INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 214
(reprise de 154, édition revue et corrigée)


À QUEL SAINT FAUT-IL SE VOUER ?

Du 30 octobre 2003 au 12 mai 2005 : les grands espoirs des souverainistes sont toujours dans la marmite constitutionnelle.

Bruno Deshaies
jeudi 12 mai 2005

Un second titre pour l’édition révisée de la chronique du jeudi 30 octobre 2003 - DANS 5 ANS, 50 ANS OU 500 ANS ?
Après quarante ans de transformations, où en sommes-nous ?
Chronique du jeudi 30 octobre 2003


« Déclarer que les péquistes perdent leur temps dans des querelles de succession ou à contester Landry et qu’ils feraient mieux de sortir se battre procède d’un mépris certain à l’égard de ces citoyens indépendantistes actifs un peu partout sur le territoire québécois, y compris dans les rangs péquistes. »
(Article à paraître par Richard Gervais dans L'Action nationale, mai 2005,)

De la chronique no 154 du 30 octobre 2003 à la 214e de ce jour, 12 mai 2005, soixante chroniques du jeudi ont paru. Quel progrès la collectivité québécoise a-t-elle fait ? Selon certains, tout est mauvais dans le gouvernement Charest ; par ailleurs, rien de très bon non plus dans le parcours du parti québécois durant la même période. À quel saint faut-il se vouer ?

Ceux et celles qui auraient le courage de se farcir la lecture de l’Annuaire du Québec 2004 et aussi celui de 2005 (quelque chose comme 1700 pages), ceux et celles pourraient peut-être y découvrir de grands progrès pour la société québécoise. Des progrès en culture, des progrès en économique, mais en politique, une régression constante des espoirs et des possibilités de résoudre l’imbroglio Canada-Québec. La question stagne au point de décourager même les plus fervents souverainistes.

« ...les Québécois se demandent jusqu’où ira l’imagination des indépendantistes avant de FAIRE LE COMBAT DE l’INDÉPENDANCE ».

En ce moment, les indépendantistes ne savent plus où donner de la tête. Ce n’est même plus une surprise pour personne. Les solutions envisagées vont du rejet de Bernard Landry à la recherche d’un sauveur inconnu pour le PQ, de la rédaction d’une constitution pour le Québec, un pays, à la rédaction du budget de l’AN I du Québec souverain ou encore à de nombreuses formules tactiques qui sont aussi compliquées l’une que l’autre, au point où les Québécois se demandent jusqu’où ira l’imagination des indépendantistes avant de FAIRE LE COMBAT DE l’INDÉPENDANCE.

Dans le dernier numéro de L’Action nationale (mars-avril 2005), Jean-Marc Léger signe un article fort intéressant qui est titré : « Le souverain et urgent devoir de l’indépendance : SE RASSEMBLER pour l’unique combat qui vaille. » Nous croyons sincèrement qu’à son âge et à cause de sa longue expérience des gouvernements, il ne se trompe pas lorsqu’il écrit : « Notre peuple semble se complaire dans de multiples paradoxes, depuis longtemps, le premier consistant à refuser et à tolérer dans le même temps le système fédéral, à le dénoncer, à le rejeter mais à s’y résigner dans le même temps. (p. 47) » Dans l’ordre de l’action, il rappelle une chose très importante. « Il me paraît aussi urgent que nécessaire, écrit-il, pour tous les indépendantistes, à la fois de redéfinir [nos chefs de file ne faussent-ils pas la doctrine de l’indépendance ?] et de renforcer leurs propres convictions et de s’engager pour une nouvelle mobilisation. Il leur appartient d’engager une nouvelle pédagogie de la souveraineté dans tous les milieux et par tous les moyens. (p. 48) » (N’EST-CE PAS QUE CE SONT LES OBJECTIFS DE LA LIGUE POUR L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC ET DES ACADÉMIES ?) Plus loin, il fait remarquer : « CE FAUX CHOIX [ LA SOUVERAINETÉ PARTAGÉE ] EST ÉVIDEMMENT LA PIRE VOIE DE TOUTES [...]. Et c’est pourtant le pari qu’ont fait et que continuent de faire tous les prétendus « renouveleurs » du fédéralisme, qui conduisent avec enthousiasme leurs compatriotes dans l’impasse. (p. 49) » À la place, souhaite M. Jean-Marc Léger : « L’indépendance nationale constitue notre droit le plus sacré et notre devoir le plus pressant. (p. 52) »

L’appel de ce grand journaliste, soucieux des véritables intérêts de notre peuple, devrait être entendu par de nombreux indépendantistes. Il est inutile d’allonger la sauce continuellement parce que, par exemple, l’École de Montréal, Maurice Séguin en tête, n’a pas réussi à éveiller assez d’indépendantistes au Québec. Voilà une autre affirmation complètement fausse que d’aucuns tiennent presque pour un dogme.

