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«« SANTÉ - fédéral-provincial
Entente inévitable
Gilbert Lavoie
Le Soleil Le samedi 25 janvier 2003
Éditorial -
Le premier ministre Jean Chrétien a invité cette semaine ses homologues provinciaux à la collaboration dans le dossier de la santé. « Si vous avez des observations ou suggestions à formuler, le plus productif serait de m'en parler directement », a-t-il écrit... une invitation à peine voilée à court-circuiter ministres et fonctionnaires... La lettre a été accompagnée d'un coup de fil à Bernard Landry.
Il y a là un heureux changement par rapport au communiqué de presse musclé d'il y a 10 jours de Stéphane Dion, qui demandait à Bernard Landry de « remiser sa rhétorique guerrière ».
La santé est de juridiction provinciale. Le fiasco fédéral dans la création du registre des armes à feu est une raison de plus pour mettre nos hôpitaux à l'abri d'Ottawa. Finalement, l'expérience a démontré que la création de contrôles fédéraux tatillons embourbe la bureaucratie et augmente les délais.
Malgré leurs divergences, les gouvernements Chrétien et Landry ont déjà démontré qu'ils peuvent collaborer. Ils l'ont fait sur le logement social, la formation professionnelle, la route 175 vers Saguenay, et même le registre sur les armes à feu... La santé mérite au moins la même chose.
Il y a deux débats distincts sur la santé : la contribution financière des gouvernements et l'utilisation la plus efficace possible des budgets.
Sur le premier, le gouvernement Chrétien a raison de demander que la hausse de sa contribution ne soit pas détournée. Mais il n'a pas à s'immiscer dans la gestion quotidienne de ces fonds et dans les choix politiques que les provinces ont le droit de faire, à l'intérieur des balises fédérales.
Cette semaine, les gouvernements ont campé leurs positions. Bernard Landry, qui annonçait « des choses graves » avant Noël, a adouci le ton. Ses collègues ont résisté aux questions des journalistes qui tentaient de savoir si la demande des provinces était « à prendre ou à laisser ».
C'est qu'au moins six provinces s'en vont en élections en 2003. Leurs gouvernements ont besoin d'une entente avec Ottawa pour présenter des budgets équilibrés. C'est le cas de M. Landry.
Quant à M. Chrétien, il a tout autant besoin d'une entente, ne serait-ce que pour dépenser les généreux surplus qu'il ne veut pas laisser à Paul Martin.
Les premiers ministres ont donc intérêt à ne pas faire de « sparages » inutiles pour la galerie. Personne ne sera dupe.
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