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«« Solidarité Yves Michaud
Des témoignages à l'appui de Yves Michaud
Solidarité Yves Michaud
B.P. 1013, succ. Snowdon, Montréal,
Québec H3X 3Y1
Des témoignages à l'appui de Yves Michaud provenant du comité de solidarité du même nom, numérisé par Jean-Luc Dion
17 septembre 2002
CLAUDE ANDRÉ, Laval. Le 25 février 2001
«Dans l’affaire Michaud, où sont nos Zola, nos Jaurès et nos Clemenceau? »
PATRICK ANDRIES, lettre à The Gazette. 20juin 2001
“You, once again, wrote today : “xenophobic and anti-Semitic remarks by Michaud. Could you please tell us which were those xenophobic and anti-Semitic remarks ? This is the fourth time I request that you clarify these allegations. You seem to always allude to them without ever mentioning them, a bit like those MP that condemned them without reading them. Please stop such remarks, if you cannot substantiate them. »
MATHIEU BOCK-COTÉ, étudiant en philosophie, Université Montréal, 29 avril 2001
«Yves Michaud est un patriote. Je ne dis pas un nationaliste, je risque d’être mal compris. Un ahuri me demandera s’il est civique ou ethnique... C’est aussi un patriote bafoué par les siens, par une Assemblée plus ou moins nationale où, au débat politique, s’est substitué un procès de type moscovite. Les zélotes de la pensée unique, toujours prêts à condamner ceux qu’ils ne comprennent pas, l’ont diffamé. Les élus du peuple se sont ensemble élus princes de vertu et ont souillé la réputation d’un homme libre, d’un homme d’honneur. Pour quelles raisons? Les sceptiques et mêmes les autres se le demandent encore. Maintenant, il incarne la liberté de la parole contre le blâme totalitaire de l’Assemblée nationale. Contre la tentation maniaque de notre temps de tout condamner, il s’élève, serein et confiant, parce que sa cause, il le sait et nous le savons, est juste et bonne».
DENISE BOMBARDIER, journaliste et écrivaine, Le Devoir, 21 avril 2000
«Le lynchage d’Yves Michaud par l’institution ultime de notre démocratie, à savoir l’Assemblée nationale, sans voix dissidente, est d’autant plus grave qu’il a soulevé peu de protestations, hormis de ceux qu’on pourrait appeler les amis d’Yves Michaud. Cette excommunication-là, improvisée, politiquement douteuse, fondée sur des rumeurs et des déclarations non vérifiées, tout cela dans une urgence créée de toutes pièces, s’insère dans une tradition culturelle religieuse dont nous nous croyons libérés. Le citoyen Michaud n’a contrevenu à aucune loi par ses propos, certes discutables dans leur formulation (pourquoi ce besoin de comparer par degrés les souffrances des peuples génocidés?), mais il n’a ni appelé à la haine des juifs ni nié l’Holocauste, au contraire. Il s’agit de retourner à ces textes, à la transcription de ses propos, pour s’en convaincre. Les députés, eux, ont adopté cette motion sans même étudier le dossier alors que l’Église elle-même le fait en cas d’excommunication. Ils ont donc abusé de leur pouvoir et nié le droit d’un citoyen à s’exprimer librement, fût-ce imprudemment et outrancièrement. Or la très grande majorité des élus actuels sont ceux-là mêmes qui, à vingt ans, dénonçaient la cléricalisation de la société et l’intolérance qu’elle entraînait. Le fait que peu d’adversaires d’Yves Michaud (ceux qui, disons, divergent d’opinion) ne se soient pas aussi élevés publiquement pour condamner le geste de l’Assemblée nationale en dit long sur les progrès à faire pour comprendre que la démocratie, dans la liberté qu’elle exige, est un risque à notre confort intellectuel. L’incapacité de vivre cet inconfort mène donc à l’intolérance.»
