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Solidarité Yves Michaud s’adresse au premier ministre pour la dernière fois :

Il faut changer les règlements de l’Assemblée nationale dès maintenant!




Montréal, le dimanche 27 octobre 2002 – Dans une lettre transmise au premier ministre Landry, Monsieur Guillaume Ducharme, président de Solidarité Yves Michaud (SYM), demande solennellement pour la dernière fois de modifier les règlements de l’Assemblée nationale afin qu’aucun autre citoyen du Québec ne puisse être blâmé pour des propos tenus publiquement. Il s’agit, pour les membres du Parti Québécois ainsi que des milliers de citoyens du Québec de la seule façon de régler définitivement cette triste affaire qui a débuté il y a près de deux ans.

« Après les deux résolutions adoptées à la quasi-unanimité par les membres du Parti Québécois, après les engagements pris par Monsieur Landry et par le leader parlementaire Boisclair, il est temps de passer aux actes, nous demandons que la modification aux règlements de l’Assemblée soit adoptée malgré le refus de l’opposition », a déclaré Guillaume Ducharme, président de SYM. Conscient de l’échéance électorale prochaine et son résultat incertain pour le Parti Québécois, les membres du conseil d’administration voient un risque sérieux que la modification ne soit jamais adoptée, ce qui laisserait l’affaire sans résolution.

« L’affaire Michaud est systématiquement citée en exemple par tous les militants qui critiquent l’attitude du gouvernement; une résolution rapide de cette affaire selon les modalités proposées par les militants permettrait peut-être de donner un nouveau souffle au PQ qui aura besoin de toutes ses forces vives pour vaincre ses adversaires lors des prochaines élections », a ajouté Guillaume Ducharme.

Si cette requête « de la dernière chance » ne devait pas avoir d’échos favorables à l’Assemblée nationale, il ne resterait plus que les moyens judiciaires pour tenter d’obtenir réparation du tort causé à M. Michaud. Chose certaine, Solidarité Yves Michaud n’entend pas déposer les armes, ragaillardi présentement par le succès de sa campagne de renouvellement auprès de ses membres. « Tant que des centaines de citoyens continueront à appuyer notre action, nous poursuivrons la lutte pour la justice et pour la liberté d’expression », a conclu Guillaume Ducharme.

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Pour informations : Guillaume Ducharme, président
(450) 974-4367 solidariteym@sympatico.ca


lettre au premier ministre Landry



Saint-Eustache, le 27 octobre 2002

Monsieur Bernard Landry
Premier Ministre du Québec
Conseil exécutif
Édifice Honoré-Mercier
835, boulevard René-Lévesque Est
3e étage
Québec (Québec) G1A 1B4


Monsieur le Premier Ministre,


Dans une entrevue récente, accordée à la rédaction du journal Le Devoir, vous avez rappelé le caractère d’urgence du combat national pour la souveraineté. Qualifiant de « dernière chance » la prochaine échéance électorale, vous souteniez également que la situation présente du Québec était « à très haut risque ».

Vous soutenant entièrement dans votre interprétation de la situation politique, nous ne pouvons nous empêcher de faire un parallèle avec la question du règlement de la tristement célèbre « Affaire Michaud ». Pour les membres de Solidarité Yves Michaud, association qui compte plus de 400 membres actifs, l’heure est également très grave. Anticipant le « très haut risque » de voir s’éteindre la « dernière chance » de régler une fois pour toute l’affaire qui déchire nos rangs, nous nous adressons solennellement à vous pour une dernière fois.

Dans cette affaire comme dans la réalisation de l’indépendance de notre patrie, vous êtes l’homme de l’histoire, l’homme du destin. Vous avez entre les mains le pouvoir de modifier les règlements de la chambre afin d’éviter la répétition de ce triste épisode de notre vie parlementaire et pour jeter un peu de baume sur les blessures de vos militants, touchés à vif par la condamnation injustifiée de l’un des leurs.

