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«« ALLIANCE QUEBEC
Rigueur intellectuelle de petite fille
Jean-Luc Gouin
Petite-Rivière-St-François, Charlevoix
TRIBUNE LIBRE Le mercredi 29 mai 2002
Objet : Michèle Ouimet (michele.ouimet@lapresse.ca, edito@lapresse.ca), « Le dernier des résistants »
Réf. du propos : « Les anglophones ont honte d'Alliance Québec. Un peu comme les francophones avec la Société Saint-Jean-Baptiste [...]» et autres «première mouture pure et dure [sic] de la loi 101[...]».
Amalagame, amalgame, amalgame..., écrivais-je encore, il y a quelques jours à peine.
Comme s'il était parfaitement, je dirais 'totalitairement', impossible dans les journaux de GESCA, depuis Gatineau-Ottawa, Sherbrooke, Québec ou Granby de formuler un commentaire critique à l'égard d'un groupe, d'un parti, d'un mouvement, ou d'un organisme pas particulièrement ouvert à la réalité spécifiquement québécoise, sans souiller immédiatement icelle au passage. Les journalistes de la 'Power presse' trouvent à coup sûr et sur-le-champ (sans différer et donc sans ambiguïté, technique éditoriale qui d'ailleurs perdure résolument, au fil des ans, contre tous les vents et les marées de l'intelligence) une manière de se dédouaner, de s'offrir bonne conscience, lorsque du bout du clavier ils osent à l'occasion formuler un relent d'objection à l'endroit d'un allié idéologique.
Bref, Mlle Ouimet. Ou bien vous ne savez pas de quoi vous parlez (d'où tenez-vous, en effet, que les francophones aient honte de la SSJB?), ce qui relève de l'incompétence; ou bien vous êtes intellectuellement malhonnête, ce qui, il faut bien le dire (le passé étant en quelque façon garant du maintenant), constitue ce qu'il serait opportun de nommer, disons, un «fait de La Palice». Chacune de ces éventualités n'excluant pas l'autre d'office, comme de bien entendu.
Morale de l'histoire : le lecteur en quête de faits et de vérité perd sa mise à tout coup. Infailliblement.
Mlle Ouimet, comme un bon nombre de vos collègues vous connaissez sans doute, je présume, une vie matérielle fort confortable. Visiblement, pour parvenir à cette situation-là même, vous avez toutefois et depuis longtemps égaré votre crédibilité intellectuelle.
Hélas ! la crédibilité c'est comme la virginité : quand on la perd, c'est pour la vie.
Or, que penser de l'intéressé(e) lorsqu'on la perd jour après nuit, et ...publiquement.
PS : J'achemine la présente en cc au Devoir, compte tenu que La Presse et ses soeurs «en province» se font traditionnellement (et vigoureusement) un point d'honneur - nonobstant la véracité des propos - de ne jamais publier les critiques qui les mettent en question de manière trop vive ou trop directe. La Liberté d'opinion, voilà une vertu suffisamment vaine pour la laisser aimablement au(x?) concurrent(s?). Pareil sens éthique ne convient certes pas à la Power, pour laquelle, bien louisquatorzièmement inscrit au fronton fantôme de la salle de rédaction, il est entendu que: «L'opinion, c'est moi». George Orwell et Aldous Huxley revisités à la pravdaïenne sauce Canadian, quoi. Ah... «première mouture pure et dure de la loi 101», disait-elle... C'est bien connu: pour le fanatique, est fanatique celui qui ne partage pas son fanatisme. Et la dignité enfin, c'est toujours trop pur et trop dur pour quelqu'un quelque part.
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