|
Mon malaise persiste MARCO VEILLEUX Le Droit Le lundi 04 mars 2002
La présidente de S.O.S. Montfort, Mme Gisèle Lalonde, dans sa lettre publiée le 1er mars, regrette les propos d'un Franco-Ontarien qui dénonçait le manque d'appui du Québec à cette cause.
Comme je crois reconnaître la référence à ma lettre publiée le 21 février dernier, il me semble essentiel de rétablir un fait: je ne suis pas un Franco-Ontarien qui blâme les Québécois. Je suis un Québécois vivant à Ottawa depuis un an (à cause de mon travail). C'est donc à titre de Québécois que je posais un regard autocritique sur notre attitude envers le reste de la francophonie canadienne.
À la question: «Où était le Québec dans le combat pour sauver Montfort?», le texte de Mme Lalonde donne une réponse éloquente.
En traçant ce bilan des gestes de solidarité de Québécois et de Québécoises, la présidente du mouvement de sauvegarde de l'hôpital Montfort apporte des faits qui, comme à bien de mes concitoyens, étaient demeurés partiellement ou totalement inconnus. Si ma lettre n'a pu servir qu'à cela, je m'en réjouis. Et je profite de l'occasion pour rappeler qu'on ne saluera jamais assez la détermination, le leadership et l'honnêteté de Mme Lalonde et de ses collaborateurs au sein du Mouvement S.O.S. Montfort.
Mais, en tant que Québécois francophone, mon malaise persiste: si le Québec n'est pas insensible aux autres francophones du pays, pourquoi alors notre classe politique et intellectuelle ne parle jamais de cette solidarité dans son discours sur le présent et l'avenir du peuple québécois? Et pourquoi alors mes ami(e) s franco-ontariens et acadiens (ceux et celles qui m'ont appris ce que c'est que la lutte quotidienne inhérente à la condition de minoritaires en ce pays) m'avouent si souvent éprouver, à l'égard du Québec, un profond sentiment de trahison et d'abandon? Avec Montfort, les Québécois et les francophones hors Québec auraient-ils finalement retrouvé leur communauté de destin qu'on croyait perdue avec l'éclatement de la nation canadienne-française? Si oui, il me semble que dans la population, la «perception générale» est demeurée tout autre. Je ne peux que le déplorer.
Marco Veilleux,
Ottawa
|