INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 227

LA PENSÉE DE MAURICE SÉGUIN SERAIT-ELLE ÉSOTÉRIQUE ?

Une vieille marotte de certains universitaires au sujet de la « sociologie du national »

Bruno Deshaies
jeudi 20 octobre 2005

« Des miracles semblent parfois se produire,
mais la lente maturation est la règle générale. »
(Maurice Séguin, Les Normes.)

« L'agir de l'homme ne peut être rigoureusement,
« mathématiquement » conditionné,
par les événements antérieurs. »
(Maurice Séguin, Les Normes.)

« Incapables d’arrêter ce mouvement général [de la culture progressive],
la volonté et l’intelligence paraissent ici avoir plus de liberté qu’ailleurs
[en politique ou en économique, par exemple] pour intervenir… »
(Maurice Séguin, Les Normes.)

Le colloque organisé par la Chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec les 13 et 14 octobre dernier autour de la pensée de Maurice Séguin a permis à de nombreux chercheurs de faire connaître leur point de vue sur son ouvrage fondamental Les Normes et son incontournable synthèse explicative de l’Histoire de deux nationalismes au Canada (cf. NOTE no 1). Deux œuvres capitales, s’il en fut.

Bien sûr, il y a eu, dans un premier temps, des questions à débattre au sujet de la pensée de Lionel Groulx et de celle de Maurice Séguin. Toutefois, après cette entrée en matière, le colloque s’est rapidement orienté vers le successeur de Groulx. Il a donc été question de sa conception de la nation et de l’histoire, de son influence sur la société québécoise et de sa place dans l’historiographie. Les Actes du colloque seront publiés dans le Bulletin d’histoire politique dirigé par Robert Comeau au cours de l’année prochaine.

Il faut rendre ici hommage à Robert Comeau d’avoir eu le bon sens et aussi le courage d’organiser ce colloque sur « L’historien Maurice Séguin (1918-1984) et la société québécoise » (voir NOTE no 2). Le moment était bien choisi en ces heures de déprime et d’incohérence idéologique au sein du Parti québécois et de trop de souverainistes. Mais plus encore, le colloque a suscité une lecture et une réflexion sur la pensée de Séguin dont, en particulier, celles des normes de l’historien et du chercheur scientifique.

L’approche causale et le déterminisme en histoire

Les lectures de Séguin par les divers intervenants ont tourné principalement autour d’une phrase que l’on retrouve dans le chapitre d’Introduction aux Normes. La voici : « L’histoire des structures est aussi légitime que l’histoire événementielle. » En effet, les questions de structures, de déterminisme (historique) et de relations causales ont occupé une bonne place dans les discussions pendant les deux jours de ce colloque. De plus, la notion d’annexion est apparue plus souvent dans les discussions. Mais, il est malheureux que la onzième subdivision du Chapitre troisième des Normes consacrée à l’assimilation ait passé complètement inaperçue. À notre avis, il serait urgent que les Québécois réfléchissent sur cette norme de Maurice Séguin : « La cause de l’ASSIMILATION est l’annexion prolongée… » Sans conteste, nous tenons là un très beau problème de sociologie du national ainsi que d’histoire, de logique, de méthodologie et disposons d’une notion importante en histoire, le déterminisme des événements ou l’apparition de certains effets compte tenu d’une situation donnée si elle perdure dans le temps.

Il y a dans cette forme de raisonnement une affirmation causale qui semble agacer les esprits timorés. On dirait parfois qu’une cause n’aurait pas d’effets véritables ou si peu parce qu’il serait toujours possible, assez facilement et avec un peu d’intelligence et de bonne volonté, de renverser l’effet si on le voulait (voir l’encart ci-après). Durant le colloque, on peut dire que cette question de la volonté dans l’histoire a été abordée à différentes reprises.

Comment s’affranchir de l’idéologie fédéraliste

L’exposé de Maurice Séguin dans sa synthèse de l’Histoire de deux nationalismes au Canada illustre on ne peut mieux ce rapport entre le passé et le présent ou entre la connaissance du passé et l’action. En histoire, il n’est pas aussi évident qu’on peut le penser de transformer les effets de causes historiques qui perdurent dans le temps. Un changement fondamental de trajectoire historique exige un travail d’envergure de la part de toute la société qui aspire à un tel changement.

