«« Le français au Canada

Stéphane Dion veut voir toutes les provinces bilingues

Presse Canadienne Le lundi 5 août 2002


Les provinces canadiennes devraient toutes suivre l'exemple du Nouveau-Brunswick et devenir officiellement bilingues, a estimé à Fredericton, lundi, le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion.

À l'occasion d'une cérémonie ayant suivi l'entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, M. Dion a mis au défi l'Ontario de faire d'Ottawa une ville bilingue. Si la capitale nationale était officiellement bilingue, cela serait bénéfique pour tout le monde au Canada, a-t-il estimé.

«Imaginez quelque chose comme le bilinguisme officiel dans toutes les provinces», a déclaré M. Dion aux journalistes.

Le ministre fédéral a dit croire que les Québécois d'expression française se sentiraient plus à l'aise dans un tel contexte, et qu'ils encourageraient alors leur gouvernement à faire preuve d'une plus grande ouverture à l'égard de la minorité linguistique du Québec.

«Une partie de l'inquiétude des francophones du Québec vient du fait qu'ils ont le sentiment que le français n'est pas assez appuyé à l'extérieur du Québec, a-t-il expliqué. Donc, si chacun y mettait du sien, vous verriez que le Québec y mettrait du sien aussi.»

M. Dion était de passage à Fredericton à l'occasion de la proclamation de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. La législation linguistique de la province a été modifiée afin qu'elle soit conforme aux dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés.

À l'extérieur de la législature provinciale, où la cérémonie prenait place, un manifestant solitaire, Matthew Glenn, a étendu un drapeau québécois sur le sol avant de le piétiner. Le bilinguisme coûte trop cher aux contribuables, a affirmé M. Glenn, de l'Anglo Society of New Brunswick.

«Je n'ai rien contre le bilinguisme lorsqu'il est nécessaire, mais les choses sont allées trop loin», a-t-il déclaré.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, a quant à lui assuré que le bilinguisme ne se révélerait pas un fardeau que les municipalités auraient à supporter seules. Le gouvernement fédéral a contribué un million de dollar afin de permettre la traduction des arrêtés municipaux tant en anglais qu'en français.

Les municipalités de la province n'ont rien à craindre et tout à gagner, a insisté M. Lord.

Le Nouveau-Brunswick est l'unique province à être officiellement bilingue au Canada.