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«« réparation
Dabord, je dois vous informer que dès le mois de juin dernier, je présentais, au caucus de lAile parlementaire du Parti Québécois ainsi quau Conseil des ministres, une proposition de réforme parlementaire sur différents aspects. Cette proposition de réforme fut entérinée par ces deux (2) forums. Parmi les modifications souhaitées et proposées, lune delles vous intéresse plus particulièrement, soit la motion de blâme à lencontre dune personne qui nest pas députée. Au nom du caucus des député-e-s du Parti Québécois, jai transmis au président de lAssemblée nationale et à lensemble des parlementaires une proposition qui se libelle ainsi:
«LAssemblée nationale est un corps politique légitime, formée de représentants du peuple, qui, individuellement ou collégialement, ont le droit de se prononcer sur tous les aspects de notre société. Les député(e)s le font en adoptant des lois, en tenant des débats ou en adoptant des motions. LAssemblée nationale nest pas un tribunal. Bien que lAssemblée nationale dispose dune liberté dexpression, il semble opportun dapporter des balises minimales à ce droit.
La solution proposée consiste à interdire à un(e) député(e) de présenter une motion de blâme à lencontre dune personne qui nest pas députée sauf si une personne porte atteinte aux droits ou aux privilèges de lAssemblée ou de lun de ses membres. Avec cette solution, nous proposons de modifier larticle 325 du Règlement de lAssemblée nationale afin dy introduire lobligation de convoquer la personne qui aurait porté atteinte aux droits et privilèges de lAssemblée ou de lun de ses membres. «Les règles actuelles du Règlement, à larticle 325, prévoient que la Commission de lAssemblée nationale « peut convoquer la personne. » »
À la lecture même de cette proposition, vous pouvez constater quelle reprend fidèlement la proposition 18 adoptée, le 16 juin dernier, au Conseil national de notre Parti.
«Il est proposé que le Conseil national recommande à lAssemblée nationale du Québec de modifier son règlement afin que celle-ci ne puisse voter des motions de blâme que dans les cas où il est porté atteinte aux privilèges ou à lintégrité des membres de celle-ci et que les gens visés directement ou indirectement par lesdites motions soient entendus dans un délai de 48 heures avant le vote. »
Le 30 août dernier, cette problématique a été présentée à la Commission de lAssemblée nationale; (cette dernière a la responsabilité détudier les questions de la réforme parlementaire). À cette occasion, le leader de lOpposition officielle, monsieur Pierre Paradis, a manifesté son profond désaccord à légard de la proposition visant à interdire les motions de blâme à lencontre dun citoyen (tel quen fait foi le journal des débats ci-joint).
Le 24 octobre dernier, alors que la Commission de lAssemblée nationale se réunissait pour une deuxième fois sur les propositions de réforme parlementaire, je me suis permis de soulever à nouveau cette problématique. Une fois de plus, Pierre Paradis a réfuté vigoureusement nos arguments à légard de cette question.
Vous nêtes pas sans savoir, auquel cas je vous en informe, que toutes modifications apportées aux règles régissant les assemblées de parlementaires se font toujours de façon consensuelle et unanime. Il nest guère envisageable dans un parlement quune minorité se voit régie par des règles parlementaires auxquelles elle naurait aucunement souscrit. Il serait ainsi trop aisé pour un gouvernement dimposer ses propres règles pour que lOpposition nait plus de voix.
Étant donné labsence de consensus, les membres de la Commission de lAssemblée nationale ont décidé de mandater la sous-commission de lAssemblée nationale pour examiner cette question. Cette sous-commission devrait débuter ses travaux sous peu.
Par ailleurs, je vous fais part que malgré cette impasse, notre caucus a pris la décision, et ce, de façon unanime quaucune motion de blâme contre un citoyen ne puisse être présentée par aucun parlementaire préalablement à une période de réflexion dun minimum de 24 heures (cooling off period). Évidemment, cette solution est temporaire et nous souhaitons ardemment convaincre lensemble des parlementaires dadopter les changements nécessaires au Règlement de lAssemblée nationale pour satisfaire tous les intervenants.
Veuillez agréer, Monsieur, lexpression de mes meilleurs sentiments.
Jacques Brassard
p.j.
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