JEAN-PIERRE BONHOMME, journaliste, président de Solidarité Yves Michaud, Avril 2001 « Non seulement Yves Michaud n’avait-il rien dit de mal mais il avait pris la défense d’une nation dont l’avenir est incertain. Il est vrai qu’à Montréal, où le destin du Québec se joue, l’intégration des immigrants à la majorité française - 50% d’entre eux passent à l’anglais - est une question d’importance vitale.»
PIERRE BOURGAULT, journaliste, Le Journal de Montréal 16.12.00
«En humiliant publiquement l’un de ses citoyens les plus éminents, l’Assemblée nationale du Québec a humilié tous les Québécois. J’ai honte de chacun des 109 députés de l’Assemblée nationale, Lucien Bouchard et Jean Charest en tête. Jamais je n’ai eu aussi honte, de toute ma vie. Car, ne nous y trompons pas, l’Assemblée nationale s’est transformée, à cette occasion, en tribunal, imitant en cela l’organisation B’nai Brith qui accuse à tort et à travers, qui ne discute jamais et qui condamne sans appel. Pourtant, depuis le temps, nous aurions dû apprendre. J’ai moi-même subi les foudres de cette minable organisation et j’y ai perdu, alors, mon poste de conseiller spécial du Premier ministre Jacques Parizeau. Mais je ne suis pas le seul. Jacques Parizeau y a goûté à son tour, puis Bernard Landry, puis Lucien Bouchard et nombre de journalistes ou de chroniqueurs comme Pierre Foglia, Gilles Proulx ou Michel Vastel. Mais jamais je n’aurais pu imaginer que mon Assemblée nationale, notre Assemblée nationale, se prête à un exercice aussi grotesque. Yves Michaud se défendra, c’est certain. Mais à quoi bon? Le mal est fait et il ne s’en remettra jamais. En humiliant publiquement l’un de ses citoyens les plus éminents, l’Assemblée nationale du Québec a humilié tous les Québécois. C’est un crime. »
SERGE CANTIN, professeur de philosophie. UQAM Trois-Rivières. 20janvier 2001
«Sans doute Lucien Bouchard n’attendait-il que l’occasion de se débarrasser d’un personnage gênant, d’un «pur et dur», d’un nationaliste «ethnique». Sauf que, mal conseillé par son frère Gérard et déconnecté de la base militante de son parti, il n’avait pas prévu la fronde qu’allait y provoquer son empressement à faire condamner les propos prétendument antisémites d’Yves Michaud. »
ANDRÉ D’ALLEMAGNE, 30 décembre 2000
André d’Allemagne faisait parvenir à Yves Michaud le 30 décembre 2000, un mot disant qu’il avait lu son livre: «Je souscris, à quelques détails près, au contenu». Une copie d’une lettre à la vice-présidente du Parti Québécois, Marie Malavoy, était jointe à l’envoi : «Suite à l’odieuse résolution adoptée par l'Assemblée nationale le 14 décembre, et particulièrement à l’inacceptable conduite du gouvernement et des députés du Parti Québécois en cette occasion, je vous renvoie ci-joint ma carte de membre. Sachez bien qu'il m'en coûte de rompre ainsi une fidélité de plus de trente ans, mais je ne peux adhérer à un parti qui, alors qu'il est au pouvoir, participe à des manœuvres qui transforment le Parlement en une sorte de tribunal inquisitoire et porte gravement atteinte au droit de libre expression.»
MICHEL DAVID, journaliste, Le Soleil, 14 février 2001
« Yves Michaud est l’agneau sacrificiel qui doit être immolé sur l’autel de la rectitude politique et du nationalisme civique. Cette opération purificatrice est trop impérieuse pour s’embarrasser de détails comme la présomption d’innocence. Il faut servir une bien noble cause pour qu’elle justifie de condamner ainsi un homme à l’opprobre, sans même l’entendre ».
