«« réparation

L'Assemblée nationale modifiera ses règles pour satisfaire Yves Michaud



QUEBEC (PAR MICHEL HÉBERT PC 17.5.01) - L'Assemblée nationale modifiera ses règles de manière à mettre un point final à l'affaire Michaud. Le premier ministre Bernard Landry a indiqué à Québec mercredi que le gouvernement procédera prochainement à une réforme des règles parlementaires qui devrait satisfaire M. Michaud.

M. Landry déplore toute cette affaire mais estime qu'elle aura eu le mérite de "réaffirmer que le Québec est une nation inclusive" et permettre de "moderniser des règles parlementaires imparfaites".

"Cette histoire est de plus en plus derrière nous et derrière Yves Michaud lui-même", a déclaré le premier ministre à Québec, mercredi.

"Elle pourrait l'être si une correction des règles de l'Assemblée nationale est faite", a répliqué M. Michaud qui a dû s'expliquer devant la presse parlementaire, faute de pouvoir le faire devant les députés de l'Assemblée nationale.

M. Michaud menace toutefois toujours de recourir aux tribunaux pour forcer le gouvernement à modifier les règles parlementaires qui, soutient-il, ont permis à des députés "en état d'ébriété parlementaire" d'adopter expéditivement, le 14 décembre 2000, une motion de blâme à son égard en lui soustrayant tout droit de réplique.

Mais il n'aura vraisemblablement pas à le faire puisque le premier ministre Landry, décidé à clore l'affaire, a assuré que les règles seront bel et bien réformées.

Tenant à ce qu'un "périmètre de sécurité" soit dressé autour de la liberté d'expression des individus, M. Michaud se dit prêt à attendre, "quelques semaines, quelques mois mais pas des années".

En attendant, Yves Michaud maintiendra la pression sur le gouvernement. Il sera au congrès national du Parti québécois, à Saint-Hyacinthe, le 15 juin prochain, pour participer au débat sur une motion visant à interdire les motions de blâme à l'égard des citoyens.

La motion précisera que "les motions de blâme pourront être seulement votées dans des cas où il est porté atteinte aux privilèges ou à l'intégrité des membres de l'Assemblée nationale et que les gens visés directement ou indirectement par les dites motions soient entendus dans un délai de 48 heures avant le vote selon le respect du droit et des traditions des parlements démocratiques".

M. Michaud espère par ailleurs que le premier ministre Landry permettra les débats d'idées au PQ, qu'il facilitera "une thérapie de désintoxication" des députés péquistes qui, sous Lucien Bouchard, auraient été "programmés au doigt et à l'oeil, obligés de marcher au pas et de se réfugier dans un silence monacal".