Droits linguistiques des minorités :

Le Québec est un exemple pour les autres provinces

Hélène Buzzetti, Le Devoir – 16 Février 2002 (MRI)



Le ministre responsable des langues officielles à Ottawa, Stéphane Dion, estime que les Anglo-Québécois reçoivent un meilleur traitement que bien des francophones en situation minoritaire ailleurs au pays et que les provinces devraient imiter le Québec pour accorder les mêmes protections à leurs minorités.

"Il serait souhaitable que les minorités de toutes les provinces bénéficient des protections constitutionnelles reconnues aux Anglo-Québécois et aux Franco-Manitobains ou du bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick", a lancé M. Dion hier après-midi à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Son discours, qu’il présentait devant des membres de l’Association du Barreau canadien, portait sur le traitement "symétrique et asymétrique" des droits linguistiques au Canada.

Stéphane Dion avait déjà pris la défense de la loi 101 par le passé, mais hier, il l’a presque érigée au rang de modèle à suivre par les provinces canadiennes où le français n’a pas la partie facile. "La Charte de la langue française du Québec fait du français la seule langue officielle du Québec tout en reconnaissant à la minorité anglophone des garanties qui font à plusieurs égards défaut aux minorités francophones de certaines autres provinces."

Le ministre présente la charte comme une forme de "droit asymétrique dont le but est de compenser la vulnérabilité du français". En d’autres termes, il faut parfois appliquer des traitements différents pour atteindre l’égalité, et c’est le cas en matière linguistique au Canada.