PIERRE FOGLIA, journaliste, La Presse. 29 décembre 2000 « Ce qui est très grave dans ce pays, c’est, par exemple, qu’on y traite sciemment des gens d’antisémites pour les punir d’être séparatistes... à chaque élection, à chaque référendum, il se trouvera des nationalistes pour compter les voix des immigrants, et regretter qu’ils aient voté à 90% pour le Canada. On s’est beaucoup employé à faire passer ce regret pour de la xénophobie, voire pour un appel au meurtre. Aux États-Unis, pourtant, un David Horowitz peut interroger le vote «racial» - the behaviors of white and black Americans - sans susciter le moindre remous: What if Carol Mosely (une Noire) hab been defeated because 93% of whites voted against her? What if a republican representing a white suburban district had receive 94% of the vote against his opponent the way Charles Rangel actually did in his Harlem district? (sur le Webzine Salon 11/9/98). Les mêmes questions au Québec font capoter une large partie de la population. Dans quel autre pays du monde, croyez-vous, l’incident Michaud aurait pris les ridicules proportions qu’il est en train de prendre dans notre ridicule royaume? Dans aucun putain de pays. Pourquoi?».
BERNARD FRAPPIER, rédacteur en chef, VIGILE.NET, 7 mars 2001
«Sans reprendre toute l’affaire Michaud, signalons simplement que Yves Michaud a déploré la pratique contestable du vote massif des minorités ethniques contre le projet de souveraineté du Québec. Il faut mettre en évidence, une fois pour toutes, que les propos de Michaud n’expriment en aucune façon une “hostilité aux étrangers”. C’est bien plutôt «d’amour déçu» dont il est question. 1 - Michaud ne désigne jamais les communautés ethniques sous le signe de «l’étranger». Mais sous le signe de la citoyenneté. Donc sous le signe de l’inclusion politique. 2- Michaud n’exprime jamais une 'hostilité” à l’égard de ces “concitoyens ethniques”. Jamais il n’a mis en question le droit de chaque individu, peu importe son origine, d’exercer son droit de vote comme bon lui semble, ni de profiter de ses droits civiques. Ce qui le met hors de lui, c’est le constat d’échec de la politique d’intégration des immigrants à la nation québécoise, signifié par cette opposition massive et récurrente des immigrants au projet d’indépendance nationale. Loin d’être “hostile” aux minorités, Michaud souffre de leur braquage, de leur refus de partager un projet porté par une nette majorité dans la société d’accueil... Il ne se résout pas à une “amitié refusée” de leur part».
ROBERT GAGNÉ, président de la Société nationale des Québécois de l’Estrie, 20 déc. 2000
«La Charte québécoise des droits et libertés de la personne, en vigueur depuis 25 ans, reconnaît à toute personne le droit à la liberté de conscience, d’opinion et d’expression. Dans le cas de monsieur Michaud, l’Assemblée nationale a dérogé à ce principe, interpellant ainsi tout citoyen qui désire vivre en démocratie. Nous estimons que les propos de monsieur Michaud n’ont pas été bien évalués: de plus, l’auteur n’a pas pu s'exprimer et se défendre devant cette assemblée qui le jugeait. Nous demandons au président de l’Assemblée nationale de prendre toutes les mesures appropriées pour que réparation soit faite envers monsieur Michaud. Quant à la question de fond, les présumés propos racistes tenus par monsieur Michaud, nous n’avons rien relevé de litigieux dans ses textes ou entrevues. Nous doutons que cet homme, qui a constamment oeuvré à libérer le peuple du Québec et qui a même adopté un enfant d’origine juive, soit un pourfendeur et un détracteur des minorités visibles ou invisibles».
Jean-Luc GOUIN , 15 décembre 2000
Le militant péquistosouverainiste en moi ne tenait plus qu'à un fil, monsieur. Je crains que par cet affront monumental vous ne l'ayez désormais complètement coupé. Votre mollesse devant le véritable ennemi, conjuguée à la diligence à condamner vos meilleurs soldats, me confine à la prostration rageuse et indignée prémices de tous les possibles imprévisibles propres à l'écœurement. Je ne doute pas de votre sincérité et de votre bonne foi, monsieur le Premier ministre. En revanche, il faut tout de même savoir qu'il y a des moments dans l'existence - dans l'Histoire aussi - où sacrifier à l'image et à la rectitude du bien-pensant (formule concise pour désigner le plus souvent le peu-pensant) fait plus de mal à un peuple que toutes les stéphanodionneries rassemblées par les fossoyeurs attitrés d'icelui.
