«« Loi 101

La consultation sur la langue s'achève sur des consensus

Mathieu Boivin
Presse Canadienne Le jeudi 23 mai 2002



La ministre québécoise de la Culture, Diane Lemieux, retient de nombreux consensus sur les modifications à apporter à la Charte de la langue française.

Mme Lemieux a indiqué, jeudi, que «l'importance de travailler par secteurs d'activité, l'importance de l'exemplarité de l'administration publique quant à l'utilisation du français et le problème à régler quant au passage de l'école privée non subventionnée au réseau d'éducation anglophone» avaient soulevé l'approbation de la plupart des groupes entendus en commission parlementaire.

«Il faudra moderniser nos interventions, même si on ne s'entend pas sur qui, quand, comment et sur le nom des organismes», a-t-elle ajouté au terme de la dernière séance de la Commission parlementaire de la culture, qui examinait le projet de loi 104 modifiant la Charte de la langue française.

«Si on a une vision, il faut se demander quels outils on se donne, je crois qu'il y a des consensus autour de ça», a conclu la ministre.

Gérald Larose, qui avait présidé les États généraux sur la langue, l'an dernier, a quant à lui estimé qu'il «reste à recevoir une politique globale qui va intégrer l'ensemble des dimensions abordées».

Il relève également que certains «éléments structurants ne sont pas là, notamment sur la constitutionnalisation des droits linguistiques, en vue de les élever au même rang que les droits individuels. Il faut que le français soit affirmé comme incontournable. Mais il y a un débat de société à faire là-dessus.»

M. Larose déplore également que la création d'un Observatoire indépendant n'ait pas été ajouté à l'assemblage d'organismes — le Conseil supérieur de la langue française, l'Office québécois de la langue française et le Conseil de la langue française— chargés de superviser l'application des lois linguistiques.

«On croit à l'existence d'un observatoire qui aurait plus de distance et qui serait plus indépendant dans le débat public», a-t-il avancé. Selon lui, malgré l'opposition qui s'est manifestée dans le débat public contre un tel organisme, «il faudra tôt ou tard y revenir».

Du côté des libéraux, le député d'Outremont et porte-parole dans les dossiers linguistiques, Pierre-Étienne Laporte, s'est dit «d'accord avec les intentions ministérielles, qui font montre de bonne foi».

Il regrette cependant, lui aussi, qu'«il n'y ait pas d'Observatoire, où on s'interrogerait librement sur l'évolution de la situation linguistique au Québec».

Il craint qu'en noyant la fonction d'évaluation dans un organisme comme l'Office québécois de la langue française, «la possibilité de penser plus loin que le bout de leur nez va leur échapper assez rapidement».

Diane Lemieux a toutefois rappelé à tous que si le projet de loi 104 n'était pas «son idéal», il n'était pas pour autant question que les organismes se superposent et deviennent incohérents. «Il faut renforcer le suivi linguistique du Conseil, pas y ajouter un autre organisme», a-t-elle soutenu.