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«« Poésie
Ce que Monsieur Marco Micone présente comme son oeuvre,
n'est en rien son poème, mais un plagiat et une
censure, du révisionnisme littéraire, où il
pervertit, détourne, banalise, nie un des textes
fondateurs de la poésie québécoise contemporaine : SPEAK WHITE de Michèle Lalonde.
En tant que membre du "Comité d'aide au groupe
Vallières-Gagnon" puis du "Comité d'aide aux
Prisonniers Politiques du Québec", en tant qu'ancien
prisonnier politique en Octobre 1970, en tant que
dernier président de la défunte Fondation OCTOBRE 70,
je proteste avec indignation.
Michèle Lalonde a écrit ce poème plaidoyer en 1968, pour le premier spectacle de "Chansons et poèmes de la
Résistance" et le financement des prisonniers
politiques québécois. Non seulement les militants
ont-ils vu là un texte flambeau, mais ce poème nous a
grandis, nous a confortés dans notre détermination à continuer le combat de la justice sociale.
Voilà qu'un nouvel arrivant, avec quelque réputation
du côté du théâtre, s'empare de ce texte symbole de nos blessures, de nos humiliations, il en fabrique une
version javellisante, où le mépris n'est jamais dans
le texte qu'on lit, mais dans la perversion, le
détournement, le nivellement du texte qu'on censure.
Monsieur Micone, votre plagiat vous déshonore. Nous le
recevons tel un crachat perpétuel sur la noblesse et
la vérité du combat que des poètes de ce temps
continuent de livrer. Nous vous nions le droit de nous
insulter, de contribuer à stigmatiser ceux et celles
qui ont subi dans le déshonneur encore perpétué,
l'emprisonnement politique du Canada. Nous vous nions
le droit de faire votre réputation sur le dos de
Madame Michèle Lalonde. Nous vous accusons de
malhonnêteté, de mauvaise foi. Envoyez votre texte au
dépotoir de l'Histoire, c'est tout ce qu'il mérite !
Gaëtan DOSTIE
Vigile
Ayant été trop occupé depuis deux jour, ce n'est que ce matin que j'ai lu les divers messages sur AVG. J'approuve entièrement notre ami Rhéaume lors
qu'il interpelle le B'nai Brith concernant les propos de Sheila Coops.
Mais c'est surtout le message de Gaetan Dostie qui m'a le plus "titiller".
En effet dans son message «POUR EN FINIR AVEC LE PLAGIAT DE MICONE», monsieur Dostie n'y va pas de main morte. Je ne peux dire s'il a raison ou pas de parler de plagiat, car je n'ai pas lu le texte de Micone. Ce qui m'a dérangé par contre c'est une toute petite phrase dans son texte, ie.:«Voilà
qu'un nouvel arrivant...» m'a directement frappé au visage.
Que l'on accuse Micone de plagiat c'est une chose, qu'on ait peu de respect
pour son oeuvre c'est aussi une chose, mais pourquoi écrire cette phrase malheureuse ? Que l'on me comprenne bien, je suis contre la rectitude politique car selon moi c'est une autre forme de censure de la libre pensée, mais qu'on utilise ces termes pour «abaisser» quelqu'un je trouve celà méprisant. On ne devrait pas utiliser ce genre d'argument dans nos
différents, car l'intolérance de ce type fait en sorte que les Québécoises et Québécois se font accuser de xénophobie, d'étroitesse d'esprit, mais
surtout, de racisme.
Soyez assurer que cette petite phrase sera répertoriée dans le spicilège 2001 des expressions du racisme québécois du B'nai Brith. Une fois de plus
...
Yves Sabourin
Montréal
Je suis d'accord avec Monsieur Sabourin d'autant plus que le 'nouvel
arrivant' a une feuille de route au Québec et une appartenance qui ne laisse pas de place au doute. Monsieur Dostie s'est trompé de cible et de loin. Il aurait dû s'informer sur la personne. Je suis certain
qu'il n'aurait pas eu de tels propos.
