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«« Intervention de Guy Chevrette
Approche commune: l'indifférence mène tout droit à la catastrophe
Carol Néron
Le Quotidien Le mercredi 2 octobre 2002
Éditorial - À l'exception du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, la négociation autour des enjeux soulevés par l'Approche commune laisse les Montréalais plutôt indifférents.
Les interventions ponctuelles récentes de certains représentants politiques de haut vol, dont celle de l'ancien Premier ministre Jacques Parizeau, n'auront servi, semble-t-il, qu'à meubler l'actualité estivale aux prises elle aussi avec une torpeur caniculaire. L'arrivée tardive de l'automne, qui coïncide également avec le retour en force de Mario Dumont à l'avant-scène de la politique québécoise, suivie de la publication de la plate-forme électorale de Jean Charest, ont relégué rapidement le dossier loin dans les pages intérieures des journaux.
Voilà un repli fort regrettable, sinon dommageable.
Car ce débat extrêmement houleux localement concerne au premier chef l'avenir de l'ensemble des régions du Québec, incluant à plus long terme celui des grands centres. Ne serait-ce que pour cette unique raison, la discussion, aussi tendue qu'elle puisse être, ne doit pas se dérouler en vase clos.
Transparence et confiance mutuelle
Les implications sur le quotidien des Québécois de la ratification de ce traité, dans deux ans, trois au maximum, seront significatives, permanentes et irrévocables. Ainsi, ce serait une grave erreur de s'en remettre à la pensée magique, en croyant justement que les choses finiront bien par s'arranger toutes seules si tout se passe, selon l'expression consacrée, «derrière des portes closes».
Toutes les parties sans exception impliquées dans cette négociation constituant une première mondiale, selon les experts, ont intérêt à ce que la transparence et la confiance mutuelle soient au rendez-vous. Sinon, on ne le répètera jamais assez, l'émotivité risque de remplacer définitivement le dialogue de sourds auquel se livrent présentement, sur le terrain, les Autochtones et les Blancs.
Un exemple parmi tant d'autres illustre parfaitement l'état d'esprit qui anime les Montréalais face à ce dossier...
En fin de semaine, à l'occasion de la tenue du Conseil général des libéraux provinciaux, la délégation du Saguenay—Lac-Saint-Jean a tenté de sensibiliser en atelier les hautes instances du parti à la nouvelle réalité susceptible de se manifester dans la foulée des négociations relatives à l'Approche commune. L'accueil réservé aux propos empreints d'une réelle inquiétude des régionaux, allant tous dans le sens de mises en garde bien senties et chargées d'émotion, s'il fut sympathique voire intéressé, ne s'est cependant pas traduit dans les faits. Les nombreux défis soulevés régionalement par ce débat ne semblent guère avoir soulevé d'intérêt!
Quant aux médias nationaux, qui auraient pu être tentés de ramener le débat à l'avant-plan de l'actualité compte tenu notamment de la tempête soulevée l'été dernier par Jacques Parizeau, ils ont été tout simplement muets sur le sujet pendant toute la fin de semaine.
Signaux d'alarme
L'indifférence généralisée semble être sur le point de redevenir la norme pour tout ce qui concerne l'Approche commune. Pourtant, les mises en garde en provenance régulièrement du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, qui tentent de trouver leur chemin jusque dans la métropole, sont de plus en plus nombreuses.
Les signaux d'alarme sont particulièrement aigus du côté de Sept-Îles et de Baie-Comeau. Là-bas, de toute évidence, ça commence à jouer pas mal dur entre Blancs et Autochtones.
L'affaire ne doit pas être étouffée sous prétexte que les esprits s'échauffent. Bien au contraire. C'est en mettant en relief l'état d'esprit actuel animant les principaux acteurs impliqués dans ce dossier explosif que la grave crise en formation trouvera, c'est tout le moins à espérer, un dénouement rapide et satisfaisant pour les différentes communautés en présence.
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