Dès le milieu des années 1940, un petit noyau de jeunes historiens se constitue au Département d’histoire de l’Université de Montréal. Ils sont trois : Michel Brunet, Guy Frégault et Maurice Séguin. Ils cherchent à reconsidérer foncièrement notre interprétation traditionnelle de l’histoire du Canada qu’ils préfèrent nommer l’histoire des deux Canadas. Les idées de cette École historique (tout en reconnaissant la valeur intrinsèque du travail d’historien du chanoine Lionel Groulx) ont influencé la naissance de la Révolution tranquille. La défense de la nécessaire intervention de l’État et de son inévitable rôle dans la construction du Québec moderne ne sont pas étrangers à l’avènement de l’État du Québec. Michel Brunet, en diffusant la pensée de Maurice Séguin, a contribué à lever le voile sur la subordination du Canada-Français, en particulier du Québec. Cette idée n’est pas venue du père Lévesque ni de Louis O’Neill. Quand Georges-Émile Lapalme a été nommé ministre de la Culture dans le gouvernement Lesage, en 1960, il a fait appel à l’historien Guy Frégault. Mais, l’ineffable agent double Claude Morin a torpillé les efforts de Lapalme-Frégault. Il était de ceux qui avait ses entrées particulières au bureau du premier ministre Lesage. C’est ce qu’on fait de mieux au Québec ! Heureusement et malgré tout, il y a eu le tandem Laplame-Frégault qui a cru nécessaire de consolider l’État du Québec au plan de la culture. C’est à ce moment-là qu’est née, entre autres, la Bibliothèque nationale du Québec dont l’appellation deviendra, en 2006, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Ce qui ronge le plus les indépendantistes, c’est l’absence de cohésion dans leur action doublée d’une incohérence fondamentale au plan idéologique ou doctrinal. Quelques indépendantistes, en ce moment, veulent flirter avec le RIQ qui souhaite former un nouveau parti politique au Québec. Comme la pensée du RIQ est ambiguë, il serait préférable, selon nous, de se tourner vers la Ligue pour l’indépendance du Québec (LIQ). liq@videotron.ca La Ligue a cette qualité exceptionnelle d’être très claire quant à la conception de l’intérêt national que les Québécois doivent défendre. Pour les intéressés, hommes et femmes, les conditions d’adhésion sont simples et les coûts annuels, abordables. Quant au site Internet VIGILE.NET, il va de soi qu’il doit jouir d’un financement adéquat. Monsieur Bernard Frappier devrait obtenir tous les moyens de continuer sans relâche la mise en forme de l’ensemble du patrimoine de notre histoire du temps présent au Québec. L’inventaire documentaire qu’il s’acharne tous les jours à compléter et à mettre à notre disposition avec toute la force de son désir mérite beaucoup de la nation québécoise.

Au sujet du RIQ, c’est tout à l’honneur de cet universitaire, monsieur Claude Bariteau, de ne pas se cantonner dans les cénacles académiques, mais c’est une tout autre chose que de défendre le principe d’indépendance d’une façon claire et nette. Le RIQ a connu des tiraillements à ses débuts. Ce n’est pas par hasard. Ce rassemblement est surtout un groupement anti-partenariat qui lutte contre les associationnistes membres du PQ. Cette lutte est inutile. La vraie lutte doit s’étendre à la population par des actions concrètes dans tous les milieux et toutes les régions au Québec, comme à l’époque de l’ACJC, par exemple. Il faut du MOUVEMENT à la base ! L’Académie de l’indépendance dans l’Outaouais est une base. Toutefois, c’est nettement insuffisant. Il en faudrait d’autres un peu partout sur le territoire du Québec. N’est-ce pas aussi le voeu de monsieur Léger ? Ainsi, les vrais indépendantistes ne se condamneraient-ils pas à la marginalité.

« Comme le chef péquiste est ailleurs,
il faut le remplacer par une force extérieure. »

Un jour, il faudra bien un groupe, suffisamment actif et mobilisé, pour rallier les groupes et les individus favorables à l’indépendance du Québec. Il faut absolument un front commun sur cette question de l’unité NATIONALE des Québécois. Dans L’Action nationale de ce mois, l’article à paraître de monsieur Richard Gervais mérite sérieusement notre attention. Bien sûr, les indépendantistes pourront chipoter sur certains points, mais monsieur Gervais montre qu'il y a des ressources humaines indépendantistes prêtes à se mettre à l’action. Il pense qu’en l’absence de direction au PQ, il n’en demeure pas moins que, sur le terrain, la mobilisation existe. « On n’a qu’à voir, écrit-il, les nombreux groupes souverainistes, cercles, associations, rassemblements qui ont vu le jour depuis quelques années, ainsi que les bulletins, journaux, sites Internet qui maintiennent vivante la lecture souverainiste de la réalité, malgré, faut-il insister, la réticence jalouse du PQ, au pouvoir ou pas, à les soutenir. » Comme le chef péquiste est ailleurs, il faut le remplacer par une force extérieure. D’après nous, cette force est dans la LIQ et la multiplication des Académies de l'indépendance sur tout le territoire du Québec, si tant est que Richard Gervais ait raison.

« Le fédéralistes ont des tanks tandis que les indépendantistes utilisent des frondes aux élastiques éventés. »

LA FORMATION D’UNE ÉLITE INDÉPENDANTISTE FAIT CRUELLEMENT DÉFAUT AU SEIN DU MOUVEMENT INDÉPENDANTISTE. La situation est totalement différente au fédéral. Par exemple, le gouvernement canadien vient d’investir 20 millions de dollars pour le Forum des fédérations, cet organisme canadian à vocation internationale. Pensez au Forum du Mont-Tremblant et à l’invitation lancée à l’ex-président Bill Clinton de prononcer une conférence devant ce cénacle de partisans fédéralistes. N’imaginer pas que le Canada en fait trop avec ce forum. Vous devez ajouter les 125 millions de dollars de la Fondation Pierre-Elliott Trudeau pour l’étude du fédéralisme. Les fédéralistes ont des tanks, tandis que les indépendantistes utilisent des frondes aux élastiques éventés. Allez lire le texte de nos bons amis canadians qui considèrent le Québec comme leur chose à eux.

