«« Caisse de dépôt et placement du Québec

Une SGF pour l'ensemble des Québecois

Jean-Yves Duthel,
Vice-président aux relations publiques de la SGF
Le Soleil Le lundi 27 mai 2002



(Réactions à l'éditorial du 23 mai de J.-Jacques Samson intitulé SGF Montréal) Tous les analystes économiques québécois, canadiens et même américains s'accordent pour constater que l'économie québécoise traverse une période de performance positive plus que notable, au moment même où nous sortons d'une quasi-récession et où l'économie américaine a connu une profonde récession de son secteur manufacturier.

Les quatre paramètres que sont le niveau de chômage, l'évolution du nombre d'emplois, le taux d'emploi et la progression du PIB sont, à cet égard, éloquents. Et il se trouve que la mission de la SGF se situe justement dans sa capacité d'influencer positivement ces paramètres.

Les investissements Ce que les investissements de la SGF démontrent, c'est qu'ils ont été un des ingrédients qui ont permis d'atteindre ces objectifs.

Croire que les investissements de la SGF se seraient réalisés sans elle est un leurre pour la presque totalité de ceux-ci. Lorsque nous avons attiré au Québec 57 partenaires privés étrangers, aucun de ces derniers n'avait même envisagé de s'installer ici. Et il faut rappeler que la SGF n'est pas un organisme subventionnaire mais participe au capital-action des entreprises. Tous ces investissements se font, qui plus est, à partir d'une stratégie ciblée dans une dizaine de secteurs du développement économique et sur une base de création d'emplois à haut savoir, donc dans le cadre ardu de la concurrence mondiale.

L'espagnol CEPSA qui construit dans l'est de Montréal une usine pétro-chimique propre et sophistiquée, le luxembourgeois CFL qui vient de débuter les opérations de son usine de Granby en haute technologie, le norvégien Raufoss qui va produire dans les Laurentides des suspensions d'auto en aluminium et tous les autres n'avaient nullement envisagé le Québec comme lieu de production. Certes, beaucoup d'entre eux se seraient installés en Amérique du Nord, mais pas au Québec et avec le soutien des intervenants américains.

Lorsque certains affirment que des investisseurs québécois qui font affaire avec la SGF peuvent se passer d'elle, comment expliquer qu'ils ne le fassent pas ? Personne ne met de fusil dans le dos de quiconque dans une société capitaliste où le libre-marché et la concurrence sont rois. Demandez à Kruger si la Wayagamack se serait faite à Trois-Rivières sans la SGF ; demandez à Concert si l'usine de Gatineau existerait ; demandez à Tembec, à IDI à Québec, àÆterna, à Olymel, à Sacopan, etc.

Dans le cas de la Gaspésia, aucune commande politique n'a été remplie. La SGF, tout d'abord, a un conseil d'administration totalement composé de gens d'affaires du privé. C'est leur faire injure que de prétendre qu'ils répondent à des commandes politiques, car cette époque est close depuis belle lurette. C'est lorsque Tembec, un opérateur privé québécois de solide réputation, a décidé de se joindre au groupe que nous avons embarqué. Le projet a alors été révisé afin d'optimiser le processus de production de la nouvelle technologie qui était déjà prévue.

En plus, dans ce cas, il faut souligner avec force que notre conseil représente l'ensemble des Québécois et n'est donc pas désincarné face à des catas-trophes comme celle qui est survenue en Gaspésie.

Les régions La SGF néglige-t-elle les régions au bénéfice de Montréal ? Il d'abord cocasse de lire qu'il n'est pas prouvé que nos investissements ont l'impact positif sur l'économie que nous prétendons, et se faire reprocher de ne pas les situer en région. De deux choses l'une : ou nos investissements n'ont pas ces impacts positifs et alors les situer en région ne servirait à rien, ou ils les ont et cela profiterait aux régions. Nous optons pour la deuxième solution…..avec chiffres à l'appui.

Depuis presque cinq ans, les investissements de la SGF et de ses partenaires privés en région se sont notablement multipliés, Alors qu'en 1997, il n'y avait que 7 investissements sur 18 qui se situaient à l'extérieur de Montréal, aujourd'hui, 118 investissements sur les 173 réalisés par la SGF depuis sont en région, soit 68 %. Sur les 43 000 emplois créés, 23 700 sont en dehors de l'île de Montréal et sur les 7,5 milliards $ investis (et non 3 milliards comme cela fut écrit), quatre seront allés dans les diverses régions du Québec.

Plus spécifiquement, pour la région de la capitale nationale, la SGF et ses partenaires y ont créé 3,3 % du total des 43 000 emplois, alors que sa part de la valeur ajoutée manufacturière (façon reconnue de calculer le poids d'une entité par rapport à un tout) au Québec est de 4,7 % ; nous sommes donc en-dessous, mais légèrement et non de façon grossière. Que l'on puisse faire mieux, personne n'en doute, encore faut-il développer des projets , et ultimement c'est le partenaire privé qui choisit le site d'installation.

Le travail amorcé entre la SGF et plusieurs régions du Québec, y compris avec les intervenants de la capitale nationale, laisse croire que les années à venir verront se réaliser plus d'investissements que par le passé. Il ne faudrait pas alors accuser la SGF de solliciter trop d'entrepreneurs…

En conclusion, nous croyons que la SGF exécute son mandat qui consiste à investir avec des partenaires privés afin de développer l'économie québécoise selon des critères de rentabilité tout en prenant, avec mesure, les risques nécessaires. Nos activités ne coûtent rien aux Québécois et ramènent pour certains un emploi, en créent pour d'autres et génèrent, pour l'ensemble de la collectivité, des profits.