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«« Modèle québécois
«« PLQ «RÉINVENTER LE QUÉBEC»
Un gouvernement qui se substitue aux investisseurs
Carol Néron
Le Quotidien Le mercredi 4 septembre 2002
L'obésité de l'appareil
étatique québécois, avec sa pléthore de sociétés publiques, d'offices de toute
nature et d'organismes voués au développement socio-économique des
collectivités, est dénoncée sur tous les tons autant par les libéraux que par
les adéquistes. L'interventionnisme du gouvernement Landry, conséquence directe
de cette réalité coutumière, est également considérée par Jean Charest et Mario
Dumont comme des handicaps majeurs.
Ces constats reviennent régulièrement à
l'avant-plan de l'actualité politique, surtout depuis que l'odeur tenace d'une
élection générale flotte dans l'air. En raison de la philosophie
social-démocrate qu'il se fait un devoir de défendre depuis sa fondation et de
son empressement à s'impliquer dans maints dossiers relevant de l'entreprise
privée, le Parti québécois représente un plat de choix pour les partis
d'opposition. L'intention manifestée par Bernard Landry d'intervenir dans le
dossier de la relocalisation à Rivière-du-Loup des Viandes Du Breton donnera
certainement encore plus de poids aux critiques dont lui et son parti font
l'objet. Personne n'osera en vouloir aux gens de Notre-Dame-du-Lac de tout
mettre en oeuvre pour trouver une solution à leur problème. Pour eux, en effet,
l'implication du Premier ministre en personne représente certainement un atout
inespéré. Cela dit, quand le chef du gouvernement décide de se commettre
personnellement à titre de médiateur dans un dossier de relocalisation d'un
abattoir, on est en droit de se demander si, effectivement, l'importance de
l'État dans la vie quotidienne des citoyens n'est pas en train d'atteindre un
point de non-retour. L'implosion menace...
Manoeuvre politique
Au
plan politique, certes, Bernard Landry a au moins une bonne raison de tenter
d'intervenir, car qui dit Rivière-du-Loup dit également Mario Dumont. Cette
ville est le chef-lieu du comté du chef de l'Action démocratique. Il y a là des
intérêts électoraux à défendre ou à promouvoir. Le même raisonnement peut
d'ailleurs s'appliquer en ce qui concerne Notre-Dame-du-Lac. Il n'en demeure pas
moins que le Premier ministre banalise par son geste la fonction même du chef de
l'État. Toute proportion gardée, les quelque 400 emplois de
Notre-Dame-du-Lac représentent pour cette communauté un actif tout aussi
précieux que les 1500 travailleurs de GM à Boisbriand. Il n'en demeure pas moins
que ces deux cas, pour douloureux qu'ils soient, relèvent uniquement de
l'entreprise privée. Le dossier des Viandes Du Breton, s'il doit connaître
une issue favorable grâce aux bons offices de Bernard Landry, se règlera à n'en
pas douter dans la foulée de l'octroi d'une subvention assortie de crédits
d'impôt ou de taxes échelonnés sur plusieurs années. La routine, en somme. La
General Motors a d'ailleurs bénéficié de ce genre de largesses il y a 40 ans
pour s'établir à Boisbriand. Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de tirer sa
révérence.
L'argent des autres
Le penchant trop grand de l'État,
qui intervient à tour de bras dans l'entreprise privée pour toutes sortes de
raisons, en particulier en distribuant généreusement des subventions, n'est pas
uniquement le fait du Parti québécois...quoique ce dernier ait institutionnalisé
cette pratique en y ajoutant de la valeur à chacun de ses mandats. Les
politiciens, peu importe leur couleur, ont la fâcheuse habitude de s'attirer des
votes ainsi. Quand ça va mal dans une entreprise copieusement subventionnée et
qu'ils pressentent avec raison que l'électorat pourrait les accuser d'avoir agi
avec trop de précipitation; ou encore quand la possibilité se présente de
récolter rapidement un certain capital politique, quittes à devoir utiliser
l'argent public pour bien paraître, ils n'hésitent pas à intervenir directement
sur le terrain. Ce faisant, les politiciens se substituent à l'entreprise
privée, ils réduisent leur rôle en devenant de simples investisseurs. Avec de
l'argent qui ne leur appartient pas, le nôtre en l'occurence! Le tout la plupart
du temps avec des résultats mitigés...
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