Voici l’exemple d’une brève période dans l’histoire du Québec qui démontre à quel point il est difficile pour le mouvement indépendantiste d’atteindre son objectif. Au fond, les Québécois doivent d’abord s’affranchir de l’idéologie fédéraliste qui les tenaille depuis 138 ans. Or, le changement ne peut se réaliser d’un coup de cuillère à pot ou par une élection ou un référendum.

Il est urgent que les forces indépendantistes prennent la mesure réelle de la mission et des tâches qu’elles ont à accomplir. L’histoire du mouvement séparatiste en 1960 pourrait servir d’exemple à la compréhension de l’optique indépendantiste. Voici comment Maurice Séguin expose la situation qui entoure ce courant indépendantiste de 1960.

Le mouvement séparatiste de 1960

Une nouvelle vague séparatiste déferle sur le Québec [autour des années 1957-1958], avant même que s'amorce « la révolution tranquille ». L'accélération de l'affirmation nationale chez les autonomistes traditionnels, la décolonisation qui disloque les empires, une perception plus réaliste de l'histoire des Canadas expliquent en partie cette nouvelle vague indépendantiste.

Au début, ces indépendantistes ne parviennent pas toujours à se libérer de l'attitude de fédéralistes dépités qui consiste à s'imaginer que la fédération de 1867 aurait pu bien fonctionner et qu'il faut la rejeter parce qu'elle a abouti à un échec accidentel mais irréparable et que l'autonomie du Québec est irrémédiablement et irrésistiblement grugée par la centralisation fédérale.

À mesure qu'ils clarifient leur doctrine, les indépendantistes actuels font pénétrer dans la conscience canadienne-française le concept de la nécessité de l'indépendance sur le plan politique d'abord. Par là, ils rendent au Canada-Français le plus grand des services, celui de démasquer l'imposture de la tradition LaFontaine-Parent, ce bon vieux mythe séculaire d'une égalité possible entre les deux nationalités, ou, mieux encore, de la possibilité pour les Canadiens-Français d'être maîtres chez-eux et de s'épanouir dans un Québec qui demeurerait à l'intérieur de la Confédération.

Il y a des obstacles à surmonter pour s'affranchir de l'idéologie fédéraliste. Le plus grand devoir, dans l'ordre des idées, est de dénoncer l'aliénation fondamentale, essentielle, dont souffre le Canada-Français. Mais, c'est là un travail de sape et de longue haleine. Car l'idéologie fédéraliste est très fortement ancrée dans la mentalité du peuple canadien-français. On ne secoue pas du jour au lendemain une très vieille tradition qui, depuis plus de cent trente ans [en 1997], permet à l'immense majorité à accepter comme normale l'annexion. C’est le premier obstacle

Un deuxième obstacle à la propagation de l'idée indépendantiste réside dans le fait que le Canada-Français constitue une des nations annexées les mieux entretenues au monde. L'indépendance exigerait de durs sacrifices. Nationalité à demi encadrée par un demi-État et parasite économique greffé à un empire étranger relativement prospère, le Québec francophone hésite à risquer son niveau de vie. Et les forces favorables au statu quo exploitent à fond cette crainte par un véritable matraquage psychologique.

Enfin, troisième obstacle, le Canada-Anglais est aussi intéressé à maintenir, à défendre, à conserver « sa » Province de Québec, la deuxième province du British North America, où vivent 30 p. cent [environ 24 p. cent aujourd'hui] des contribuables et 30 p. cent [24 p. cent aujourd'hui] des consommateurs, que le Canada-Français est intéressé à réaliser son émancipation nationaliste.

Source : Histoire de deux nationalismes au Canada, Montréal, Guérin, 1997, p. 430-431.

Il nous semble que la septième subdivision du Chapitre premier des Normes a été mal comprise ou sous-estimée quant aux nuances que Séguin apporte au sujet du déterminisme. Il aborde cette question sous le titre : « Limites de l’intervention de l’intelligence et de la volonté » qu’il considère comme un des huit postulats retenus « dans la manière de concevoir l’histoire ».

Il serait bon de donner ici le texte intégral de cette subdivision.

