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«« réparation
LANDRY RENVERSÉ PAR SON CAUCUS
«L'affaire Michaud» revient hanter le PQ
Denis Lessard
La Presse vendredi 20 décembre 2002
Désireux de passer l'éponge sur «l'affaire Michaud» deux ans après qu'on eut blâmé son ami à l'Assemblée nationale, le premier ministre Bernard Landry a eu une collision frontale avec ses députés mercredi soir.
En dépit de l'engagement pris par M. Landry auprès de M. Michaud, il y a quelques jours, le gouvernement n'a pu annoncer hier que, désormais, l'Assemblée nationale convoquerait un citoyen avant de le blâmer par une motion.
Leader du gouvernement en Chambre, André Boisclair n'a pu lire la déclaration ministérielle qu'il avait préparée dimanche dernier en rendant visite à M. Michaud à son domicile. Avant-hier, les députés du PQ s'étaient, quasi unanimement, opposés aux volontés de MM. Landry et Boisclair.
Selon les informations obtenues par La Presse, plusieurs ministres ont désapprouvé avec véhémence le projet de réhabilitation de M. Michaud. «C'est un petit Napoléon mégalomane», a laissé tomber le président du Conseil du Trésor, Joseph Facal. Sa sortie a vivement été réprouvée par Bernard Landry, ami depuis 35 ans de M. Michaud, qui l'a qualifiée de «méprisante».
Mais François Legault (Santé), et surtout Sylvain Simard (Éducation), étaient aussi «déchaînés» devant l'idée de ressusciter ce débat. Des députés ont menacé de quitter subitement l'Assemblée si on se risquait à faire la déclaration ministérielle prévue pour 10h, hier.
Joint au même moment, M. Michaud, qui attendait fébrilement devant son téléviseur de voir son honneur lavé des accusations d'antisémitisme d'il y a deux ans, était dans tous ses états.
Deux ans après la controverse rocambolesque qui avait accéléré la démission de Lucien Bouchard en janvier 2001, «l'affaire Michaud est repartie, de plus belle» a lancé, «abasourdi» et intempestif, le Robin des banques, ulcéré de voir que le gouvernement n'avait pas profité de la fin de la session parlementaire pour laver son honneur.
Et, comme si on retrouvait exactement le calendrier d'il y a deux ans, M. Michaud a reparlé d'aller en cour pour obtenir réparation, par un jugement déclaratoire.
Le fil des événements
Tôt hier matin, M. Michaud avait joint La Presse pour annoncer qu'une solution serait bientôt trouvée à la controverse qui lui avait valu un blâme de l'Assemblée pour ses propos équivoques sur les Juifs et l'Holocauste.
«Regardez bien la période des questions», avait-il prévenu. Il ignorait alors la foire d'empoigne survenue la veille au caucus péquiste. Deux heures plus tard, c'était la consternation chez le vieux copain de Bernard Landry.
Un témoin a expliqué que les députés voyaient comme une formalité sympathique ce dernier caucus de l'année, qui avait débuté par des chants de Noël.
Mais quand M. Boisclair est arrivé avec son projet de déclaration, tout le monde a déchanté. La réunion, qui devait durer 30 minutes, s'est prolongée pendant plus de deux heures, les députés se vidant le coeur à tour de rôle.
«J'en prends l'entière responsabilité», a dit André Boisclair à La Presse, soulignant que, rapidement, les députés «avaient posé des questions sur l'opportunité de poser ce geste à ce moment-ci».
«Je reste stupéfait devant le manquement à la parole donnée et par le chef (Bernard Landry) et par le leader du gouvernement (André Boisclair). On avait une entente ferme», a lancé hier M. Michaud, «parlant de moment pénible» pour son amitié avec Bernard Landry.
«C'est assez! Cela fait deux ans que cette affaire m'empêche de dormir... J'avais préparé mon texte pour me réjouir de cette déclaration ministérielle, trois paragraphes où je parlais de «la fin d'une affaire qui a chicané mes jours».
Remontant le fil des événements, M. Michaud a révélé que M. Boisclair s'était rendu chez lui dimanche dernier pour discuter du texte de la déclaration ministérielle. Le lendemain, M. Landry avait vérifié par un coup de fil que son vieux copain se satisferait de cette déclaration.
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