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«« Intégration et religion
Les commissions scolaires excluent le contrôle
du kirpan
Sébastien Rodrigue
La Presse 20 avril 2002
Les principales commissions
scolaires de Montréal ne connaissent ni le nombre d'élèves sikhs ni le nombre
d'élèves portant le kirpan dans leurs écoles, mais il est hors de question de se
lancer dans une chasse aux sorcières pour superviser le port du poignard
traditionnel.
Le retour en classe d'un sikh de 12 ans à
l'école Sainte-Catherine-Labouré de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys
(CSMB) après une ordonnance temporaire de la Cour soulève l'inquiétude de
plusieurs parents depuis quelques jours.
De son côté, la Commission
scolaire de Montréal (CSDM) accueille aussi des élèves sikhs, mais aucun cas
d'enfant portant le kirpan traditionnel n'est survenu par le passé, selon la
porte-parole de l'organisme, Claudette Lechasseur.
Elle précise que les
arrangements entre les familles et la commission scolaire ont fait leur preuve.
Plusieurs sikhs acceptent de porter, au lieu du kirpan, un pendentif le
symbolisant. «On n'ira pas regarder s'ils le portent ou non. Les accommodements
raisonnables fonctionnent», souligne Mme Lechasseur.
Même son
de cloche à la CSMB, où l'idée de recenser les kirpans en circulation est
exclue. «Il est hors de question d'instaurer un climat de chasse aux sorcières.
Les élèves sikhs sont présents dans nos écoles depuis plusieurs années, mais
c'est la première fois qu'une famille refuse un accommodement raisonnable»,
rappelle Brigitte Gauvreau, porte-parole de la commission scolaire.
Les
deux commissions scolaires francophones de Montréal ne sont donc pas en mesure
d'évaluer le nombre d'élèves sikhs fréquentant leurs écoles qui portent le
kirpan, mais elles estiment que la plupart acceptent de porter un pendentif
symbolique. Le 16 mai prochain, la question du port du kirpan à l'école sera
néanmoins jugée au fond en Cour supérieure.
Mathieu Boisvert, professeur au département des
sciences religieuses de l'UQAM, mentionne pour sa part que le port du kirpan est
une tradition en perte de vitesse chez les sikhs vivant dans des pays
occidentaux. «Le kirpan avait deux buts, l'identification communautaire et la
défense d'une minorité religieuse», note-t-il.
De leur côté, des parents
faisaient toujours signer une pétition hier «contre le port d'une arme blanche à
l'école». Selon le décompte de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, il y
avait encore 23 enfants absents de l'école, alors qu'ils étaient 37 la veille.
Les parents misent maintenant sur une rencontre d'information avec la direction
de la CSMB dont la tenue n'a pas encore été déterminée.
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