1.7 LIMITES DE L'INTERVENTION
DE L'INTELLIGENCE ET DE LA VOLONTÉ

1.7.0 Le déterminisme

1.7.0.1 Comme concept philosophique
Le déterminisme, au sens fort du terme (philosophique), est à rejeter.

1.7.0.1.1 Le déterminisme matérialiste
Non seulement le déterminisme matérialiste, pour lequel l'esprit même n'est qu'une émanation de la matière et pour lequel le monde se ramène à un système mécanique où tout est rigoureusement et invariablement fixé d'avance ;

1.7.0.1.2 Le déterminisme spiritualiste

Mais également le déterminisme spiritualiste, qui considère comme des produits inévitables tous les phénomènes, y compris toutes les actions des hommes – pour lequel la liberté morale et le libre arbitre ne correspond à aucune réalité –, qui affirme que tout, de l'ordre matériel ou intellectuel, se ramène à des raisons antécédentes, que le présent résulte entièrement du passé et renferme déjà tout l'avenir.

1.7.0.2 Intervention possible de l’intelligence et de la volonté (liberté contre déterminisme)
– Énoncé : Il existe cette réalité mystérieuse de l'intervention de l'intelligence et de la volonté de l'être humain.

– Explication : L'agir de l'homme ne peut être rigoureusement, « mathématiquement » conditionné, par les événements antérieurs. Car l'homme constitue une puissance dans laquelle il y a une parcelle de liberté, une force en partie autonome dans la nature, capable de modifier jusqu'à un certain point le cours des événements, d'apporter des qualités nouvelles ou de provoquer de nouveaux désastres.

1.7.0.3 Éviter de tout faire reposer sur l’intelligence et la volonté (limites de la liberté)
Cependant, il ne faut pas tomber dans l'excès contraire et affirmer que l'intelligence, la volonté pourraient tout modifier, au gré de la fantaisie, en un rien de temps, sans tenir compte de la nature et des forces présentes.

1.7.0.4 Intervention humaine et liberté restreinte
– Énoncé : Si d'une part, l'on ne saurait nier l'intervention libre de l'homme, par contre, il faut avouer que cette intervention est très limitée.

– Explication : La presque totalité des forces naturelles (physiques, biologiques...) échappent encore à l’homme, en dépit des découvertes… et plus près de lui, dans les sphères de l’intelligence et de la volonté, le rôle de la liberté est restreint.

1.7.1 Pour l'individu

1.7.1.1 Détermination de sa nature humaine
L'homme est déterminé par sa nature humaine : il ne saurait y renoncer...
1.7.1.2 Fortement marqué par le milieu total
L'individu est fortement marqué par le milieu total où il naît et vit : milieu personnel (hérédité..), milieu social complet, immédiat et lointain.
1.7.1.3 Volonté insuffisante pour l’épanouissement ou l’échec
La volonté n'est pas le seul facteur d'épanouissement ou d'échec.
1.7.1.4 Ne peut se soustraire en permanence aux forces qui l'entourent
Une personne ne peut se soustraire en permanence aux forces qui l'entourent, annuler, contrecarrer ces influences au point de modifier complètement sa vie.

1.7.2 Pour la société

1.7.2.1 Fortement déterminée
La société elle-même est fortement déterminée.
1.7.2.2 Constantes et lois
Il y a des constantes, des lois (démographiques, politiques, économiques...).
1.7.2.3 Insuffisance de la volonté à transformer des situations
Il y a des situations de faits, que la volonté ne peut supprimer en permanence ou même modifier rapidement d'une façon radicale.
1.7.2.4 Intelligence, volonté et forces latentes
Les redressements de situations ne sont pas uniquement causés par l'intervention de l'intelligence et de la volonté. Des forces latentes existaient pour justifier ces redressements. Des miracles semblent parfois se produire, mais la lente maturation est la règle générale.

NOTE : Les passages soulignés sont de nous ainsi que les ajouts de sous-titres intitulés : « Énoncé » et « Explication ».

