d’attraction de cette Société d’État auprès des chefs de file dans tous les domaines de l’activité humaine, politique, sociale, économique et culturelle ne date pas d’hier. Par exemple, dans le domaine cinématographique nous avons d’excellents cinéastes et réalisateurs, des acteurs et des actrices ainsi que des comédiens et des comédiennes de grand talent, mais qui risquent de devenir les pantins d’un système culturel qu’ils n’ont pas les moyens de contrôler au risque de leur carrière, de leur avancement et même de leur niveau de vie, mais surtout de leur contribution originale à l’enrichissement de la culture québécoise. Toute cette activité culturelle ne peut que se répercuter sur le niveau de culture générale du Québec-Français. Dans l’optique indépendantiste, cette situation est intolérable parce qu’elle ne permet qu’une autonomie culturelle restreinte. Si elle n’est pas nécessairement rendue précaire, elle est à tout le moins perturbée (cf. Maurice Séguin, Les Normes, 3,10,1,1,L). D’où la nécessité d’une prise de conscience de cette norme indispensable à la compréhension de l’optique indépendantiste, à savoir que :

La nation minoritaire est en grande partie désorganisée et subordonnée par la présence de la NATION MAJORITAIRE, politiquement, économiquement et culturellement. (Les Normes, 3,10,1,1,O.)

Les entraves du fédéralisme canadien et les Québécois

Nous invitons ceux et celles qu’obnubilent les valeurs prétendues infaillibles du fédéralisme et qui n’acceptent pas cette norme à consulter la chronique du jeudi 28 octobre 2004 :

« Le Québec libéré des entraves du fédéralisme ».

http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs4/191.html

Les graphiques nos 1, 2 et 3 illustrent on ne peut plus clairement les tensions que subit l’État du Québec au sein du fédéralisme canadien dans le contexte nord-américain et des pressions de la fédération canadienne d’un point de vue démographique et économique. À ces dimensions doit s’ajouter l’éternel combat du Québec pour maintenir un statut politique le plus autonome possible au sein de l’État fédéral canadien. À cet égard, les Québécois doivent perdre leurs illusions. sur la véritable nature du fédéralisme auquel ont rêvé et rêvent encore de nombreux Québécois. Une révision déchirante s’impose même aux souverainistes qui croient toujours à la réforme ou à des types de souveraineté-association qui prennent mille et une contorsions et qui nous conduisent dans le même cul-de-sac. Pour comprendre ce problème, nous vous invitons à relire notre chronique du jeudi 30 novembre 2000.

« Le fédéralisme, la loi constitutionnelle de 1867 et les Québécois ».

La déprogrammation mentale des Québécois-Français.

Une culture n’est pas un facteur isolé dans la société. Il est urgent de comprendre les effets du remplacement de l’agir collectif qu’il soit dans un domaine ou dans l’autre. Dans tous les cas, il y a en premier lieu une diminution :

1° directement :

 de « droits » et de « moyens », diminution d'expérience, d'initiative, d'habitudes... ;
 en politique : dans le domaines sous juridiction de l'État central,
 en économique : dans les secteurs qui dépendent de l'État central,
 au culturel : dans l'aspect culturel inclus dans l'agir politique et économique ;

2° indirectement :

 à cause de l'interaction des facteurs, il y a diminution multipliée de « droits » et de « moyens » :
 en politique : un pouvoir politique tronqué, « provincial », limite une vie économique (elle-même déjà diminuée directement) et une vie culturelle (elle même déjà diminuée directement) ;
 en économique : une certaine vie (?) économique régionale, « provinciale » limite une vie politique (elle-même déjà diminuée directement) et une vie culturelle (elle-même déjà diminuée directement) ;
 au culturel : une vie culturelle diminuée, « provincialisée » limite une vie politique (elle-même déjà diminuée directement) et une vie économique (elle-même déjà diminuée directement).
(Voir Les Normes, 3,10,1,K.) Donc, la lutte nationale fondamentale est « révolutionnaire » démocratiquement, car elle consiste à refuser catégoriquement et irrémédiablement le remplacement pour y substituer la capacité COLLECTIVE d’agir (par soi) qui est le sens propre de VIVRE (cf. NOTE no 3).

Une société différente et distincte qui se soumet.

La soirée des Jutra a été à peu près tout ce qu’il y a de plus servile pour une société qui se croit différente et distincte. S’il y a eu un malaise au Gala des Jutra, c’est justement que notre colonie (!) d’artisans du cinéma (et elle n’est pas la seule) se gargarise de mots culturels, mais elle ne fait que servir les intérêts de l’Autre. Chaque individu a le droit de vivre, y compris Liza Frulla ou Line Beauchamp, mais lorsqu’elles nous déclarent toutes les deux qu’elles défendent notre culture québécoise-française, elles nous mentent. La première, parce qu’elle agit à notre place et au nom d’une autre nation ; la seconde, parce qu’elle a une conception tronquée de l’État et qu’elle est inconscience du degré de dépendance de l’État du Québec dans le système fédéral canadien. Ni l’une ni l’autre ne sont des sottes. Elles sont toutes les deux animées par la « foi » fédéraliste. Elles sont toutes les deux dans l’erreur parce que leur idéologie les aveugle.

