«« Caisse de dépôt et placement du Québec

Quel patron? Quelle Caisse?

André Pratte
La Presse Le mardi 28 mai 2002



Le gouvernement aurait offert la présidence de la Caisse de dépôt et placement à l'actuel patron de la Banque Laurentienne, Henri-Paul Rousseau. M. Rousseau jouit d'une excellente réputation, mais il n'est pas du tout certain qu'il accepte ce poste.

Avant de procéder à la nomination du successeur de Jean-Claude Scraire, le gouvernement Landry devrait s'assurer que son choix obtient l'aval des partis d'opposition à l'Assemblée nationale. Rien dans la loi ne l'y oblige, mais ce serait le meilleur moyen de lever les soupçons qui ont cours sur l'indépendance politique de la Caisse. De toute façon, compte tenu de l'importance considérable de la Caisse, à la fois comme gestionnaire de fonds publics et comme agent économique, il serait normal que son président soit nommé par consensus.

Le départ de M. Scraire fournit aussi l'occasion rêvée pour corriger des failles évidentes dans la gouverne de la Caisse, et pour réfléchir collectivement sur son mandat. Cette dernière réflexion est essentielle, mais prendra du temps. La Caisse ne peut être privée de grand patron aussi longtemps.

Pour ce qui est de la gouverne, certaines questions font consensus, en particulier la séparation des fonctions de président du conseil et de directeur général. Le gouvernement pourrait rapidement lancer la réforme en modifiant la loi en ce sens, et en nommant des dirigeants qui acceptent la nouvelle structure. Pour ce qui est de la redéfinition du mandat de la Caisse, la tâche devrait être amorcée en commission parlementaire.