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Port du kirpan: l'élève sikh de nouveau à la maison
Marc Thibodeau
La Presse Le samedi 23 février 2002
L'élève sikh qui a soulevé la controverse à LaSalle parce qu'il porte un kirpan à l'école est de nouveau retenu à la maison.
Il y a deux semaines, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et l'avocat représentant la famille, Julius Grey, avaient conclu un accord prévoyant que le jeune pourrait réintégrer ses classes à l'école Sainte-Catherine-Labouré en couvrant le couteau de valeur religieuse d'une enveloppe en coton, fermée.
Le conseil d'établissement, préoccupé par des questions de sécurité, a toutefois désavoué cette formule la semaine dernière. La direction a conséquemment avisé les parents, lundi, que l'accommodement prévu n'était pas acceptable pour l'école et que l'enfant ne pourrait pas se présenter avec le kirpan.
Les parents ont choisi, mardi, de le garder à la maison en attendant la suite des procédures. Il doit recevoir des cours à domicile pendant ce temps.
Me Grey a précisé hier qu'il avait présenté une demande de révision à la commission scolaire, qui doit se réunir le 11 mars. Un comité sera alors formé pour se pencher sur la demande. Une recommandation à ce sujet devrait être faite lors du conseil suivant, prévu le 2 avril.
L'avocat entend s'adresser à la Cour supérieure si cette étape ne se termine pas à la satisfaction de son client. L'accommodement trouvé correspond, selon lui, à la formule qui a été retenue par les tribunaux ontariens dans deux cas similaires.
«Je suis déçu de la réaction publique à cette histoire. Beaucoup de gens ne comprennent pas le degré de sécurité que l'accommodement aurait permis d'assurer», dit-il.
La famille du garçon de 12 ans, qui n'a pu être jointe hier, bénéficie du soutien du temple sikh de LaSalle, qui se préoccupe grandement du conflit.
«Le port du kirpan est un droit. Nous devons pouvoir l'exercer. Si on persiste à nous dire non, nous allons nous battre en cour pour que notre droit soit respecté», a indiqué hier le secrétaire du temple, Barlochan Singh Johal.
La directrice de l'école et le conseil d'établissement demeurent de leur côté fermement attachés à leur décision de ne pas accepter le port du kirpan à l'école.
«L'une de mes responsabilités ici est de voir à la sécurité des enfants. Je dois m'assurer, pour ce faire, qu'il n'y a pas d'objet dangereux. Or, il y a un danger potentiel avec le kirpan», indique la directrice, Danielle Descoteaux.
Le président du conseil d'établissement, Daniel Boily, maintient aussi que le port du kirpan est inacceptable à l'école. «Il y a toute une différence entre ce qui est pour eux un objet religieux et pour nous un couteau. Qu'un enfant puisse se promener à l'école avec un couteau, c'est impensable», dit-il.
La commission scolaire et le ministère de l'Éducation font valoir que c'est à l'école que revient le dernier mot en matière de sécurité en vertu de la Loi sur l'instruction publique.
Me Grey croit cependant que la commission scolaire aurait pu imposer l'accommodement conclu précédemment à l'école. «Ils ne veulent pas avoir à trancher», dit-il.
Autre fait problématique: l'école ignore si les autres élèves sikhs fréquentant l'établissement portent eux aussi un kirpan. «On n'a pas d'assurance à ce sujet», a reconnu hier la directrice, qui n'envisage pas pour l'heure d'entreprendre des actions pour clarifier la situation.
Même s'il se dit inquiet de la possibilité que d'autres élèves portent aussi un kirpan, M. Boily préfère aussi adopter une approche attentiste à ce sujet. «Il est trop tôt pour s'occuper de ça. On va voir comment le cas actuel se règle», dit-il.
Même attentisme du côté de la commission scolaire, qui n'entend pas, jusqu'à nouvel ordre, produire de politique sur le port du kirpan. «Il faut voir d'abord ce que la demande de révision va donner», a indiqué la porte-parole, Brigitte Gauvreau.
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