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«« RÉFÉRENDUM
Sortir de l'impasse
Gilbert Lavoie
Le Soleil Le samedi 30 mars 2002
Éditorial - Au lieu de contribuer à la promotion de la souveraineté, le dépôt en catastrophe, mercredi, de la mise à jour des études de la Commission Bélanger-Campeau, n'a fait que confirmer le cul de sac politique dans lequel le Québec est embourbé. Selon les chercheurs, les contraintes à la souveraineté se sont accrues, de nouveaux obstacles à une réforme constitutionnelle sont apparus, le poids démographique des francophones au Canada et au Québec est à la baisse, et les surplus budgétaires ont redonné à Ottawa des coudées franches pour agir unilatéralement. Pire encore, le vieillissement rapide de la population québécoise creusera davantage l'écart entre le taux d'emploi au Québec et celui de l'Ontario, à un point tel que « seule une hausse significative du taux d'activité des 55 à 64 ans peut limiter l'ampleur de la baisse du taux d'emploi global au Québec ». À cause de cette baisse du taux d'emploi, la création nette d'emplois au Québec entre 2000 et 2011 sera probablement inférieure à 100 000, prédit l'économiste Mario Fortin, de l'Université de Sherbrooke.
Le PQ, qui voyait dans la souveraineté le moyen d'accroître la prédominance du français au Québec, notamment auprès des immigrants, se fait dire que « les progrès en matière de francisation des immigrants ont été tels que notre hypothèse d'un impact, même limité, de la souveraineté sur l'ampleur et le rythme de cette dynamique apparaît nettement moins fondée qu'en 1992 ». Dixit Marie McAndrew, de l'Université de Montréal.
Cette liasse de 3800 pages, que le ministre Jean-Pierre Charbonneau a déposé tard mercredi, a coûté 600 000 $. Le ministre ignorait, jeudi, s'il utiliserait les 500 000 $ qui restent au budget pour compléter la révision de ces études. Une réflexion s'impose.
On explique, au gouvernement, que si les recherches ne sont guère favorables à la souveraineté, c'est peut-être parce que la mise à jour a été faite par les mêmes experts qui avaient été recrutés en 1990 sous le gouvernement Bourassa. On souhaite aussi que les conclusions de ces experts soient analysées et même contestées par d'autres chercheurs. Est-ce à dire qu'après avoir investi en vain 600 000 $ de fonds publics dans l'espoir d'enrichir l'argumentation souverainiste, le gouvernement pourrait commander d'autres études pour réfuter les conclusions des premières recherches ? Évitons le ridicule. Cherchons plutôt à utiliser le travail accompli.
Ce n'est pas seulement les souverainistes que ces études renvoient à leurs devoirs, mais tous les Québécois. Les nouvelles problématiques identifiées par les experts sont telles qu'elles nous imposent un regard neuf et créatif sur l'avenir politique, économique, culturel et démographique du Québec.
C'est peut-être vrai, comme l'a dit le ministre Jean-Pierre Charbonneau, que les Québécois ne sont pas intéressés à un nouveau débat sur la souveraineté à l'heure actuelle. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont désabusés et ne sont pas à la recherche d'idéaux, d'objectifs emballants. Au lieu de faire plancher nos meilleurs cerveaux sur la faisabilité d'une souveraineté que l'on cache sous le tapis à l'approche des élections, le temps est peut-être venu de les lancer à la recherche de nouvelles avenues devant les vrais défis de demain.
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