|
«« Autochtones
L'Entente entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec Si la nation québécoise n'est
pas une nation ethnique, elle doit viser autant l'intégration des nouveaux arrivants que l'intégration des premiers habitants.
Gilles Verrier
AGQ - TRIBUNE LIBRE 9.5.2002
Personnellement, et avec tout le respect qu'il faut avoir pour les
opinions contraires, j'estime qu'avec cette entente le gouvernement du
Québec affirme son incapacité de se dissocier de la pensée
canadienne.
Je m'explique.
Le Canada c'est la discrimination négative des autochtones
fondée sur
la race et le sang. La concept même de la réserve est un concept
ethniciste et discriminatoire. Le gouvernement du Québec, pour faire
moderne et ouvert, change la réserve en une discrimination
positive,
également fondée sur la race et le sang.
La seule approche équitable est celle qui, tout en reconnaissant le
besoin de mesures de rattrappage pour les autochtones (et non
l'enrichissement d'une minorité d'entre eux), met de l'avant les
principes républicains de liberté, d'égalité et de
fraternité en
opposition à toute discrimination ethnique. La discrimination
ethnique
motivée par de bons sentiments ne vaut guère mieux que celle
qui est
motivée par l'exploitation. Si la nation québécoise n'est
pas une
nation ethnique, elle doit viser autant l'intégration des nouveaux
arrivants que l'intégration des premiers habitants. C'est ainsi
qu'une nation s'enrichit de tous ses membres, c'est ainsi que la
nation peut constituer le chaînon essentiel d'un monde ordonné
et
pacifique.
La subordination de la pensée québécoise à la pensée
canadienne en ce
qui concerne les relations avec les autochtones est un signe profond
du colonialisme qui infecte la pensée politique de nos dirigeants
québécois. Ceux-ci se montrent malheureusement incapables de
sortir de
la logique ethniciste canadienne. Si, pour l'avenir, le modèle
républicain est certainement à considérer, le modèle mis
en place par
le Cardinal de Richelieu, dès 1627, est probablement aussi
fécond
sinon davantage. C'est grâce aux principes actifs du métissage
que les
vrais canadiens, unis aux peuples indigènes, ont pu parcourir et
nommer l'Amérique du Nord avant 1760. Les Anglais des Colonies, 20
fois plus nombreux, ne pouvaient en faire autant parce que leur
politique à l'égard des autochtones était dès le
départ une politique
d'apartheid.
Il faut donc renouer avec l'immense succès que constitua la
politique
de métissage mise en place par le Cardinal de Richelieu et la
Compagnie des Cent Associés dès 1627. C'est la source
historique, une
oeuvre française américaine entièrement réussie, à
laquelle il nous
faudrait abondamment puiser pour trouver une solution équitable
pour
tous dans la construction d'une nation nouvelle.
|