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Le Québec n'abandonnera jamais sa diaspora canadienne-française et la nation acadienneJEAN-PIERRE CHARBONNEAU Ministre délégué aux Affaires
intergouvernementales canadiennes
Ministre responsable des Relations avec les
communautés francophones et acadiennes LD 25.2.2002
LIBRE OPINION - En déplorant la grande discrétion si ce n'est la pure indifférence de la classe politique et intellectuelle du Québec dans le combat des Canadiens français de l'Ontario pour la sauvegarde du caractère français de l'hôpital Monfort d'Ottawa, M. Marco Veilleux a voulu à bon droit interpeller les Québécois et les Québécoises sur leur conception de la solidarité envers leurs parents et amis de la francophonie canadienne.
Coïncidence intéressante, quatre jours avant la publication de ce texte d'opinion, je rencontrais pour la première fois, à titre de nouveau ministre responsable des Relations avec les communautés francophones et acadiennes, le président, M. Georges A. Arès, le directeur général, M. Richard Barrette et l'agente de liaison, Mme Diane Côté, de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (F.C.F.A.).
A cette occasion, j'ai indiqué clairement à mes interlocuteurs que mon intention est de contribuer à développer de façon plus significative la solidarité québécoise - tant gouvernementale que populaire avec la francophonie minoritaire du Canada. A l'instar de M. Veilleux, je vois moi aussi que notre réalité - 2 % de francophones en Amérique du Nord, 1 % de francophones dans les Amériques - ne nous permet pas de faire l'économie de la solidarité, surtout qu'il s'agit, à bien des égards, de membres de la même famille. A ce propos, il faut bien avoir à l'esprit que la grande majorité des Canadiens-français vivant au Canada anglais ont leurs racines ancestrales au Québec et que, du côté des Acadiens, leur retour dans les Maritimes après la Grande Déportation s'est fait en laissant sur leur passage des traces démographiques significatives en sol québécois.
A cela s'ajoute le fait que 90 % de parlant français au Canada vivent au Québec.
Il m'apparaît donc évident que tous les liens qui nous unissent ne doivent pas être rompus ou fragilisés par l'incompréhension mutuelle, le dogmatisme idéologique, la peur de l'avenir ou l'indifférence.
Cela dit, il faut savoir que tous les ponts sont loin d'être rompus. En fait, la réalité est plutôt que, depuis 1995, moment où le gouvernement du Québec actuel a doté l'État québécois d'une première «Politique à l'égard des communautés francophones et acadiennes du Canada», plus de ponts ont été bâtis et plus de relations se sont développées.
Pour l'année financière en cours, le budget affecté à la mise en oeuvre de cette politique a été augmenté de 40 %. Depuis 1995, 578 projets de partenariats et d'échanges ont été subventionnés et, prochainement, le gouvernement du Québec et la F.C.F.A. procéderont à une évaluation conjointe pour bonifier et accroître la portée de la Politique québécoise.
De plus, un ministre est maintenant spécifiquement responsable d'entretenir et d'amplifier la solidarité avec les communautés francophones minoritaires et, il y a à peine quelques mois, un sous-ministre adjoint a été affecté spécifiquement à ce dossier.
On conviendra, j'espère, que depuis six ans le fossé entre la majorité et la minorité francophones au Canada n'est plus aussi infranchissable que le croit M. Veilleux. Reste qu'il a raison d'utiliser le combat pour la sauvegarde de Montfort pour demander aux Québécois de pousser encore beaucoup plus loin leur solidarité et leur amitié envers ceux et celles qui ailleurs au Canada tiennent tant bien que mal le flambeau de la lutte héroïque pour l'affirmation du fait français.
Pour l'avenir, le défi reste donc un dialogue encore plus intense, un plus grand éveil des consciences et une meilleure compréhension des réalités différentes des unes et des autres, tout cela dans le respect mutuel et dans des rapports égalitaires.
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