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«« accès à l'école anglaise
LANGUE
Le projet de loi 104 préoccupe les anglophones
Norman Delisle
Presse Canadienne Le jeudi 16 mai 2002
Les groupes anglophones du
Québec se disent «préoccupés» par les modifications que le gouvernement entend
apporter à la Charte de la langue française.
Trois de ces groupes ont exprimé leurs craintes
jeudi devant la commission parlementaire qui étudie les changements qui seront
apportés à la loi. Ils ont plaidé que «la situation de la minorité anglaise au
Québec est fragile, pour ne pas dire carrément menacée en régions».
Le
projet de loi 104, actuellement à l'étude devant l'Assemblée nationale, vise à
fermer une échappatoire par laquelle quelque 7500 enfants ont pu accéder à
l'école anglaise depuis 1977. L'échappatoire consiste à envoyer son enfant à
l'école anglaise privée non subventionnée pendant une courte période, ce qui
qualifie aussitôt cet élève à accéder à l'école anglaise, en dépit des
dispositions de la Charte de la langue française.
Le projet de loi 104
vise à faire en sorte que la fréquentation d'une école anglaise privée non
subventionnée ne donnera plus un droit permanent d'accès à l'école anglaise. «On
ne peut pas s'acheter un droit par le biais d'un truc», a dit la ministre
responsable du dossier linguistique, Diane Lemieux.
Hugh Maynard,
président du Quebec Community Groups Network, a signalé que les Anglo-Québécois
avaient pris leurs responsabilités depuis 30 ans, alors que 90 pour cent des
jeunes anglophones âgés entre 18 et 24 ans sont maintenant devenus
bilingues.
Le nombre total d'Anglo-Québécois a diminué, passant de 13,1
pour cent de la population du Québec en 1971 à 8,8 pour cent en 1996. «La
communauté anglophone a vu le nombre d'élèves fréquentant ses établissements
tomber de 250 000 en 1972 à un peu plus de 100 000 en 2001, soit une baisse de
60 pour cent en 25 ans», a dit M. Maynard.
Le projet de loi 104 ne servira donc qu'à
«pénaliser davantage» la communauté anglo-québécoise, a soutenu M.
Maynard.
Quant au député d'Outremont, le libéral Pierre-Étienne Laporte,
il a noté que le nombre d'élèves utilisant le biais de l'école anglaise privée
non subventionnée pour obtenir le droit permanent de fréquenter l'école
anglaise, avait augmenté de 481 en 1998 à 1063 en 2001. «C'est un groupe de
taille limitée, mais à croissance rapide», a-t-il dit. La question est de savoir
quelle est la gravité de la menace que représente cet échappatoire pour l'avenir
de la langue française au Québec, juge le député Laporte.
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