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«« Intégration et religion
TOLÉRANCE ZÉRO SUR LE PORT DES ARMES BLANCHES À L'ÉCOLE
Kirpan: Québec en appelle
Karim Benessaieh
La Presse Le mardi 28 mai 2002
L'histoire du kirpan reprend de plus belle. Comme il l'avait déjà laissé entendre il y a dix jours, le procureur général du Québec, Paul Bégin, a confirmé hier qu'il portera en appel le jugement qui autorise un jeune sikh à aller à l'école avec son poignard symbolique.
«Le maintien de la sécurité dans les milieux scolaires exige la tolérance zéro du port d'armes blanches», a répété, cette fois par communiqué, le ministre Bégin. Le 17 mai, la juge Danielle Grenier, de la Cour supérieure, a permis à Gurbaj Singh Multani de porter son kirpan à l'école.
Elle a cependant imposé un éventail de conditions au sikh de 12 ans: son poignard devait rester dans un fourreau en bois, le tout devait être emprisonné dans une étoffe solide et il devait le porter constamment sous ses vêtements, sans jamais s'en départir.
Avant même que ce jugement ne soit rendu, le représentant du procureur général, Me Henri Bourassa, avait fait savoir à la cour que la position de son client était la «tolérance zéro» en matière d'armes blanches à l'école.
Il a précisé que le gouvernement attendrait de prendre connaissance des motifs du jugement avant de prendre une décision.
Pourtant, ce compromis survenu après plus de six mois de controverse avait été qualifié d'«acceptable» par les avocats des deux parties. Le président de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Jean-Marc Crête, avait cependant contredit son propre avocat en annonçant qu'on songeait à en appeler de la décision.
L'avocat des parents de Gurbaj, Me Julius Grey, a à maintes reprises mis en garde Québec contre la tentation d'aller en appel de cet accommodement.
«Ça mènera à une loi brisée et à une image ternie pour le Québec», a-t-il déclaré, rappelant que les dispositions de la Charte des droits de la personne empêchent pratiquement les gouvernements de légiférer dans ce domaine.
«Quand toutes les juridictions en Grande-Bretagne, en Ontario, en Colombie-Britannique ou encore en Californie sont d'accord et qu'il n'y a pas un seul incident relevé en milieu scolaire, il faut se poser la question: pourquoi la tolérance zéro? De quoi ont-ils peur?», demande-t-il.
La porte-parole du ministre Bégin, Claude Potvin, avait alors déclaré à La Presse que c'était «une question de sécurité». «Le kirpan est considéré comme un couteau très coupant», avait-elle expliqué.
En attendant, le jeune sikh a pu réintégrer sa classe la semaine dernière. Son arrivée à l'école Sainte-Catherine-Labouré s'est bien déroulée, contrairement à son premier retour en avril, alors qu'il avait été accueilli par une dizaine de parents en colère.
La controverse a commencé en décembre lorsqu'un parent de l'école a constaté que l'élève sikh portait un kirpan d'une vingtaine de centimètres. Il a alerté la direction, qui a contacté les parents de l'enfant avant de le renvoyer à la maison.
La commission scolaire avait alors proposé un compromis, soit d'envelopper le kirpan dans un tissu en coton, qui avait été refusé par le conseil d'établissement.
Quant aux parents du jeune sikh, décrits comme très pratiquants, ils ont toujours refusé de remplacer le poignard par un pendentif, une solution qui avait été acceptée par les autres sikhs qui fréquentent l'école.
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