La Fondation Pierre-Elliott Trudeau mise sur pied en mémoire de cet ancien premier ministre québécois (???) du Canada est axée sur les questions d'actualité qui touchent aux problèmes sociaux et publics qui se posent à la société canadienne. La Fondation décernera annuellement plus de 25 bourses de 50 000 dollars chacune à des étudiants des niveaux doctoral et post-doctoral. Vous comprenez pourquoi ? Nous, nous sommes trop pauvres. Toujours trop pauvres ! Nous sommes toujours trop pauvres ! Trop pauvre ! Réveillez-vous, bon dieu ! Ces bourses, renouvelables pendant quatre ans au plus, comprendront une rémunération de 35 000 dollars et une indemnité de 15 000 dollars et exempte d’impôt, pour payer les frais de scolarité et de déplacement.

De plus, la Fondation décernera cinq bourses de recherche de 50 000 dollars par an, renouvelables pendant quatre ans au maximum, à d'éminents universitaires canadiens dont le travail en sciences humaines est reconnu à l'échelle internationale. Ces personnes toucheront aussi une indemnité annuelle de 25 000 dollars pour les frais de déplacement. Enfin, on nommera chaque année une quinzaine de mentors pour guider et conseiller les boursiers. Ils recevront des honoraires de 20 000 dollars par an et une indemnité de 15 000 dollars pour leurs frais de déplacement,

L’ÉTAT CANADIEN FORME DES ÉLITES PENDANT QUE LES INDÉPENDANTISTES S’ACTIVENT À RÉALISER UNIQUEMENT DES VEILLÉES DE PROTESTATION CONTRE LE FÉDÉRAL ET DE COMMÉMORATION POUR LES VAINCUS. Prendre conscience que « la Constitution de 1867 ne donne qu’un État local ou provincial », c’est une chose très importante. Mais aussi, les Québécois-Français doivent se coller dans le cerveau que la constitution qui les régit est, selon Maurice Séguin, « une constitution de vainqueur pour les vainqueurs ; une constitution de vaincu pour les vaincus » (dans Histoire de deux nationalismes au Canada, p. 401). En résumé, les grands espoirs des souverainistes sont toujours dans la marmite constitutionnelle. Après 19 mois, après 5 ans, après 50 ans ou après 500 ans (ouf !), c’est aux Québécois et Québécoises d’assumer l’immense responsabilité de conquérir leur indépendance collective.

Bruno Deshaies
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RÉFÉRENCES

N.-B. Les références sont disposées dans l’ordre chronologique de leur parution.

Hélène Pedneault, écrivaine, « Les “ethniques” québécois et les indépendantistes : qui a peur de qui ? » Conseil de la souveraineté du Québec 14 janvier 2004. Annonce de la soirée-débat sur Vigile, édition 19.01.04.

Bruno DESHAIES, « LES ETHNIES ET LES INDÉPENDANTISTES. Les soirées-débats du Conseil de la souveraineté du Québec. » Dans VIGILE.NET. Chronique du jeudi no 163, 22 janvier 2004

Bruno DESHAIES, « Hélène Pedneault, Robert Laplante et Louis Cornellier. Du nationalisme québécois à chacun sa façon. » Dans VIGILE.NET. Chronique no 174, jeudi 15 avril 2004.

Bruno DESHAIES, « LES MOTS « ETHNIE » ET « ANNEXION » (Cours 201). Suite au « petit lexique » pour les indépendantistes. » Dans VIGILE.NET. Chronique no 201, jeudi 3 février 2005.




Édition révisée de la chronique no 154 du jeudi 30 octobre 2003

DANS 5 ANS, 50 ANS OU 500 ANS ?

Après quarante ans de transformations, où en sommes-nous ?

Bruno Deshaies
(Chronique du jeudi 30 octobre 2003)

« La souveraineté, ça ne peut pas être
le fruit de raisins de la colère.
Ce sera plutôt
le fruit des raisins de la passion ».
(Claude Larose. dimanche
26 octobre 2003.
Voir RÉF. no 2.)

« Chacun contribue à la construction
du pays à sa façon. »
(Conseil de la souveraineté du Québec,
« Notes sur le logotype ».)

Le fouillis conceptuel dans lequel les Québécois sont plongés au sujet de la souveraineté du Québec offre aux adversaires de l’indépendance du Québec toutes les chances voulues pour combattre une telle idée. C’est pourquoi nous considérons que le premier obstacle à la souveraineté du Québec et c’est triste à dire, ce sont les souverainistes eux-mêmes. Cela dit, il est incontestable que le partenaire canadian est tout particulièrement vigilant en vue de maintenir, soutenir et défendre l’unité du Canada.

L’échéance de cinq ans pour parvenir à l’indépendance du Québec, c’est tout bonnement de la démagogie. Cette ritournelle est maintenant usée. Son emploi est infantilisant. Cette démagogie fait justement partie de ce discours sur le rêve, sur nos rêves ou sur notre capacité à voler de nos propres ailes. On nous répète sans cesse que nous en avons la capacité. Alors pourquoi ne volons-nous pas déjà de nos propres ailes ? (Voir NOTE no 1.)