ANTHONY HILTON, professeur de psychologie, Université Concordia, 3 janvier 2001
“Could I make a suggestion? Could we have a moratorium on the ad hominem application to Yves Michaud of that notoriously abused word, '“anti-Semitism”’? To criticize those Jews who routinely act in their own group’s interests but refuse to recognize the right of other groups to do the same thing, is not being anti-Semitic, and Michaud doesn’t seem any more likely to blow up a synagogue than Howard Galganov or Mike Boone are to blow up a cathedral. However, to over-use the term, anti-Semitism, in an effort to silence ones critics risks major damage to ethnic relations in this province. Keep it up, and being called “anti-Semitic” will come to be widely welcomed for its connotations of clear thinking and of courage in challenging absurd taboos”.
JOHN HOGAN, 20 décembre 2000
« Incapable de préciser quels sont les propos reprochés à Yves Michaud, le Premier ministre y est allé d’une description morbide et détaillée des souffrances vécues par les victimes du génocide. Le procédé est honteux, ce ne sont plus les propos qui sont en cause mais ce qui se cache derrière et n’a pas été dit. Voir tous ces politiciens demander à M. Michaud de retirer ses paroles devient un mascarade».
GEORGE JONAS, Toronto Sun december 28
“Multicultural inclusivity” has become ingrained in the Canadian psyche as the sole legitimate model for nationhood. By now we look at ethnic nationalism the way Victorians looked at sex. Even some separatists are shocked when one of their own lets the ethnic cat out of the bag. It doesn’t shock me As a Jew, I find Michaud’s frankness refreshing.”
ANDRÉ KAHLÉ, ingénieur, 22 décembre 2000
«Jacques Parizeau et Yves Michaud n’ont fait que constater ce que de nombreux chefs de file des communautés allophones avaient déjà annoncé: «Nous, les allophones, ne serons jamais indépendantistes !», a déjà dit la députée libérale Fatima Houda-Pépin. Parler de «votes ethniques contre la souveraineté», c’est malheureusement énoncer une réalité incontournable».
MARYVONNE KENDERGIAN, musicienne, « Tenez-bon ! vous avez toute mon estime et ma confiance. Je vous remercie d’avoir évoqué le génocide arménien. (Signé) : Maryvonne Kendergian, Arménienne (née le 15 août 1915) en Arménie sous occupation turque, premier génocide du siècle».
CAROLINE LABELLE, étudiante, Université de Montréal, 29 avril 2001 « L’Affaire Michaud nous rappelle que le combat pour la démocratie n’est jamais gagné. Que l’arbitraire est la tentation permanente des assemblées et que l’Assemblée nationale, de souveraine, peut facilement devenir despotique. Le délit d’opinion est une catégorie juridique des pays autoritaires. L’Assemblée nationale a importé la pensée juridique autoritaire en condamnant monsieur Michaud pour délit d’opinion. Nous sommes démocrates. Je suis démocrate. En conséquence, je me rallie aujourd’hui derrière cet étendard des libertés qu’arbore Yves Michaud contre la tentation autoritaire de nier aux citoyens leurs libertés dans un espace démocratique toujours à reconquérir».
CLAUDE LALANDE. Sainte-Foy, Le Soleil. 13 janvier 2001
« Il y a quelques chose de malsain dans l’Affaire Michaud. Il dit la vérité et on le blâme, on le cloue au pilori. Mais pourquoi s’acharner sur lui ? Simplement parce que dans notre monde surmédiatisé, ce n’est pas la vérité qui compte, c’et le «politically correct», le bien paraître à la face du monde et les intérêts politiques. Voilà les ingrédients de notre étrange comportement» .