(Italie, le 23 mars 1945 - ) Dramaturge, Marco Micone immigre au
Québec en 1958. Il étudie la littérature française à Loyola et à l'Université McGill, où il obtient sa maîtrise en 1971. Sa thèse
porte sur le théâtre de Marcel Dubé. Pendant les années soixante-dix, il milite au sein de groupes de gauche et se porte à la défense du français au Québec. Marco Micone travaille aussi comme animateur culturel dans divers médias, surtout auprès des immigrés italiens de
Montréal. Son intérêt pour la communauté italienne et pour le phénomène de l'immigration l'amène à faire différentes interventions
publiques. Professeur de langue italienne au Collège Vanier, il a
également conçu des cours permettant aux étudiants italiens de se réapproprier leur culture, dans le but de prendre en main leur devenir québécois. Il intervient régulièrement dans les journaux tout
en écrivant trois pièces de théâtre sur la condition immigrante et un poème intitulé Speak What, réponse au célèbre Speak White de Michelle
Lalonde.
Marco Micone a été membre du conseil d'administration du Centre d'essai des auteurs dramatiques en 1984 et 1985. Il obtient le Grand Prix du Journal de Montréal 1989 pour sa pièce Déjà l'agonie qui constitue le dernier volet de sa trilogie consacrée aux problèmes de l'immigration italienne. Son recueil de récits autobiographiques, Le Figuier enchanté, lui a valu le Prix des Arcades de Bologne en 1992. Il est membre de l'Union des écrivaines et écrivains québécois depuis
1982.
Gilles Parent
DE L'HOMMAGE DU GRAND INQUISITEUR
Ainsi un Grand inquisiteur décide que le viol
littéraire ne peut être qu'un hommage. Malgré que nous lui disions que cela nous fait mal, nous blesse, nous
tue, il nie que nous puissions souffrir. Speak quoi!
En outre, nous devrions remercier notre violeur, car,
seconde loi de ce juge, il existe un droit à
l'intertextualité légitime, un droit dont Monsieur
Micone jouit. Il peut donc s'attaquer à n'importe quel
texte, de n'importe quel auteur, spoliant droit
d'auteur, jouant de l'injure comme si c'était un fouet
que nous réclamerions ou que nous mériterions. Speak
slave!
Pour ne pas répondre au problème d'éthique on fabrique un problème ethnique, tant il est vrai que ce monsieur
ne s'est pas attaqué à n'importe quel texte n'est-ce
pas ! Qui est l'ethnique de l'autre ? Speak where!
Non seulement avons nous affaire à un Grand
Inquisiteur, mais à un bourreau, son chiffon est
imbibé d'un fiel tel qu'il souhaite mettre le feu à un
bûcher. Sa couleur est d'un sang si évident, qu'il
faut s'interroger sur ce qui anime un tel être ?
Quelle haine l'habite ? Quel hommage en effet ! Speak
sheep!
J'imagine que tout Grand Inquisiteur ne vit que pour
égorger. Plus rouge que ça comme hommage... La feuille
d'érable peut bien avoir tout perdu de son vert !...
Vive le Québec Libre.
Gaëtan Dostie
Monsieur Dostie, il faut croire que le texte de Micone vous a pour le moins
blessé, car le mot viol utilisé dans votre texte est pour le moins violent. Je dois donc comprendre que la blessure est profonde. J'ai lu le texte de Michèle Lalonde du magnifique «Speak white», mais je n'ai pas lu celui de Micone intitulé »Speak what», est-ce possible que quelqu'un m'indique où puis-je le lire sur le web, à ce moment là je pourrai me faire une idée précise.
Je me répète certes, mais il faut croire que le texte de Micone a blessé très profondément notre ami Dostie pour qu'il réagisse de la sorte.
Yves Sabourin
Cher Yves Sabourin,
Le texte de Micone est sur ce Forum (et sur "Vigile" je pense). J'ai
lu et relu aussi "Speak White" et je ne comprends pas pourquoi
M. Dostie est si mécontent du texte de Micone. Je trouve au contraire que ces deux textes s'appellent et que le texte de Micone attire
l'attention sur des renversements possibles de conjonctures tout en
appelant à la fraternité. Je trouve le texte de Micone si fort qu'il m'amène à penser que la question de la nation est liée à la définition même de la citoyenneté, c'est-à-dire de l'humanité. À la place des Québécois, je serais fier d'une telle production éthique et poétique,
José FONTAINE (Wallonie)
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