Le Conseil de la souveraineté du Québec a été créé en décembre 2002. Il se situe dans le prolongement du Parti québécois et du Bloc québécois qui le financent. Dix mois plus tard, son Président annonce : « Ça y est ! Le Conseil de la souveraineté a lancé sa première activité publique en tenant, le dimanche 26 octobre, sa première conférence de presse. » Le Conseil a commencé à sa façon, comme il le proclame dans ce qui lui sert de devise !

Que pouvons-nous décoder de cette conférence de presse qui vient de nous dévoiler le logotype du Conseil et son slogan ? Chacun, à sa façon, peut y voir ce qu’il veut bien y voir.

Les symboles du Conseil de la souveraineté du Québec

Commençons par le logo

Il est bien normal que chacun d’entre nous prenne un instant pour se faire une idée. Ne perdez pas votre temps. Des notes ont été publiées pour que nous puissions comprendre le message. On nous annonce dans le communiqué que « la forme de la fleur de lys [...] éclate de couleurs, ce qui lui procure une jeunesse certaine. Chacune des couleurs n'a pas de signification particulière. C'est leur accumulation, leur juxtaposition, qui donne à cette fleur de lys tout son sens. » Et quel est ce sens ? « Ces couleurs représentent la diversité de la société québécoise : jeunes, personnes plus âgées, Québécoises et Québécois d'immigration ancienne ou plus récente, pluralisme idéologique, occupations diverses, etc. Chacun contribue à la construction du pays à sa façon. » (Voir NOTE no 2.) En soi, dans l’absolu et comme si nous vivions dans un autre monde, nous pouvons tous applaudir joyeusement. Personne n’est contre la vertu !

Si c’est bien vrai, j’imagine que Pierre Elliott Trudeau a contribué à sa façon à la construction du pays. J’imagine aussi que Robert Bourassa a fait son possible (à sa façon) pour travailler à la construction du Québec à faire. Je suppose que tous les chroniqueurs du site Vigile.net participent à leur façon individuelle à la construction de la nation québécoise. J’imagine... car on nous dit en plus que « le Conseil de la souveraineté est un organisme souple : tout n'y est pas déterminé à l'avance et il y a place à l'initiative. Les couleurs qui débordent du contour en témoignent. » Vous n’y aviez pas pensé, n’est-ce pas ? Tout est « à sa façon ». On a même l’esprit d’ajouter : « Enfin, un espace demeure à combler, tout en haut de la fleur de lys. C'est le travail qui reste, après tous les efforts déjà consentis, pour qu'advienne enfin le pays du Québec. » (Voir NOTE no 2.) L’artiste qui a conçu ce logo a très bien illustré le discours insoutenable des « souverainistes » bon chic bon genre de la nation québécoise.

Rien ne va plus. Au logo le Conseil de la souveraineté du Québec a accolé un slogan. Un slogan très particulier et aussi très individualiste. Ce sera la souveraineté « à ma façon » ! Bien sûr, si c’est à la mienne, ce sera certainement la bonne. Si ce n’est pas à la mienne, ce sera à la sienne, « à sa façon et ainsi de suite... Jusqu’où la suite ira-t-elle ? Les membres de ce Conseil sont-ils en train de reconstituer une Tour de Babel québécoise, la nôtre, à notre façon ?

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Le mot façon n’est pas particulièrement un mot simple. Dans Le Robert en six volumes, on trouve trois colonnes bien tassées juste pour ce mot (voir NOTE no 3). Les amateurs de sémantique pourront s’en donner à cœur joie. La polysémie de ce mot est troublante. Étymologiquement, c’est la même racine latine, factio, pour façon, c’est-à-dire « action de faire », mais aussi faction au sens « parti politique » qui découle aussi de la racine latine commune facere (« faire »). C’est donc dire qu’il va s’en faire des affaires sur la souveraineté ! Qui voudrait être à leur place ? De toute façon, personne n’aura à s’en faire. « On peut s'approprier ce slogan d'une manière aussi bien individuelle que collective, annonce le communiqué. Celles et ceux qui habitent le Québec depuis plusieurs générations, francophones en majorité, et les personnes d'immigration récente peuvent partager l'objectif d'un Québec souverain, même si le fondement de leur engagement peut différer. » (Voir NOTE no 2.)

Afin de justifier le choix du logo, le président Gérald Larose a déclaré qu’« il fallait en conséquence un slogan susceptible de refléter cette caractéristique du Conseil de la souveraineté du Québec, qui consiste à rassembler ces sensibilités diverses réunies autour d'un objectif partagé : faire du Québec un pays souverain. Remarquez que le Conseil de la souveraineté n’utilise ni le mot État ni le mot nation et encore moins le concept d’État-Nation et le mot indépendance pour nommer l’objectif que les Québécois-Français poursuivent depuis des générations.