LAURENT LAPLANTE, journaliste et écrivain. 18 décembre 2000
«Qu’a dit M. Michaud qui puisse le caractériser clairement comme raciste, antisémite ou xénophobe? Rien. Il n’a dit que ceci : qu’il n’était pas normal de ne trouver aucune, mais aucune dérogation à l’appui que donnent certains groupes de Québécois au fédéralisme. M. Michaud comprendrait qu’une majorité d’anglophones ou d’allophones s’opposent à l’idée d’indépendance du Québec, tout comme il comprend (et regrette) que beaucoup de francophones n’endossent pas les thèses péquistes, mais il s’étonne du monolithisme de certaines oppositions. Que beaucoup s’opposent, il le conçoit; que nul n’approuve, il s’en étonne. Cela ne peut-il pas se discuter? Parmi les risques les plus graves que suscite le comportement grégaire et imprudent de l’Assemblée nationale, il faut bien évoquer celui que courent et engendrent des groupes de pression comme le B’Nai Brith en poussant l’irascibilité et la rectitude politique jusqu’à la paranoïa inclusivement. Ces groupes de pression avaient déjà largement dépassé les bornes en jugeant qu’une rodomontade de jeunesse de Jean-Louis Roux le disqualifiait comme lieutenant-gouverneur du Québec et en obtenant sa démission. Jean-Louis Roux a pu, comme d’autres, pratiquer à l’occasion un humour douteux; il n’était pas un nazi et l’ensemble de sa vie aurait dû le mettre à l’abri du lynchage. Récidiver aujourd’hui en intentant à Yves Michaud un mauvais procès pour antisémitisme, c’est aggraver le risque d’être à son tour mal compris. Jouer du lobby pour empêcher la tenue d’un débat délicat mais légitime, ce n’est pas la meilleure contribution que puisse faire la mémoire de l’Holocauste à la défense de la démocratie. «Toi, Michaud, tais-toi! », cela vous rappelle-t-il quelque chose? Ce qui était la grossièreté d’un homme serait-il devenu l’intolérance d’un régime? »
ROBERT LAPLANTE, directeur de l’Action nationale, 8 janvier 2001
«Les députés et ministres ont manqué aux devoirs de leur charge. Ils se sont conduits d’une manière inacceptable en transformant la plus haute institution de la nation en vulgaire tribunal de taverne. Une motion rédigée à la sauvette, des reproches fondés sur le oui-dire et la rumeur, une procédure sommaire : tout pour illustrer que l’Assemblée nationale est le lieu par excellence de la liberté d’expression et du respect des droits des citoyens !!! »
DENISE LAROCHE, présidente, PQ Westmount-Saint-Louis. 29 avril 2001
«Plus on se penche sur les textes de M. Michaud, plus on y trouve matière à faire évoluer nos comportements sociaux et à enrichir nos intersections entre citoyens et citoyennes responsables. Qu’il s’agisse de liberté d’expression, de la langue d’enseignement, des caisses de retraite ou du profit des banques, nous pouvons trouver à son exemple bien des sources d’inspiration pour nos projets à venir».
JEAN-MARC LÉGER, journaliste - Vigile 14.12.01
« À relire un an plus tard, attentivement, le texte d’Yves Michaud devant la Commission des États Généraux, on n’y relève trace ni de racisme, ni d’antisémitisme, ni de xénophobie, à moins de pratiquer le soupçon et l’amalgame et de viser en fait plus un homme que ses propos, dans une circonstance donnée ».
GILLES NÉRON, Charlesbourg, 16 décembre 2001
«Après avoir entendu les réponses de Yves Michaud aux journalistes après la présentation de son mémoire aux États généraux sur la langue française, je conclus qu’il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat. Au contraire, l’ex-député péquiste ne faisait que dégager certains faits que tout le monde connaît mais que personne n'ose mentionner».
JENS NITSCHKOWSKI, Allemagne, 23 mars 2001
«Depuis trois mois maintenant, je suis l’affaire Michaud et depuis trois mois je me pose la même question : qu’est-ce qu’on reproche à M. Michaud ? Selon les informations parues dans les journaux, il aurait tenu des propos qui avaient un sens antisémite. C’était à cause de ces paroles que l’Assemblée nationale a blâmé M. Michaud, sans l’avoir entendu. Or, j’ai lu les propos critiqués encore et encore, j’ai lu aussi le compte-rendu de l’allocution de M. Michaud devant les États généraux de la langue française et je n’ai rien trouvé qui puisse donner l’impression que M. Michaud ait une pensée antisémite.»
