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«« accès à l'école anglaise
Le PLQ souhaite faciliter l'accès à l'école anglaiseRobert
Dutrisac Le Devoir vendredi 24 mai 2002
Le Parti libéral du Québec
souhaite que l'accès à l'école anglaise privée soit plus facile pour les enfants
de familles francophones ou allophones de classe moyenne. Pour ce faire, le PLQ
propose que les écoles anglaises privées et subventionnées du secondaire
puissent admettre des élèves non anglophones, ce que la loi 101 leur
interdit.
C'est la proposition originale qu'a exposée
hier le président du PLQ, Marc-André Blanchard, et qui fait partie du document
contenant les commentaires du parti sur le projet de loi 104 modifiant la Charte
de la langue française.
En marge des consultations particulières sur
le projet de loi déposé par la ministre responsable de la Charte de la langue
française, Diane Lemieux, M. Blanchard a expliqué aux journalistes que les
parents québécois ont le droit de choisir pour leurs enfants l'école de leur
choix dans la mesure où ils assument la totalité des frais de scolarité. C'est
un droit garanti par la Charte des Nations unies et les conventions
internationales, a fait valoir M. Blanchard. Ce droit est prévu dans la loi 101.
La liberté de choix en matière de langues d'enseignement existe donc dans le
réseau des écoles privées non subventionnées et les règles sur la langue
d'enseignement ne s'appliquent que dans le réseau public ou le réseau des écoles
privées subventionnées.
Un certain nombre d'enfants francophones ou
allophones reçoivent leur enseignement en anglais dans des écoles primaires
privées qui, comme la plupart des écoles de ce type, ne sont pas subventionnées.
En vertu des changements apportés par le projet de loi 104, ces enfants ne
pourront pas poursuivre leurs études à la même école au niveau secondaire qui,
quant à lui, est subventionné et soumis aux balises de la loi 101.
Après leur cours primaire, ces enfants pourront poursuivre leurs
études dans les quelques rares écoles secondaires privées qui ne reçoivent
aucune subvention du gouvernement. Mais les frais de scolarité sont prohibitifs.
«Seuls les gens très très riches peuvent les fréquenter», a signalé M.
Blanchard. «Le prix est hors de portée pour toute famille de la classe moyenne.»
La
solution du PLQ consiste à permettre à ces enfants de poursuivre leurs études
secondaires à la même école, quitte à instaurer deux niveaux différents de frais
de scolarité : ceux qui ont le droit d'aller à l'école anglaise en vertu de la
loi 101 et les autres, qui paieront des frais de scolarité supérieurs en raison
de l'absence de subventions de l'État. On pourrait donc «envisager une formule
hybride où les écoles secondaires privées subventionnés sont autorisées à
accueillir les deux clientèles», écrit le PLQ.
M. Blanchard estime
que si les règles étaient modifiées comme le PLQ le propose, un très petit
nombre d'enfants accéderaient ainsi à l'école secondaire de langue anglaise. «On
ne peut pas dire que c'est illégitime, comme choix», a-t-il dit.
Ce
choix n'accorderait aucun nouveau droit à l'enfant, a poursuivi M. Blanchard, et
il ne s'agit pas d'une échappatoire. À cet égard, le PLQ est d'accord pour
colmater la brèche qui permet à un enfant, qui n'y aurait pas droit autrement,
de recevoir son enseignement en anglais dans le réseau public ou le réseau privé
subventionné après un passage d'un an dans une école privée non subventionnée.
Avec la formule hybride envisagée par le PLQ, l'enfant fréquente l'école privée
de langue anglaise pendant tout son cours primaire.
Dans le même
ordre d'idées, l'Association des écoles privées du Québec (Quebec Association of
Independent Schools, ou QAIS) a réclamé en commission parlementaire que l'on
permettre aux enfants de parents francophones et allophones qui sont citoyens
canadiens de poursuivre leurs études dans les écoles privées subventionnées de
langue anglaise. La QAIS regroupe 25 écoles primaires et secondaires, et même
des deux niveaux dans le cas de sept d'entre elles. Ces écoles dispensent un
enseignement bilingue et biculturel pour la plupart, selon le président de
l'association, Geoff Dowd, également directeur de la Trafalgar School for Girls.
Les dispositions du projet de loi 104 visant à colmater la brèche donnant sur
l'accès à l'école anglaise sont trop restrictives, a-t-il plaidé. Si elles sont
adoptées telles quelles, 650 des 2000 élèves actuellement inscrits au primaire
ou à la maternelle ne pourront pas poursuivre leurs études secondaires en
anglais dans les écoles de la QAIS.
Élargir l'accès à l'école anglaise serait dangereux, croit Lemieux
Presse Canadienne Le vendredi 24 mai 2002
La proposition du Parti libéral du Québec d'élargir l'accès à l'école anglaise aux non anglophones est «une proposition extrêmement dangereuse», estime la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane Lemieux.
La ministre Lemieux croit que de vouloir ainsi rendre accessible l'école anglaise aux non anglophones, au niveau secondaire, équivaut à «créer des brèches» sans savoir où cela va nous mener ultimement, a-t-elle expliqué vendredi.
Le président du PLQ, Marc-André Blanchard, a présenté jeudi cette proposition d'élargissement de l'école anglaise, dans le cadre des commentaires de son parti sur le projet de loi 104 modifiant la Charte de la langue française.
La ministre Lemieux était interrogée à ce sujet après qu'elle eut annoncé un investissement dans le Centre commémoratif de l'holocauste, à Montréal.
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