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«« INTÉGRATION ET RELIGION
Le droit de porter un kirpan
Anthony Hilton
Assoc. Prof. of Psychology (ret.) Concordia University
Le Devoir jeudi 20 juin 2002
Lettres - Je suis tout à fait d'accord avec les sikhs qui, pour des motifs religieux, revendiquent le droit de porter partout, même à l'école, un couteau potentiellement mortel appelé kirpan, comme Tajinderjeet Kaur Saran, dont la lettre est parue dans le Globe and Mail du 14 juin et dont la position a été défendue par ce journal dans un éditorial du 1er juin. Mais si je m'intéresse au kirpan, c'est avant tout à titre de précédent juridique.
Il se trouve que ma propre religion exige que je porte dans une gaine dissimulée un automatique de calibre 45 chargé, et ce, comme «article sacré de la foi», pour utiliser les mots de M. Saran.
Le port d'une telle arme à feu représente «un devoir de justice sociale», soit, en ce qui me concerne, le droit sacré à l'autodéfense et à la défense de ma famille et le devoir sacré de me venger d'actes d'homicide ou de viol contre l'un ou l'autre de mes proches.
Bien qu'elle n'ait aucun lien avec le christianisme, ma religion défend formellement l'usage d'une arme meurtrière, sauf pour les fins sacrées citées plus haut, et je n'ai jamais encore, quant à moi, fait usage d'une arme à feu contre un autre être humain.
De même, je ne porte pas en ce moment une arme à feu dissimulée, mais c'est par respect pour la loi canadienne, dont je présume qu'elle reflète les désirs d'une majorité démocratique de citoyens.
Ceux-ci pensent probablement qu'on ne devrait pas me permettre de m'acquitter de cette exigence précise de ma religion sans donner le droit (équivalent) de porter de telles armes à d'autres qui seraient peut-être moins circonspects quant à leur utilisation.
Mais si le gouvernement du Québec échoue dans son appel contre les kirpans, je pourrais bientôt déposer une requête de port de pistolet dissimulé, en vertu des sections contre la discrimination (3 et 10) de la Charte des droits et libertés du Québec et en vertu du principe désormais bien établi de «l'accommodement raisonnable» (Ville de Montréal, L'Accommodement raisonnable - Guide à l'intention des gestionnaires, ISBN 2-7647-0125-X).
Souhaitez-moi du succès !
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