Le programme d’action
du Conseil de la souveraineté du Québec

Les « Activités du conseil de la souveraineté du Québec » viennent donc de débuter le 26 octobre. Elles seront suivies le 9 novembre par un premier forum national du Conseil de la souveraineté du Québec sur le thème : À l’heure du Québec. Le 17 novembre, le Conseil planifie le début des soirées-débats en présence d’invités particuliers. La première soirée aura comme thème : Peut-on enterrer la souveraineté du Québec ? Une autre soirée-débat est prévue pour le 1er décembre. Ce débat pourrait porter sur le thème : Comment arrêter le saccage avant l'indépendance. En conférence de presse, M. Larose a affirmé : « Ce qu'on remet aujourd'hui en question, c'est l'État lui-même, ce qui ne peut être que très dangereux pour le Québec, étant donné sa position objective sur le continent nord-américain. » (Voir RÉF. no 2.) Voilà un ensemble de thèmes qui sont très peu enthousiasmants.

En plus, le Conseil prévoit créer « la Toile du Conseil, regroupant des personnes en faveur de la souveraineté partout sur le territoire » (voir RÉF. no 2) et un Réseau des amies et amis du Conseil de la souveraineté du Québec (voir NOTE no 4). En outre, il « doit dévoiler sous peu le nom des personnes membres de quinze commissions d'experts qui auront comme mandat d'intervenir publiquement, en leur propre nom et selon leur expertise, pour faire valoir les avantages de la souveraineté et pour dénoncer toute tentative de diminution des pouvoirs de l'État québécois » (voir RÉF. no 2).

Avec tous ces instruments de communication, le Conseil de la souveraineté du Québec se dit prêt à « prendre davantage d'espace sur la place publique pour faire la promotion du projet qui lui tient à cœur : la souveraineté du Québec. » Pour M. Larose, cette souveraineté ne se réalisera pas grâce à des « conditions gagnantes », qui ont placé « cette question dans un état d'attentisme et de prudence », mais plutôt en regroupant « les forces vives de la société civile québécoise autour de l'objectif de la souveraineté » (voir RÉF. no 2). Le Conseil est tellement conscient de l’importance et du rôle majeur de la société civile québécoise qu’il se croit obligé d’en mettre beaucoup pour assurer la mobilisation nécessaire en vue d’atteindre la souveraineté.

Réaction d’une militante indépendantiste

En rapport avec toute cette artillerie « souverainiste » du Conseil de la souveraineté du Québec, une personne d’expérience qui connaît bien le milieu des souverainistes et des péquistes s’exprimait très sereinement et sans équivoque en ces termes :

« Les péquistes sont forts sur les incantations larmoyantes lorsqu'ils évoquent le pays. Ces séances [forums et soirées-débats] leur permettront de se parler entre eux, de vibrer ensemble chaque fois que quelqu'un prononcera le mot « souveraineté ». Plus le mot sera prononcé souvent, plus les émotions deviendront fortes et ceci, aussi sûrement que le taureau fonce vers la cape rouge du matador. Et après, chacun s'en retournera chez soi, en remerciant les dirigeants du parti d'avoir créé un organisme qui leur donnera autant de plaisir. »

Cette personne sait bien que l’objectif des souverainistes est ambigu. D’une part, vous lisez ces affirmations telles celle-ci qu’il faut « faire du Québec un pays souverain » et, d’autre part, vous apprenez que l’objectif du Conseil de la souveraineté du Québec, « c'est de devenir l'instrument du mouvement social tourné vers le progrès de la nation québécoise » (voir RÉF. no 2). En bref, la réforme nationale, d’un côté et la réforme sociale, de l’autre. Toujours le même dilemme dans lequel les souverainistes ne parviennent pas à s’extirper. Si un jour la souveraineté était placée clairement du côté du national, on cesserait de « parler pour parler » de la nation québécoise, du pays à faire ou de faire du Québec un pays, du saccage de l’État québécois, ainsi que de tous les postulats théoriques et historiques du Conseil de la souveraineté du Québec qui constituent aussi la norme de la « poésie » souverainiste.

La souveraineté un jour...
dans cinq ans, mais laquelle ?

Les souverainistes trébuchent sur le concept même de souveraineté. Ils le prononcent tellement souvent qu’ils croient que la souveraineté apparaîtra comme par enchantement et uniquement par le jeu démocratique électoral ou référendaire. Mais, au juste, que savons-nous réellement de la souveraineté ? La conférence de presse du 26 octobre nous annonce avant tout que le Conseil de la souveraineté du Québec « est prêt à passer à l'action » (voir RÉF. no 2). Mais sur quoi est-il prêt à passer à l’action ? Il y a une piste que nous pouvons suivre. Elle se trouve à la page Internet intitulée : « La souveraineté, c’est quoi ? (voir RÉF. no 1.) »

D’entrée de jeu, soulignons que ce texte ne mentionne aucune fois le mot « indépendance », mais il fait référence au mot « souveraineté » dix-sept fois et réfère à celui de « pays », onze fois. Le plus important ne consiste pas uniquement à compter, mais à saisir les raisons qui ont poussé les auteurs de ce texte à ignorer le concept d’indépendance nationale au sens intégral du terme.

