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«« Éditorial Bernard Frappier
Vigile
26.12.00
Depuis son arrivée au PQ comme "sauveur et hérault de la souveraineté", en 1995, Lucien Bouchard a manifestement joué TOUTES ses cartes. Et quel jeu... de bluff !
Depuis la Grande défaite du 30 octobre 1995, il y avait de la morosité dans l'air; on l'a assez dit. Les adversaires s'en sont assez gargarisés. Une morosité persistante... L'affaire Michaud, avec la motion de blâme, sans nuance et sans débat, de l'Assemblée nationale, aura eu l'effet d'un véritable coup de tonnerre dans le ciel péquiste. Fin de la morosité.
Dans cette affaire, le chef du PQ aura réussi à tourner vers lui les projecteurs et à mettre en scène, dans un rôle répugnant, celui vers qui se tourneront maintenant les questions les plus dures et les plus intransigeantes.
La morosité fait maintenant place au ras-le-bol. Fin de la monopolisation de la parole par le Bunker. Il appartient aux militants de faire comparaître le chef de leur parti. Aux souverainistes d'exiger des comptes. Puis aux citoyens de tirer leurs conclusions.
Ceci dit, pour des militants de plus en plus nombreux, une chose est sûre : ça a assez duré. Ça fait 60 mois que ça dure et c'est assez.
Lucien Bouchard n'a pas fait la job. C'est peu dire !
Il a réussi à écarter les "purs et durs", au grand ravissement de ses ti-zamis de la Grosse Presse, qui lui conseillent d'en mettre encore plus, d'aller jusqu'au bout et de purifier le parti, une fois pour toutes, en éliminant ceux qui croient dans l'Article premier de son programme...
Il a réussi à aggraver la démobilisation des militants et à dissuader les adhérents potentiels au parti.
Il a réussi à neutraliser les "promotions agressives" de la souveraineté, tout en culpabilisant les militants laissés à eux-mêmes... sans ressources.
Il a réussi à renforcer la suspicion et la confusion sur ses véritables intentions, au point où certains le croient encore fédéraliste, où les adversaires ont inventé la formule "idiot vote" pour ridiculiser la confusion de l'électorat québécois sur ses véritables objectifs ...
Lucien Bouchard ressemble de plus en plus à une caricature du "Sauveur et Hérault de la souveraineté", tellement il réussit dans ses rôles d'éteignoir et de freineur de la marche vers l'indépendance nationale.
Il réussit tellement bien, et de manière si contraire aux objectifs du parti qu'il dirige, qu'il est à se demander s'il n'a pas été payé pour le faire !!!...
Malgré ce qui a toutes les apparences de la "tricherie", les appuis à la cause souverainiste ne se démentent pas; ils se maintiennent, même ils augmentent s'il faut en croire le sondage réalisé par Sondagem pour le compte de la Société nationale des Québécois
de la Capitale (SNQC). Imaginez le résultat si Bouchard avait fait une promotion soutenue et planifiée de la souveraineté !
Lucien Bouchard a reçu, au Congrès national du PQ de mai dernier, un vote de confiance de 91% de la part de ses militants. Il est le chef de parti le plus populaire au Québec. On peut se poser deux questions. Auprès de qui ? Pour combien de temps? ...
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