«« PLQ - les ti-mensonges

DÉFUSIONS

Charest répète sa promesse de référendums

Mathieu Boivin
Presse Canadienne Le samedi 27 avril 2002


Le chef libéral Jean Charest a répété, samedi, devant les maires de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), que les citoyens de municipalités fusionnées pourraient amorcer un processus de défusion sous un éventuel gouvernement libéral.

Il a cependant ajouté que son parti ne ferait pas directement campagne en faveur des défusions, faisant plutôt valoir qu'il s'agissait plutôt de défendre le vieux principe «pas de taxation sans représentation».

«C'est une question de démocratie, a-t-il plaidé. Les citoyens qui paient des taxes ont le droit d'avoir un mot à dire dans l'avenir de leurs communautés. Et il faut faire confiance au jugement des gens.»

Si son parti remportait les prochaines élections, M. Charest serait donc disposé à ce que des municipalités fusionnées ouvrent un registre à l'hôtel de ville afin d'accueillir les signatures de citoyens désireux de défusionner.

Un nombre suffisant de signatures déclencherait alors un référendum local. Le chef libéral a ajouté qu'une étude complète des avantages et des inconvénients d'une défusion serait produite, pour que les citoyens puissent se faire une opinion éclairée.

Le résultat d'un tel référendum aurait un caractère contraignant pour le gouvernement, a-t-il assuré.

Du reste, M. Charest a brossé les grandes lignes de sa vision des relations que le gouvernement québécois devrait entretenir avec les municipalités. Il a ainsi soutenu que les libéraux reconnaîtraient l'autonomie du monde municipal — en permettant la sous-traitance, notamment — et élaboreraient un nouveau pacte fiscal en vue de diversifier les sources de revenus pour les villes.

Ils tenteraient aussi de simplifier les structures et de respecter les identités locales, mais surtout, a insisté M. Charest, ils mettraient le respect du citoyen à l'avant-plan.

Sur ce dernier point, il a raillé le gouvernement Landry. «Les péquistes parlaient de permettre des consultations populaires, cette semaine, mais ils étaient opposés à ce qu'un citoyen participe à une décision sur l'avenir de sa municipalité au moment des fusions», a-t-il rappelé.

Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, n'est de son côté pas du tout favorable aux défusions. «C'est plus qu'électoraliste, c'est irresponsable, a-t-il indiqué dans son allocution, livrée plus tard dans la journée. Faire croire à des populations que des défusions seront possibles pour obtenir leur vote, cela relève d'un cynisme politique inadmissible.»

Selon M. Dumont, il serait «irréaliste et contre-productif» de revenir en arrière, même si «les fusions ont été mal faites. Il faut maintenant faire confiance aux élus municipaux et leur donner les pouvoirs pour que le compte de taxes des contribuables soit le grand gagnant des fusions», a-t-il plaidé.

Pour l'ADQ, cela peut vouloir dire des services municipaux qui seraient offerts par des sous-traitants ou la mise en compétition des syndicats avec les entreprises privés pour certains contrats octroyés par une ville, afin d'abaisser la pression sur les coûts.

«Il ne faut pas avoir peur de s'attaquer aux entraves qui empêchent une gestion plus efficiente des administrations municipales», a conclu le chef adéquiste.