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«« minorité anglophone
Landry chez les anglos
Gilbert Lavoie
Le Soleil Le mercredi 27 mars 2002
Éditorial - Les anglophones québécois sont-ils à ce point convaincus de la défaite des péquistes aux prochaines élections qu'ils ne s'inquiètent même plus de la souveraineté ? On peut se poser la question au lendemain du discours du premier ministre Bernard Landry hier, devant les membres du Réseau communautaire des groupes anglophones.
Le premier ministre y a réussi l'exploit peu commun de prononcer un discours et de répondre aux questions d'un auditoire de langue anglaise sans devoir s'expliquer sur la souveraineté. L'annonce de cette conférence nous avait rappelé le discours de Lucien Bouchard devant la communauté anglophone au théâtre Centaur, à Montréal, en mars 1996. Mais le contexte est différent : M. Bouchard était au tout début de son mandat, il était porteur de messages d'avenir. De plus, il était un leader souverainiste plus populaire, donc potentiellement dangereux. M. Landry est en fin de mandat et dirige un gouvernement en péril. La donne n'est plus la même.
Le ton était donc à la bonne entente hier midi. M. Landry était à ce point confiant qu'il n'avait pas de texte écrit : « Mon Dieu qu'on vous aime », pourrait-on dire pour le paraphraser. Les anglophones québécois parlent français, le Québec est l'État le plus multiethnique au monde, l'anglais nous permet de parler à toute la planète dans un monde destiné à la globalisation, une société modèle quoi ! La seule plainte de l'auditoire est venue d'un anglophone montréalais qui a déploré le sort des anglos montréalais à qui on n'offre pas de cours pour apprendre le français. M. Landry a promis d'y voir ! On lui a remis une boîte de sirop d'érable produite en anglais et tout le monde est reparti content !
Après une telle démonstration d'exemplarité du modèle québécois, on se demande pourquoi il faudrait changer la recette.
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