«« «Livre noir» sur le Référendum de 1995

Alliance Québec relance le débat sur les bulletins rejetés lors du référendum de 1995

Des bulletins de vote rejetés lors du référendum de 1995 seront exposés un peu partout dans la région métropolitaine par Alliance Québec au cours des prochaines semaines.

MONTREAL (PC 3.8.00) - Alliance Québec a présenté à la presse, mercredi, des photocopies de 150 bulletins de vote qui avaient été rejetés, à tort selon le groupe de pression anglophone, lors du référendum sur la souveraineté d'octobre 1995.

Ces photocopies seront placardées sur les murs aux quatre coins de la ville, au cours du week-end.

"C'est une question de savoir si oui ou non nous vivons dans une démocratie ouverte et équitable", a déclaré mercredi l'avocat d'Alliance Québec, Michael Bergman, lors d'une conférence de presse.

Il soutient que de nombreux bulletins de vote rejetés n'auraient jamais dû l'être, et que des scrutateurs se sont dans bien des cas trompés en jugeant que certains bulletins n'avaient pas été enregistrés adéquatement. Par exemple, si un bulletin était marqué d'un "V" au lieu d'un "X", il était rejeté.

Au total, lors du référendum, 86 501 bulletins ont été écartés. Cependant, on ne sait pas quelle proportion de ce nombre était favorable à chacun des deux camps en présence.

Le soir du 30 octobre 1995, le "Non" l'avait emporté par une mince marge, d'environ 53 000 voix, à 50,6 contre 49,4 pour cent en faveur de la souveraineté.

Le groupe de pression se bat devant les tribunaux pour obtenir l'autorisation d'examiner les 4 757 509 bulletins de vote du référendum. Alliance Québec a déjà investi 47 000 $ en frais juridiques dans ce dossier, et espère recueillir 53 000 $ de dons pour poursuivre sa démarche. Normalement, la cause devrait être entendue devant la Cour supérieure du Québec d'ici un an.

"Le fait que le gouvernement du Québec encourage et facilite la falsification des bulletins de vote de ses citoyens contredit complètement tout ce qui fait la fierté de notre pays", écrit le groupe de pression dans un document remis à la presse.

Mais quand un journaliste a demandé au président d'Alliance Québec s'il fallait conclure de cette affirmation qu'il considérait que le gouvernement du Québec avait manipulé le vote lors du référendum, Anthony Housefather a reculé. "Ca ne peut pas être notre position parce que nous n'avons aucune preuve à l'appui", a-t-il répondu, expliquant que le document avait été préparé par des bénévoles de l'organisme.