Ercilia Palacio, Johan Nachmanson, Guadalupe Calderon, Jean Cermakian et Salomon Cohen. Montréal, 20 décembre 2000 «Nous sommes des Québécoises et des Québécois d’adoption qui partageons l’aventure collective du peuple qui nous a accueillis et vivons au rythme de la société québécoise et de son cheminement. La résolution de l’Assemblée nationale du 14 décembre touchant les déclarations de monsieur Yves Michaud à l’occasion des États généraux de la langue française nous a consternés. Nous avons lu les textes de monsieur Michaud et écouté ses déclarations. Nous partageons les propos qu’il a tenus quant à la difficulté d’intégrer les nouveaux arrivants à la majorité française de la communauté politique québécoise, et aux difficultés afférentes à cette situation, notamment quant à la survivance et au développement de la langue française commune».
JACQUES PARIZEAU, ancien premier ministre, TVA 18 décembre 2000
«La motion de l’Assemblée nationale à l’endroit d’Yves Michaud est un retour au duplessisme».
HÉLÈNE PEDNAULT, écrivaine, 29 avril 2001
«Le délire de l’ancien premier ministre a été tellement efficace (c’était le but de l’opération), qu’il a immédiatement fait oublier ce que Yves Michaud avait dit exactement, surtout chez les journalistes qui ont pourtant le devoir professionnel de vérifier leurs dires avant de porter une quelconque accusation, surtout celle d’anti-sémitisme, qui a eu des implications aussi graves pour un citoyen sans tache».
HÉLÈNE PELLETIER-BAILLARGEON, écrivaine, 29 avril 2001
«Depuis le 14 décembre 2000 la dignité de l’Assemblée nationale se trouve gravement entachée. Car, avec ce qu’il est convenu d’appeler 1’«affaire Michaud», il nous a été donné d’assister à un véritable détournement d’institution parlementaire. D’assise de notre vie démocratique, notre Assemblée nationale a été subitement ravalée au statut de bureau de censure d’opinion, dans le seul but de servir un règlement de compte partisan».
GUY ROCHER, sociologue, 8 mai 2001
«L’Assemblée nationale s’est inventé un Yves Michaud, autre que celui qui est le vrai, pour pouvoir le condamner. Elle a produit “une invention nuisible” [...] Alors qu’elle croyait condamner Yves Michaud, l’Assemblée nationale s’est condamnée elle-même et fait un grave accroc à notre démocratie québécoise.»
IGNACIO RAMONET, directeur du Monde diplomatique, 27 février 2001
«Cher Yves Michaud, merci pour vos messages et les documents que vous m'avez adressés. Je sais qu’il ne peut s’agir que d’un malentendu, c’est pourquoi j’ai écrit que vous étiez expliqué et excusé. J’espère que votre bonne foi sera reconnue. Bien amicalement. Ignacio Ramonet ».
ANNE ROBERGE, journaliste, Planète Québec, 15 décembre 2000 « Nos députés ont la chienne. La peur de donner l’impression de passer pour des antisémites s’ils ne se lèvent pas pour casser la gueule d’un Yves Michaud qui ne fait que constater une situation. Michaud n’est pas antisémite. Il n’a jamais été antisémite. Dans toute sa carrière journalistique et politique, il n’a jamais manifesté d’antisémitisme. Au contraire, il a toujours fait preuve de tolérance, à l’image de notre société. »
JEAN-CLAUDE SAINT-ANDRÉ, député à l’Assemblée nationale du Québec
«Le député péquiste de l’Assomption, Jean-Claude Saint-André, a émis un communiqué pour signaler que son «plus grand regret est de ne pas s’être opposé au dépôt de la motion» blâmant Yves Michaud. Le député Saint-André invite son chef à «s’arrêter et à réfléchir», en se demandant notamment «si le citoyen Michaud a réellement tenu des propos discriminatoire, racistes et haineux».