Pour y voir clair, il importe de découvrir le substrat de cette pensée souverainiste. Autrement dit, quelles sont les normes des souverainistes ? Généralement, ils affirment que : « les Québécoises et les Québécois forment incontestablement un peuple, une nation ». Ce à quoi même un Jean Charest ne s’oppose pas. Ils soutiennent que cette « nation moderne démocratique » est « porteuse d’une identité bien spécifique en Amérique ». N’est-ce pas le même discours global chez les libéraux du Québec ? Les souverainistes prétendent que cet état social « est en filiation directe avec la volonté d’autonomie et de souveraineté qui a inspiré et dynamisé le peuple québécois depuis plus de quatre décennies ». Cette affirmation est partiellement vraie. La Révolution tranquille a été le produit du Parti libéral du Québec sous la gouverne de Jean Lesage en 1960. Il était pourtant fédéraliste et combien d’autres avec lui à ce moment-là, y compris René Lévesque et Jacques Parizeau. Le Québec moderne est sorti de ce courant de pensée politique tournée principalement sur les réformes de la société québécoise. La fierté d’être Québécois n’est pas étrangère à cette ébullition ou à cette accélération de l’histoire

Il est bien évident qu’il n’est pas faux d’affirmer que le Québec possède « désormais les attributs et les atouts nécessaires à l’émergence d’un véritable pays ». Partant, les souverainistes tirent la conclusion que « le Québec doit franchir la dernière étape qui lui permettra de retirer tous les avantages inhérents à un tel statut ». Cette question du statut du « véritable pays », qu’est-ce que cela veut dire ? L’objectif est noble, mais il entretient trop facilement la confusion autour de la notion d’un « gouvernement souverain » (consulter la NOTE no 5.). Malgré certaines affirmations solennelles dans le genre que voici : « [...] Chez tous les peuples de ce monde : l’autonomie politique et la souveraineté représentent des incontournables pour affirmer leur identité nationale, maîtriser pleinement leur développement économique et social, ainsi que pour assurer l’égalité et la liberté dans leurs rapports avec les autres nations. »

OU :

La souveraineté : « C’est une question de maturité et de fierté, une idée qui relève du droit et du besoin fondamental d’administrer ses propres affaires. »

OU encore :

« La souveraineté pour la nation québécoise, c’est la capacité de se retrouver sur le même pied que les autres nations du monde et de transiger avec elles, sans tutelle, sans intermédiaire. »

MAIS,

« Actuellement, le Québec ne dispose que d’une partie des pouvoirs qui lui sont nécessaires pour assurer pleinement ses responsabilités en matière de développement. »

POURTANT,

« Toute nation libre se gouverne elle-même, selon la Loi fondamentale que se sont donnée ses citoyens et ses citoyennes et non sous la tutelle d’une constitution imposée. »

Enfin, on a éventé la mèche ! Comme on a vu, le Conseil de la souveraineté du Québec est tellement frileux qu'il n'ose même pas utiliser le mot « indépendance » dans son texte. Il parle surtout du pays ou de nation libre. Il parle bien évidemment de souveraineté. Peut-on se demander en quoi consiste le pays ? Le Conseil de la souveraineté du Québec aura à choisir un jour. Mais il ne choisit pas. Il cherche encore une constitution, mais il ne sait pas laquelle serait la bonne. Qu’est-ce à dire qu’une « nation libre se gouverne elle-même » ? Et en plus, qu’elle se gouverne « selon la Loi fondamentale que se sont donnée ses citoyens et ses citoyennes » ? Et pourquoi mêler toute cette rhétorique à « la tutelle d’une constitution imposée » ? Est-ce à dire qu'une constitution renégociée avec le Canada-Anglais pourrait donner l'égalité politique aux Québécois et faire un pays du Québec ? Nous n'en savons rien. Nous pouvons toutefois nous interroger. Il faut réfléchir sérieusement avant d’entrer dans ce débat et dans cette direction.

Est-ce la plus large autonomie possible ?

À notre avis, les membres du Conseil ont beaucoup de difficulté à apprivoiser le concept d'indépendance. Nous en avons la preuve avec cette question qui amorce le document : « Quoi de plus légitime en effet, se demande le Conseil, que cette aspiration universelle des peuples à gérer leurs affaires avec la plus large autonomie possible ? » Ces mots vagues ouvrent la porte à des débats stériles au sujet de l’expression « la plus large autonomie possible ». On veut bien comprendre que la souveraineté peut être une question de cœur et une question de raison. Cependant, il ne suffit plus de la promouvoir, elle doit être affirmée et défendue.

Le scénario que propose le Conseil vise à récupérer tous nos impôts et à contrer l’invasion du pouvoir fédéral dans de nombreux champs d’activités collectifs parce que les grands pouvoirs sont à Ottawa. Ma foi ! Ce n’est pas une nouveauté. Les grands pouvoirs relèvent du gouvernement central depuis 1867 et même avant, par la force de domination politique des Britanniques.

« Actuellement, nous dit le Conseil, le Québec ne dispose que d’une partie des pouvoirs qui lui sont nécessaires pour assurer pleinement ses responsabilités en matière de développement. » S’agit-il seulement de son développement ? Puis, le Conseil ajoute : « La seule façon d’assurer la continuité et la prospérité culturelle de la nation québécoise, dont la langue française est l’élément fondamental, c’est de faire en sorte qu’elle devienne majoritaire dans son propre pays, qu’elle accède à la souveraineté. » Et finalement, « la souveraineté pour la nation québécoise, c’est la capacité de se retrouver sur le même pied que les autres nations du monde et de transiger avec elles, sans tutelle, sans intermédiaire ».