Ce n’est donc pas par hasard que la huitième et dernière subdivision du Chapitre premier s’intitule : « Permanence de la nature humaine ». Or, cette « permanence de la nature humaine » n’est pas que limite, elle est aussi dans la foulée du premier « postulat », soit : « Vivre avec les autres, mais par soi. Collaboration mais autonomie. Together but on our own feet. » On pourrait tenir le même raisonnement pour les cinq autres postulats les uns par rapport aux autres. Finalement, la lecture de Maurice Séguin ne doit être ni linéaire ni littérale ni strictement analytique. Par conséquent, une bonne étude des Normes suppose obligatoirement une lecture synthétique et globale. On doit voir les notions à la fois en ordonnée et en abscisse si nous pouvons utiliser cette analogie mathématique.

Peut-il s’agir d’une pensée ésotérique ?

Cette logique du déterminé et de l’indéterminé, de l’inévitabilité et de l’évitable, du changement entre un état et un autre, de la liberté et du déterminisme, de l’action et de l’inaction, de l’indépendance et de l’annexion ou de l’agir par soi et du remplacement se retrouve sous des aspects divers dans le Chapitre troisième consacré à la « Sociologie du national »(voir NOTE no 3). À cause de cette forme de pensée particulière, certains esprits conformistes traitent Les Normes comme une œuvre ésotérique. Pourquoi ? On ne le sait trop ! Ce serait en particulier cette notion de sociologie accolée au concept de « national » qui soulèverait des réticences considérables à tel point que pareille lecture ne serait possible que si l’on est un initié. Or, le colloque a démontré hors de tout doute que des non-initiés peuvent lire Maurice Séguin tout en y apportant leur propre compréhension. Ce n’est surtout pas parce que Maurice Séguin n’utilise pas le vocabulaire de la confrérie des sociologues qu’il ne peut pas être compris. Pour ce faire, il faut à tout le moins, comme dirait Pascal, « tournez la tête de ce côté-là » avec sympathie. C’est du moins le conseil que nous donne le grand historien Henri-Irénée Marrou dans son ouvrage intitulé De la connaissance historique.

Pour le bénéfice de nos lectrices et de nos lecteurs, nous vous proposons de prendre connaissance du plan général du Chapitre troisième des Normes. Lisez-le très attentivement en vous posant des questions.

SOCIOLOGIE DU NATIONAL

PLAN GÉNÉRAL

þ Les nations et le nationalisme

3.1 Incohérence des divisions nationales existantes
3.2 Tentative de décrire la nation
3.3 Réussite ou échec pour une nation

þ Quelques cas-types de nations

3.4 Essai de classification
3.5 La nation indépendante et les relations de juxtaposition
3.6 La nation satellite (subordination de voisinage)
3.7 La nation annexée (subordination sur place)

þ Le fédéralisme

3.8 Le fédéralisme
3.9 Le partage des compétences
3.10 Fédéralisme et nationalités

þ L’assimilation

3.11 L’assimilation

þ Vie et organisation internationales

3.12 Exposé des problèmes de la vie et de l’organisation internationale

Ce chapitre consacré à la « sociologie du national » tient en grande partie du sixième postulat du Chapitre premier. Il s’agit du thème suivant dans « Vie et conditions de vie », soit : « Inégalité, concurrence, restriction ou élimination. Prépondérance de la plus grande force. » Dès lors, Maurice Séguin aborde la question du national et du social sous l’angle suivant :

• Luttes sociales et luttes nationales

À l’intérieur des sociétés, entre classes (luttes sociales) et entre les sociétés (luttes nationales), on se livre une concurrence serrée ; on s’affronte dans des conflits sourds ou aigus, dans des guerres ouvertes ou larvées.

Il précise ensuite :

• La force sous toutes ses formes l’emporte

Nécessairement la force l’emporte. Non pas la seule force brute (du nombre par exemple) mais la force prise dans le sens le plus général : à la fois force matérielle et intellectuelle ; force servie par les circonstances de temps et de lieu, etc.

Jusque là, le problème ne semble pas très ésotérique. Il sera même repris au Chapitre quatrième sous le titre : « Le NATIONAL et le SOCIAL ». C’est alors qu’il complète le cercle de son analyse en affirmant que « plusieurs ont rêvé de tout réduire à des conflits sociaux et d’éliminer de l’histoire les affrontements nationaux ». Une telle idée est largement partagée par les sociologues et les historiens qui abordent les problèmes des relations entre les sociétés.

