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«« Caisse de dépôt et placement du Québec
«Bâtir plus fort»
Jean-Claude Scraire
L'auteur est président du conseil et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du
Québec (CDP) et président du conseil de CDP Capital. Ceci est un extrait de la
lettre remise au conseil de la Caisse.
La Presse Le samedi 18 mai 2002
Forum - Dans le document que je
dépose aujourd'hui aux membres du conseil d'administration, je formule des
recommandations, qui sont également remises à Madame la ministre des Finances,
visant une révision importante de la gouvernance d'entreprise de la Caisse de
dépôt et placement du Québec.
Étant donné que certaines de ces
recommandations touchent au poste que j'occupe, j'ai résolu, pour en faciliter
la discussion et l'application subséquente, le cas échéant, de recommander au
conseil, ainsi qu'au gouvernement, d'entreprendre le processus en vue de mon
remplacement.Je crois qu'au moment où commence ma huitième année à la présidence
d'une institution remarquable où, le 21 mai prochain, j'aurai oeuvré depuis 21
ans, jamais la Caisse n'a été aussi prête à effectuer la transition ordonnée et
réfléchie de sa direction. En effet, tous nos secteurs d'activité sont dirigés
par des gens de très grande compétence et en pleine maîtrise de l'organisation,
et l'institution s'est donné des orientations stratégiques claires et auxquelles
adhèrent pleinement l'ensemble du personnel, la direction et le
conseil.
En outre, nous avons dégagé pour nos déposants un rendement
financier enviable sur 7 ans, y compris la difficile année 2001, et sur une base
sectorielle nos équipes spécialisées surpassent nettement les objectifs fixés.
Enfin, signe de la qualité de sa gestion, de sa rigueur, de son contrôle des
risques et de sa solidité financière, le groupe financier de la Caisse obtenait
il y a quelques jours des agences spécialisées en crédit les meilleures cotes
disponibles sur les marchés mondiaux, et notamment le marché canadien.
Au
chapitre de l'action en appui à l'économie québécoise, les équipes de la Caisse
sont plus présentes que jamais dans les différentes régions et les divers
secteurs d'activité, et elles y obtiennent le rendement financier
recherché.
Grâce à l'appui de ses déposants, au travail de
son conseil, et au soutien de l'Assemblée nationale qui lui a conféré les
pouvoirs appropriés pour ce faire, la Caisse a pu déployer avantageusement ses
équipes à travers le monde, desservir plus de clients, accroître l'expertise de
son personnel, et par conséquent son potentiel de performance supérieure, pour
le bénéfice de ses déposants, ses propriétaires véritables, mais aussi de
l'ensemble de la communauté québécoise et particulièrement de l'industrie de la
gestion de fonds.
La Caisse est ainsi devenue au fil des ans un acteur
important sur l'échiquier mondial qui, fort de sa réputation à l'échelle
internationale, positionne partout le Québec comme centre d'excellence et de
compétence en gestion de fonds, et peut concurrencer les grands investisseurs
internationaux.
Grands gestionnaires mondiaux
Je ne saurais
ne pas réitérer ma conviction profonde que, dans le contexte actuel de
consolidation des grands gestionnaires de fonds à l'échelle mondiale, s'il reste
au Québec et dans l'ensemble du Canada une firme de gestionnaires capable de
faire partie dans 10 ans du peloton de tête des grands investisseurs de la
planète, c'est bien la Caisse et son équipe. Et je ne serais pas étonné qu'il
n'y en ait pas d'autres. Ce défi d'avoir une grande institution nationale basée
au coeur du milieu des affaires de Montréal et bien présente dans la capitale et
dans les régions, est étroitement lié à la solidarité de nos
déposants-propriétaires dont nous devons continuer de mériter la confiance, et à
l'appui des corps publics et politiques. Il exige également, et à tous égards,
que nous sachions adapter nos méthodes et nos approches afin de nous donner les
moyens de faire toujours mieux. C'est dans ce contexte qu'il y a lieu d'étudier
mes recommandations sur la gouvernance d'entreprise, présentées dans le document
intitulé «Moderniser pour bâtir plus fort». (...)
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