Après avoir vu une partie de la soirée des Jutra, fort décevante, force est d’admettre que les artisans présents ce soir-là devraient se livrer à un travail de réflexion sur le fait qu’ils dépendent du système canadian et sur leur impuissance à saisir tout le drame d’être les créateurs d’une autre nation et d’en accepter les honneurs (décorations, bourses, prix, etc.) qui témoignent de leur asservissement et de leur bassesse. Trop de nos artistes, en effet, mangent à tous les râteliers. Cette belle expression française qu’on emploie jamais au Québec, même si elle s’y applique à merveille à cause de notre subordination politique, signifie : servir avec profit deux causes opposées. En quelque sorte, ils jouent le même rôle que celui d’un agent double. Et puisque les « arr-tisses » ont mal agi, la ministre du Patrimoine canadien, madame Liza Frulla, a dénoncé « le traitement réservé aux politiciens qui servent de défouloir dans les galas culturels québécois » (d’après le compte rendu d’Hugo Dumas de La Presse). Même qu’un blanc-bec du cabinet politique de la ministre fédérale a déclaré fermement ce qui suit : « C’est frustrant. Les décideurs se disent : pourquoi on leur donnerait de l’argent (aux artistes), ils rient de nous autres. » (Cf. RÉF.)

Si l’on veut éviter que d’autres couches de la société ne subissent avec autant d’éclat le processus d’euthanasie nationale, il est essentiel et urgent de stopper le discours des ayatollah du fédéralisme dominateur comme étant la seule doctrine politique susceptible de résoudre les problèmes de l’humanité. Cette prétention passe pour une vérité parce que ce sont les fédéralistes qui la proclament à tout vent, mais elle est une erreur. L’histoire, moderne et même ancienne, contredit cette prétendue vérité.

Faire l’histoire de l’indépendance des nations, petites, moyennes ou grandes, va à l’encontre de la théorie du fédéralisme. Se dire qu’on est trop petit pour être indépendant est une fumisterie. Il y a plus de trente nations indépendantes de par le monde qui sont beaucoup moins peuplées que le Québec (la plus petite, Malte, n’a que de 400 000 habitants !) Il faut laisser de côté les prophètes de malheur et agir collectivement par nous-mêmes. Le droit à l’autodétermination est le seul antidote à l’euthanasie nationale du Québec-Français (voir NOTE no 4).

Il est urgent de s’occuper des vraies réalités et de mettre nos efforts en commun visière levée.

Bruno Deshaies

Quelques précisions

Nous avons reçu au cours de la semaine quelques commentaires au sujet de notre chronique du 24 février 2004. Nous les avons regroupés sous trois thèmes. Nos lecteurs et lectrices pourront juger par eux-mêmes de la pertinence de leurs remarques. Nous reconnaissons que l'Islande est un plus petit État indépendant que celui de l'Île de Malte, mais depuis le 5 septembre 2000, c'est le Tuvalu qui est l'État membre le plus petit au sein de l'ONU avec une population évaluée à 11468 habitants en juillet 2004.

Bruno DESHAIES
3 mars 2005

COMMENTAIRES

Le Canada-Uni

À la suite des Troubles de 1837-1838 et du rapport Durham, Londres décide d’unir le Bas-Canada alors majoritaire (le Canada-Est) et le Haut-Canada minoritaire (le Canada-Ouest), mais qui connaîtra un peuplement plus rapide. C’est le Canada-Uni (1840-1841).

Notez qu’au Bas-Canada en 1840-1841, les Canadiens-Français sont 450 000 et les Canadiens Anglais 150 000. Dans le Haut-Canada, les Canadiens-Anglais sont 400 000. De sorte qu'en 1840-1841, les 150 000 Canadiens-Anglais du Bas-Canada s’unissent aux 400 000 Canadiens-Anglais du Haut-Canada pour former la majorité constante de 550 000, 55 %, contre 450 000 Canadiens-Français, 45 %, dans le Parlement-Uni. Ils (les Canadiens-Anglais) seront donc la majorité constante à l’Exécutif (le conseil des ministres).

Par conséquent, en 1848, après l'instauration du gouvernement responsable, le Canada français (le Bas-Canada ou le Canada-Est) devenait minoritaire au sein du Canada uni. Le Canada Uni va dès lors imposer ses volontés à la minorité.

" Le Québec libéré des entraves du fédéralisme ".