On aura beau ergoter sur l’histoire sociale qui ne serait pas comme l’histoire économique ou sur l’objet de la sociologie qui ne pourrait pas être une sociologie historique ou une sociologie de la société (soit dit avec ironie à cause de son caractère tautologique), qu’on ne pourrait pas facilement récuser l’appellation de « sociologie du national » sous le seul prétexte que le langage utilisé par Séguin ne serait pas partagé par la confrérie des sociologues ou par certains historiens. Il resterait à ces gens-là de nous démontrer que les spécialistes des relations internationales, entre autres, ne pratiquent pas une forme d’ésotérisme dans leur manière d’analyser les rapports entre les sociétés nationales indépendantes dans le monde. D’ailleurs, la douzième subdivision du Chapitre troisième qui s’intitule : « Exposé sommaire des problèmes de la vie et de l’organisation internationale » est très accessible et correspond à ce qui se dit en histoire et en sociologie politique en ce qui concerne les relations internationales. Toute l’originalité de Maurice Séguin, réside dans le fait qu’il insiste sur la notion de « vie » en société et forcément de « vie » internationale. Cette vie a existé dans le passé et on la retrouve encore aujourd’hui. Conséquemment, « les mêmes problèmes fondamentaux continuent à se poser ». Est-il légitime de se poser les deux questions suivantes sans donner dans l’ésotérisme ?

En premier lieu : « Peut-on s’organiser entre NATIONS en vue de la paix et de l’efficacité ? »

En deuxième lieu : « Peut-on éviter les formules traditionnelles : équilibre avec hégémonie ou empire avec centre fédérant, dominant ? »

Ces questions ne pourraient-elles pas « servir à l’histoire (des deux Canadas) » ? Quel mal y a-t-il à éclairer la notion de « fédération » par le biais « des problèmes de la vie et de l’organisation internationales » ?

Dans les propos de Maurice Séguin rien n’est laissé dans l’à-peu-près ou dans l’ombre. Ce qui est dit est dit. Tous les mots sont judicieusement choisis et les idées rigoureusement organisées, si bien qu’il est difficile de ne pas comprendre, mais il est fort possible de refuser de comprendre. Si l’on comprend Les Normes, il y a deux attitudes possibles : la première, les approfondir le plus possible et faire progresser notre connaissance de l’histoire ; la seconde, s’opposer à la conception des Normes même si l’on comprend ce que cela peut vouloir dire. Dans ce deuxième cas, il est absurde de s’acharner pendant des années à répéter que Les Normes sont dépassées et ésotériques. C’est plus qu’un abus de langage. C’est manifestement de la mauvaise foi et du mépris.

Bruno Deshaies

NOTES

(1) Les Normes de Maurice Séguin. Le théoricien du néo-nationalisme. Montréal, Guérin, 1999, iv + 273 p. (Coll. « Bibliothèque d’histoire » sous la direction d’André Lefebvre). Ouvrage préparé par Pierre Tousignant et Madeleine Dionne-Tousignant. Histoire de deux nationalismes au Canada. Montréal, Guérin, 1997, xxvii + 452 p. (Coll. « Bibliothèque d’histoire » sous la direction d’André Lefebvre). Texte établi, présenté et annoté par Bruno Deshaies.

(2) Il faut noter que dans la Table ronde consacrée à « La place de Maurice Séguin dans l’historiographie », monsieur Jean-Pierre Wallot a été remplacé par BRUNO DESHAIES. L’exposé de ce dernier a porté essentiellement sur la question qui suit : « Maurice Séguin occupe-t-il une place unique dans l’historiographie ? » En guise de notice biographique, il a rédigé une thèse de doctorat sur l’« Évolution des États du Québec et de l’Ontario entre 1867 et 1871 » sous la direction de Maurice Séguin. Il a enseigné dans diverses institutions universitaires l’histoire et la didactique des sciences humaines et assumé la direction de l’enseignement des sciences de l’homme au Ministère de l’Éducation du Québec. Ses principales publications : Comment rédiger un rapport de recherche, Méthodologie de la recherche en sciences humaines (traduit en portugais) et Histoire de deux nationalismes au Canada par Maurice Séguin.

(3) Bruno Deshaies, « Petite leçon sur l'indépendance par Maurice Séguin. » Dans VIGILE.NET, 15 février 2001, chronique no 149.