Quel indépendantiste n’applaudirait-il pas à cette affirmation, si ce n’est que le mot capacité signifiait autre chose que quelqu’un qui nous en donne le droit ? Or, le droit à l’indépendance qui est la capacité elle-même d’agir-par-soi est bien plus et beaucoup mieux que d’assumer seulement son développement, de défendre la langue française, de contrer les offensives du gouvernement central sur la direction des compétences provinciales, de protester continuellement contre la Charte canadienne des droits et des libertés, d’accuser le gouvernement fédéral d’accaparer « tous les nouveaux secteurs d’activité, dont le développement scientifique qui a permis l’émergence d’un océan à l’autre de l’aéronautique, de la radiodiffusion, de la télédiffusion, de la câblo-diffusion, de l’énergie nucléaire, etc. » La centralisation continue dans d’autres domaines comme la santé, l’éducation et les municipalités après l’impôt sur le revenu. Nous savons tout cela. Comment affirmer et défendre l’indépendance du Québec

Ce que nous devons connaître, c’est comment il faut affirmer et défendre l’indépendance du Québec. En ce moment, ce que nous propose le Conseil de la souveraineté du Québec est nettement insuffisant qualitativement et quantitativement. Après tout, cette question de l’indépendance du Québec n’est pas un débat récent dans le paysage politique québécois et canadien. Nous avons tout de même appris quelque chose de trois référendums en vingt-trois ans et de l’histoire générale du Québec depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Nous serions bien dupes de nous imaginer aujourd’hui que nous pourrions infléchir facilement la trajectoire historique du Canada avec des protestations ad hoc ou des menaces qui ne dépassent guère les revendications des minorités nationales.

Est-ce suffisant d’affirmer que « nous avons besoin du rapport de force que procure la souveraineté pour consolider et faire prospérer notre identité culturelle en terre d’Amérique » ? Pourquoi l’affirmation et la défense de la culture du Québec-Français ne protégeraient-elles pas l’identité culturelle du Québec ? Ne serait-il pas préférable de considérer que l’indépendance bien comprise résolve ce problème ? Pourquoi la nation québécoise qui est considérée comme inclusive ne serait-elle pas déjà majoritaire « dans son propre pays » ? Faut-il démontrer qu’il y ait plus de Québécois-Français que de Québécois anglophones ou allophones ? Que faut-il faire si l’on admet, comme le Conseil, que

– « L’existence en Amérique du Nord d’une nation de langue française de plus de sept millions d’habitants est un phénomène unique et fascinant » ?

– « Le Québec est le seul territoire d’Amérique où la langue et la culture française reposent encore sur des assises suffisamment solides pour ne pas régresser » ?

– « [...] Le Québec soit clairement identifié comme une terre de langue et de culture françaises et que son gouvernement puisse assurer à cette langue et à cette culture toute la protection et les ressources essentielles à leur plein épanouissement » ?

En effet, que faut-il faire ? Est-ce suffisant de se faire dire que le Conseil de la souveraineté du Québec « a pour mandat d’informer la population du Québec des fondements et des avantages de se donner un pays » ?

Si les souverainistes de 2005 ne sont rendus qu’à ces balbutiements, il y a de quoi être découragé. Sans aucun doute, il y a quelque chose qui cloche quelque part. Au secours !

Après quarante ans de transformations au Québec, où en sommes-nous ? Nous en sommes toujours au stade des revendications nationales et sociales. Pour les revendications sociales, elles sont normales dans n’importe quelle société avec ou sans l’indépendance. Pour les revendications nationales, elles demeurent dans l’ordre établi et elles ne semblent même pas dépasser le stade des revendications de réformes fédéralistes avec les idées d’association, de partenariat ou de confédéralisme. Pourquoi serions-nous scandalisés de constater qu’une ex-ministre péquiste, en l’occurrence madame Beaudoin, soit embauchée par une Chaire de recherche du Canada sur la Mondialisation, la Citoyenneté et la Démocratie dans le cadre d’enquêtes et de débats visant à améliorer les processus de fonctionnement des fédérations dans le monde ?

Cela dit, nous faire miroiter l’accession à l’indépendance dans 5 ans, c’est une supercherie inqualifiable, à moins de croire que le ciel peut nous tomber sur la tête. Pourquoi pas dans 50 ou 500 ans ? Ce serait peut-être plus réaliste, au train où vont les choses !

Au fond, la meilleure façon de ne jamais faire l’indépendance, c’est justement de la faire chacun « à sa façon ». C’est déjà commencé. Sinon il serait préférable de s’inscrire à :



LA LIGUE POUR
L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC.
Hugo Saint-Hilaire
Président de la Ligue pour l’Indépendance du Québec
TRIBUNE LIBRE jeudi 9 octobre 2003

Au moins là, le principe d’indépendance est clairement nommé (voir ANNEXE).

Bruno Deshaies
Vous désirez réagir après avoir lu cet article ? Prière d’écrire à l’adresse ci-dessous :
sciences_humaines@yahoo.ca

RÉFÉRENCES

(1) CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC (2003), « La souveraineté, c’est quoi ? Il faut maintenir résolument le cap sur la souveraineté. »

(2) Geneviève OTIS-DIONNE (2003), « Conseil de la souveraineté : l'heure de l'action est venue » Le Devoir lundi 27 octobre 2003

NOTES

(1) Bruno Deshaies, « VOLER DE SES PROPRES AILES. – Pierre Bourgault (1934-2003). » Vigile. net, Chronique du jeudi 26 juin 2003.

