«« RIN et les précuseurs de l'indépendance

Hommage à Raymond Barbeau
Pionnier de l’indépendance

Léandre Fradet
TRIBUNE LIBRE 13.10.2002




Le 25 janvier 1957, un jour d’espoir et de confiance s’élevait à l’horizon qui allait marquer profondément un tournant d’importance au nationalisme québécois, alors battu en brèche, en cette fin de décennie. Un tournant salvateur qui allait heureusement à contre-courant idéologique des tenants de Cité libre, à la Pierre Elliot Trudeau, à la Gérard Pelletier et comparses du même acabit; notamment un certain individu nommé Maurice Lamontagne qui prêchait ouvertement l’intégration lucide, c’est-à-dire, l’assimilation!

Or, en ce jour d’espoir et de confiance (il a 45 ans!) un jeune homme de 26 ans!, doué d’une très vive intelligence et clairvoyante, d’une éminente culture et de connaissances phénoménales; audacieux et énergique, fonde le premier mouvement indépendantiste contemporain, l’Alliance laurentienne. N’eut été de la clairvoyance de ce prophète et théoricien de l’indépendance, il n’y eut probablement pas de Rassemblement pour l’indépendance nationale (1960) des co-fondateurs Marcel Chaput et André d’Allemagne, ni de Parti républicain du Québec (1963) de Marcel Chaput; ni de Ralliement national (1966) du Dr René Jutras; surtout point de Mouvement Souveraineté-Association (1967) de René Lévesque, devenu Parti québécois (1968); certainement point de référendums de 1980 et de 1995. Charles de Gaulle n’aurait point pu s’écrier; « Vive le Québec libre ». …

Sur invitation du soussigné, le 22 février 1959 (il y a 43 ans) Raymond Barbeau vint à Québec, alors qu’à sa demande, j’eus l’honneur d’organiser un déjeuner avec la collaboration précieuse de Roméo Patry, un brave indépendantiste convaincu, et au cours duquel déjeuner Raymond prononça sa première conférence officielle dans la Capitale nationale, comme président-fondateur du mouvement indépendantiste, au restaurant À la Porte Saint-Jean (Aujourd’hui, Le Bistro), et dont le thème était : « La Laurentie est-elle possible? ».

Le 5 mars 1992 (il y a dix ans) mourait ce personnage courageux. Hélas, victime du silence obscur ou d’un complot (?) des médias, le décès de cette brillante personnalité, détentrice de la plus haute décoration de l’Organisation des Nations-Unies, le Prix Dag Hammarskjöld, dans le domaine des sciences (1983), passa inaperçu. Par surcroît, Père fondateur et précurseur du mouvement indépendantiste québécois contemporain, il n’y eut point de reportage pour commémorer la souvenir de ce grand pionnier de l’indépendance.

Quelle injustice! Envers ce pionnier de la cause nationale indépendantiste! Incroyable! Incompréhensible!

Merci Raymond Barbeau.

Léandre Fradet Québec
Le 2 octobre 2002 (30)