L’État du Québec subit des tensions au sein du fédéralisme canadien dans le contexte nord-américain et des pressions de la fédération canadienne d’un point de vue démographique et économique. À ces dimensions doit s’ajouter l’éternel combat du Québec pour maintenir un statut politique le plus autonome possible au sein de l’État fédéral canadien. À cet égard, les Québécois doivent perdre leurs illusions. sur la véritable nature du fédéralisme auquel ont rêvé et rêvent encore de nombreux Québécois. Une révision déchirante s’impose même aux souverainistes qui croient toujours à la réforme ou à des types de souveraineté-association qui prennent mille et une contorsions et qui nous conduisent dans le même cul-de-sac, la subordination, l’annexion, la provincialisation. Pour comprendre ce problème, nous vous invitons à méditer l’axiome suivant : l’indépendance à deux est une impossibilité sur un même territoire : impossible de posséder chacun sa propre indépendance, impossible de posséder en commun une même indépendance : il n’y a pas d’égalité possible entre le peuple majoritaire et peuple minoritaire dans toute fédération, forcément le peuple majoritaire (le plus fort) dominera le peuple minoritaire (le plus faible).

Population et indépendance des nations

Faire l’histoire de l’indépendance des nations, petites, moyennes ou grandes, va à l’encontre de la théorie du fédéralisme. Se dire qu’on est trop petit pour être indépendant est une fumisterie. Il y a plus de trente nations indépendantes de par le monde qui sont beaucoup moins peuplées que le Québec (le Québec, 7 400 000 habitants, le Danemark, 5 300 000 habitants, la Norvège, 4 500 000 habitants, la plus petite, l’Islande, 284 000 habitants !)

Il faut laisser de côté les prophètes de malheur et agir collectivement par nous-mêmes. Le droit à l’autodétermination est le seul antidote à l’euthanasie nationale du Québec-Français.

RÉFÉRENCE :

Hugo DUMAS, « Gala des Jutra. De la grogne dans l’air. » Dans La Presse, mercredi 23 février 2005, p. 1 (« Arts et spectacles »).

NOTES :

(1) Maurice Séguin, Les Normes, 3,10,1,4, h).

H) Les principales occasions qui mènent à l'annexion ─ à la subordination et à la superposition ─ sont :

1° Une collision entre NATIONS, suivie d'une « défaite fondamentale » qui produit une annexion immédiate à une nation plus nombreuse ;

2° Une collision entre NATIONS et leurs dépendances, suivie d'une « défaite fondamentale » qui produit une annexion graduelle où la nation vaincue devient minoritaire au cours des âges par invasion et consolidation d'une autre nation devenant majoritaire [le cas du Québec] ;

3° Ou simplement « un héritage dynastique », où le prince d'une petite nation souveraine hérite de la Couronne (de l'Exécutif) d'une autre nation plus forte ; ce qui peut entraîner la provincialisation de l'ancienne petite nation souveraine ; 40 Etc.

(2) Voir Maurice Séguin, Histoire de deux nationalismes au Canada, Montréal, Guérin, 1997, pages 35-44 ; Leçon XIV : « De l’union législative de 1841 à l’union fédérale de 1867 (1850-1864) » ; Tableaux 5 et 6, page 368. En 1850, le Canada-Ouest (ou Haut-Canada) représente 52 % de la population du Canada contre 48 % pour le Canada-Est (ou Bas-Canada). Les Britanniques (habitant le Canada-Est ou Bas-Canada) représentaient 25 % de la population. Pour conclure sur cette période, Maurice Séguin écrit : « Remarquons, encore une fois, que le Canada-Français n'était pas, avant la Confédération, un État séparé et qui serait entré ou qui serait tombé dans une Union fédérale. Le Canada-Français était déjà (minoritaire) sous une union législative et il est monté vers une union fédérale. Ce nouveau régime ne demeure pas moins de l'annexion, mais de l'annexion améliorée... » (p. 365).

(3) François Robichaud, « Vivre, c’est agir. » Texte inédit publié par Le Rond-Point des sciences humaines, 14 octobre 2004.

(4) Nous savons que certaines personnes s’imaginent que le combat pour la langue pourrait être le détonateur de l’indépendance du Québec. Ils ou elles n’ont pas tort, mais cette stratégie a échoué depuis longtemps. Au fur et à mesure de la vie à venir, la langue ne deviendra qu’un outil folklorique si l’on ne s’occupe pas parallèlement et concomitamment de notre indépendance suffisante dans l’ordre politique et économique, sans oublier la culture au sens large qui dépasse la langue, l’éducation, les arts et la littérature. Foin d’une Société Radio-Canada qui prétend être à notre service. C’est d’ailleurs l’un des plus gros programmes de commandites de propagande. Le financement des Chaires du Canada est un autre programme de remplacement collectif qui diminue grandement la capacité politique du Québec. De plus, les milliards de dollars des surplus budgétaires de l’État canadien placés dans des fonds occultes confirment une gestion de remplacement du fédéral qui n’est profitable qu’à l’État fédéral ou central.