(2) Conseil de la souveraineté du Québec, « Notes sur le logotype du Conseil de la souveraineté du Québec. »

(3) Tome 2 (1960), p. 1880-1881. Vois aussi Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique de la langue française, 10e éd., Paris, Larousse, 1954, p. 310 et 311. De plus, ne pourrions-nous pas faire un rapprochement avec la chanson de Frank Sinatra, My Way qui a été traduite en français par l’expression Comme d’habitude ?

(4) « Je participe À ma façon. » Le Réseau des amies et amis du Conseil de la souveraineté du Québec « est un regroupement de personnes qui partagent la même volonté de faire du Québec un pays souverain et qui désirent poser un geste concret pour y parvenir en accordant un appui financier au Conseil de la souveraineté du Québec. En versant une contribution de 20 $ ou plus, les donateurs et donatrices aident le Conseil à financer des activités de promotion de la souveraineté dans les régions du Québec. (Formulaire d'inscription) »

(5) Bruno Deshaies, « SOUVERAINISME, dites-vous ? Une conception restrictive et une vision de minoritaire de l’indépendance. » Vigile. net, Chronique du jeudi 17 janvier 2003.



ANNEXE
L’Académie de l’indépendance


LA LIGUE POUR L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC


Buts et objectifs

« La privation de l’action, le remplacement de l’agir par soi collectif équivalent à une oppression.… Dès qu’une collectivité remplace, par son agir collectif, l’agir collectif d’une autre société, cette substitution ou ce remplacement total ou partiel est, ipso facto, diminution ou privation d’être, perte d’expérience, d’initiative… pour la collectivité remplacée. Cette substitution, en elle-même, indépendamment de ses modalités, constitue une oppression inévitable… qui tient à la nature même de la vie, laquelle est agir par soi. »

Maurice Séguin, Les Normes.

« Le plus grand devoir, dans l’ordre des idées, est de dénoncer l’aliénation fondamentale… dont souffre le Canada-Français… On ne secoue pas du jour au lendemain une tradition qui… permet à l’immense majorité à accepter comme normale l’annexion. C’est le premier obstacle. »

Maurice Séguin, Histoire de deux nationalismes au Canada.

La Ligue pour l’indépendance du Québec
est un rassemblement d’individus et de groupes
qui affirment et défendent l’indépendance du Québec.

En conséquence,
la Ligue pour l’indépendance du Québec
formule ses buts et objectifs dans les termes suivants :

1. Promouvoir l’unité des Québécois-Français comme assise de l’indépendance du Québec.

2. Promouvoir l’unité de tous les Québécois autour de l’idée d’indépendance.

3. Préconiser les principes démocratiques : tous les citoyens du Québec sont égaux devant la loi.

4. Défendre les principes de liberté, de justice et d’égalité entre tous les Québécois dans le respect du Québec-Français marqué par son histoire et ses valeurs de civilisation. Comme le dit si bien Maurice Séguin : « La valeur de la vie individuelle est liée à la valeur de la vie collective ».

5. Mettre sur pied la Fondation Québec pour l’indépendance.

6. Appeler les hommes et les femmes du Québec à affirmer et défendre l’idée d’indépendance en les appuyant concrètement dans leurs actions.

7. Faire la promotion de l’indépendance du Québec au moyen de l’éducation populaire, parce que l’indépendance politique est un bien en soi.

L’indépendance s’oppose au fédéralisme qui annexe, subordonne, provincialise. L’élite intellectuelle, les hommes et les femmes politiques ainsi que les médias, doivent cesser de dénaturer la notion d’indépendance pour apprendre à la population du Québec que le principe d’indépendance se rapporte directement à la volonté de se réaliser comme peuple, sans collectivité interposée, afin de maîtriser son « agir par soi » et « être présent au monde » (Maurice Séguin).

8. Bâtir un réseau national de sections régionales puis, éventuellement, de sections locales – par ville, arrondissement, quartier, institution d’enseignement, association, municipalité, village ou autre, selon ce qui est le plus simple, le plus pertinent et le plus représentatif.

Gatineau, le 2 octobre 2003.

Conditions d’adhésion

Pour devenir membre de la Ligue pour l’indépendance du Québec, il faut :

1. Partager les buts et les objectifs de la Ligue,

2. En être solidaire,

3. Être disponible pour la cause.

4. Pour la promotion de l’indépendance, payer une cotisation annuelle de $20 pour les individus et de $50 pour les groupes ou associations, le 1er janvier de chaque année.

5. Pour couvrir les frais d’administration de la Ligue, payer $60 par année, soit $5 par mois ou plus, selon les moyens financiers de chacun, payable en un seul versement de $60 le 1er janvier de chaque année, ou en trois paiements de $20 à tous les 4 mois, soit $20 le 1er janvier, $20 le 1er mai et $20 le 1er septembre. Les étudiants n’ont pas à payer les frais d’administration.

NOTE

Si vous êtes en accord avec les buts et objectifs de la Ligue pour l’Indépendance du Québec et si vous souhaitez devenir membre, vous êtes priés de faire parvenir votre chèque libellé à cette adresse :

Ligue pour l’Indépendance du Québec
388, boul. de la Cité des Jeunes, # 3,
Gatineau (Québec),
J8Z 1L1

Courriel : liq@videotron.ca