THÉRÈSE-ISABELLE SAULNIER — professeur de philosophie, 6.2.01
«Que tous ces gens, ainsi que tous ceux et celles qui les ont suivis aveuglément, qui les ont crus sur parole et ont répété comme des perroquets leurs faux-dires, leurs calomnies, leurs exagérations et leurs mensonges éhontés, fassent maintenant AMENDE HONORABLE et rendent honneur et justice à M. Yves Michaud.»
STÉPHANE STAPINSKY, historien, 28 décembre 2000
«Les propos du premier ministre et de l’équipe ministérielle sont empreints d’un pathos exagéré et ils travestissent surtout la pensée véritable de M. Michaud, qui n’a rien d’un antisémite ou d’un négationniste. Dans son cas, contrairement à ce que vous tous laissez entendre, il ne s’agit pas d’un ressentiment contre “la communauté juive du Québec” ou d’une “banalisation de l’Holocauste”, mais bien d’une réplique à des activistes (comme B’nai Brith) qui, malheureusement, se cachent trop souvent derrière le paravent de l’Holocauste pour défendre des positions étroitement politiques».
FRANÇOIS TREMBLAY, Lachine. 30 janvier 2001
«J’ai lu et relu les déclarations de M. Michaud et je n’y ai trouvé rien de choquant, rien ne méritant la condamnation excessive de l’Assemblée nationale. Combien d’opposants à la souveraineté du Québec ont traité de traîtres, de nazis, de xénophobes les dirigeants de notre pays le Québec et jamais une seule motion présentée à l’Assemblée nationale pour les condamner. Une politique de deux poids deux mesures. Pour les opposants abusifs de la souveraineté, taisons-nous, pour les défenseurs de notre nation, condamnons-les, surtout quand cela est injustifié, du moment que la demande provient de nos adversaires».
RODRIGUE TREMBLAY, économiste, ancien ministre, L’HEURE JUSTE, Stanké, - Chapitre 10 - “Censure et délits d’opinion»
«[. ..] à défaut de retirer cette motion de blâme, il faudrait qu’une majorité des 109 députés qui l’ont précipitamment appuyée, sans débat, la dénoncent publiquement dans les années à venir. Sinon, ce jour du 14 décembre 2000 passera à l’Histoire comme un jour de honte dans les annales politiques du Québec.»
MICHEL VENNE, Éditorialiste, Le Devoir, 28 décembre 2000
«L’affaire Michaud a ouvert de nouveau les valves d’une machine à dénigrement du nationalisme et du souverainisme québécois, une machine qui ne cherche que les occasions de salir ceux qui pensent qu’existe ici une nation politique distincte, capable d’assumer son destin. Il ne faut pas laisser ces dénigreurs devenir les seuls interprètes de ces mouvements qui ont contribué à faire le Québec moderne».
GILLES VERRIER, Ottawa, 24 décembre 2000 « Il n’y a aucun mouvement social antisémite au Québec. Les donneurs de leçon sur l’holocauste qui sont venus à la rescousse des bouchardiens combattent un ennemi imaginaire. Ils élèvent un épouvantail pour ensuite l’abattre. Dans plusieurs cas, ils le font pour des motifs inavoués. Pour sortir l’artillerie lourde de l’holocauste contre M. Michaud (ce qui conduit malheureusement à la banalisation de cette catastrophe humaine), il faut interpréter les propos de Michaud de façon malveillante, lui faire un procès d’intention et déformer ses propos. Au-delà du prétexte de l’antisémitisme, c’est la volonté claire d’Yves Michaud d’agir à Québec à titre de défenseur de l’esprit de la Loi 101 qui fit s’abattre sur lui la motion de blâme, suivie de multiples calomnies et injures lancées par plusieurs élus. Ce déluge visait à le discréditer, bref à lui barrer la route de l’Assemblée nationale en rendant impossible son élection dans le comté de Mercier».
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