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«« Loi 101
SELON DIANE LEMIEUX
Protéger la langue française, une tâche ardue
Gilles Normand La Presse Le vendredi 17 mai 2002
Soucieuse de donner à la Charte de meilleurs outils,
Mme Lemieux a insisté sur la nécessité de regrouper les organismes de
protection de la langue sous la responsabilité de l'Office québécois de la
langue française.
Il est extrêmement difficile
de protéger la langue française, a soutenu la ministre responsable de la Charte
de la langue française, Diane Lemieux, hier, au début de la première séance de
consultations particulières sur le projet de loi 104, modifiant la Charte.
Soucieuse de donner à la Charte de meilleurs
outils, Mme Lemieux a insisté sur la nécessité de regrouper les
organismes de protection de la langue sous la responsabilité de l'Office
québécois de la langue française, que crée le projet de loi, afin de mieux
veiller au suivi de la situation linguistique au Québec. La ministre Lemieux
propose aussi la création du Conseil supérieur de la langue française, qui aura
pour mission de conseiller le ministre responsable sur toute la question
relative à la langue française au Québec. Un autre organisme, le Conseil de la
langue française, ne sera pas remis en question, mais il sera essentiellement
voué à la recherche.
«La modernisation de ces missions et de ces
structures vise à éviter les chevauchements, à compléter une intégration
administrative et technique qui était déjà en route et surtout à s'assurer d'une
grande cohérence dans l'application et dans la perception de la politique
linguistique», a précisé la ministre.
Le projet de loi 104, comme l'a
expliqué Mme Lemieux, comporte des dispositions pour qu'un enfant qui
fréquente une école anglaise privée, non subventionnée, ne puisse pas s'inscrire
automatiquement, l'année suivante, à une école anglaise subventionnée Cet accès
ne sera plus possible, pas plus pour les frères et soeurs de cet élève que pour,
éventuellement, sa descendance. Cet échappatoire a permis durant cinq ans à 4000
enfants de fréquenter l'école anglaise.
Un amendement à la Charte impose désormais
l'utilisation de la seule langue française dans les communications écrites de
l'administration publique. De plus, les universités et collèges devront se doter
d'une politique linguistique leur permettant de mieux jouer un rôle de promotion
du français. Les entreprises devront par ailleurs revitaliser leur francisation.
Le délai de francisation des entreprises sera raccourci de manière à ne pas
dépasser un an.
«De bonne intentions...»
Le porte-parole du Parti libéral
du Québec en cette matière, le député d'Outremont, Pierre-Étienne Laporte, qui
dirigeait encore l'Office de la langue française en 1994, a noté l'intention
d'efficacité qui animait la ministre Lemieux en présentant son projet de
loi.
«Si j'ai bien lu, le projet de loi, héritier de la Commission des
états généraux, a pour objet d'améliorer l'application de la Charte de la langue
française. Nous partageons entièrement l'intention d'améliorer l'efficacité de
la Charte, mais nous avons des réserves quant à l'efficacité des mesures
retenues», a indiqué M. Laporte.
Le député déplore que le projet de loi
ne lui paraisse pas sortir les organismes de protection de la langue de ce qu'il
a appelé le carcan ministériel. Il voudrait qu'on en vienne à demander plus
d'imputabilité aux dirigeants de ces organismes.
M. Laporte s'est étonné
que certaines personnes qu'on ne considère pas comme des alliés de la protection
de la langue française ne figurent pas dans la liste des intéressés qui
viendront déposer un mémoire. «Toutes les voix n'auront pas été entendues»,
a-t-il dit.
Francisation déficiente dans les entreprises
La
déposition de la FTQ, l'un des quelques organismes entendus hier, a fait
sursauter Pierre-Étienne Laporte, en ce qu'elle s'efforçait d'étayer que les
mesures établies pour la francisation des entreprises notamment, semblaient
insuffisantes.
«Je suis stupéfait. J'ai laissé les questions de la langue
en 1994 et en lisant votre rapport, je constate avec stupéfaction que beaucoup
de problèmes que j'avais observés à cette époque sont encore présents, sinon
qu'ils ont empiré. Cela, après huit années d'administration péquiste! En huit
ans, ce qui était vrai dans mon temps est encore tout à fait vrai aujourd'hui»,
a déploré le député libéral.
Faisant observer que la FTQ demandait que
les organismes responsables de l'application de la Charte disposent des outils
et des moyens pour réaliser leur mandat, M. Laporte s'est indigné que huit ans
après la prise du pouvoir par le PQ, on en soit encore à déplorer le même
déficit de ressources qu'au temps où il dirigeait l'Office de la langue
française.
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