Permettez-nous de vous rappeler certaines déclarations faites par vous, vos ministres ou adoptées par les instances du parti Québécois appelant l’Assemblée nationale à modifier les règlements de la chambre dans le sens proposé par le Comité national des jeunes du Parti.

Le 2 mai 2001, vous avez déclaré :
«Le canal choisi par M. Michaud d’une pétition à l’Assemblée nationale et d’autres gestes réglementaires pour l’avenir que pourrait poser l’Assemblée nationale m’apparaissent des voies prometteuses. Ce qui est mis de l’avant par Michaud ne me semble pas déraisonnable.»
Le 15 juin 2001, les membres du Parti Québécois, réunis en conseil national ont adopté une résolution visant à ce que :
« les motions de blâme p[uissent] être seulement votées dans des cas où il est porté atteinte aux privilèges ou à l'intégrité des membres de l'Assemblée nationale et que les gens visés directement ou indirectement par les dites motions soient entendus dans un délai de 48 heures avant le vote selon le respect du droit et des traditions des parlements démocratiques. »
Au début de la dernière session parlementaire, le ministre Jean-Pierre Charbonneau faisait connaître la position du gouvernement du Québec, soit de modifier l’article 325 des règlements de l’Assemblée nationale :
« afin d'interdire à un député de présenter une motion de blâme à l’encontre d'une personne qui n'est pas parlementaire sauf si une personne porte atteinte aux droits et privilèges de l'Assemblée ou de l'un de ses membres. Dans un cas de cette nature, l'Assemblée s'imposerait la règle éthique de convoquer et d'entendre le citoyen concerné par la proposition de blâme. Avec cette proposition, les membres de l'Assemblée nationale baliseraient eux-mêmes encore plus et mieux leur droit à la liberté totale d'expression afin de respecter aussi le droit des citoyens et des citoyennes à voir leur réputation protégée et respectée. »
Le 30 mai 2002, devant la Commission de l’Assemblée nationale, le leader du gouvernement, Monsieur André Boisclair, déclarait :
« L'Assemblée nationale est un corps politique légitime.[...] L'Assemblée nationale n'est toutefois pas un tribunal. Bien que l'Assemblée nationale dispose d'une liberté d'expression, il semble opportun d'apporter des balises minimales à ce droit, et la solution que nous proposons consiste à interdite à un ou une député de présenter une motion de blâme à l'encontre d'une personne qui n'est pas députée, sauf si une personne porte atteinte aux droits et aux privilèges de l'Assemblée ou l'un de ses membres.

Avec cette solution, je propose donc de modifier l'article 325 du règlement afin d'y introduire l'obligation de convoquer la personne qui aurait porté atteinte aux droits et aux privilèges de l'Assemblée ou de l'un de ses membres. [...]

J'indique aussi que les modifications à 324 feraient en sorte que l'article amendé se lirait comme suit: Tout député peut, par motion, mettre en question la conduite d'une personne autre qu'un député, uniquement s'il allègue une atteinte donc aux droits et aux privilèges de l'Assemblée ou l'un de ses membres. »


Étant donné ces nombreux engagements pris à l’endroit de Monsieur Michaud, nous vous demandons instamment de faire modifier l’article 325 des règlements, et ce, malgré l’opposition des autres partis politiques. Ce n’est que lorsque cette affaire sera réglée, que les fissures seront colmatées, que les militants pourront retrouver leur pleine confiance et leur enthousiasme au sein du Parti Québécois.

En vous rappelant notre volonté inébranlable à voir la résolution de cette affaire, veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos sentiments les plus distingués.

Pour le conseil d’administration de Solidarité Yves Michaud
Guillaume Ducharme,
Président
B.P. 1013, Succ. Snowdon
Montréal (Qc) H3X 3Y1
(450) 974-4367

Solidariteym@sympatico.ca
www.solidariteyvesmichaud.fr.st

C.C. Monsieur André Boisclair, Leader parlementaire du gouvernement