«« Parti Québécois

Le PQ aux soins intensifs

Jean Bourbeau
Drummondville, 24 avril 2002
Lettre publiée dans LeDevoir Le jeudi 02 mai 2002


Après avoir été blessé sérieusement, il y a à peine quelques mois, l'état de santé du gouvernement, sous le leadership de M. Landry, est dans un état critique.

Perte de Laviolette, comté acquis par le PQ depuis 25 ans, perte de Jonquière, que détenait Lucien Bouchard, de Mercier, l'ancienne circonscription de Gérald Godin, d'Anjou, le comté de Pierre Marc Johnson, et enfin de Saguenay, qui donnait au Parti québécois, aux dernières élections, plus de 10 000 voix de majorité.

L'équipe ministérielle déçoit le peuple québécois et blesse les nationalistes et les souverainistes qui ont cru à la démocratie, à la transparence et à l'idéologie politique des Lévesque et Bouchard. L'électorat du Québec envoie un message précis et urgent au gouvernement péquiste. Le vote des souverainistes n'est plus acquis spontanément au Parti québécois. Les Québécois ne veulent plus entendre que l'unique cause des problèmes que l'on vit actuellement se résume au passage du Parti libéral au pouvoir il y a huit ans. Ils n'écoutent plus avec émotion la cassette du lac Meech. Ils sont aux prises avec les tribulations en santé et en éducation, avec les souffrances sociales qui nous entourent: suicide chez les jeunes, appauvrissement de la classe moyenne, impôts et taxes qui étouffent leurs besoins parfois primaires.

J'ai parfois l'impression que, depuis l'arrivée de M. Landry, le seul objectif du gouvernement est d'obtenir un troisième mandat en imaginant que le peuple québécois est encore un enfant qu'on peut facilement influencer. Le peuple québécois a évolué, alors que le gouvernement s'enlise dans des structures non pertinentes: augmentation inutile du nombre de ministres; nomination de trois ministres dans le secteur de la santé: ce n'était sûrement pas ce que proposait le rapport Clair, qui a pourtant fait l'unanimité chez tous les intervenants et qui n'est toujours pas appliqué dans sa globalité. Croit-on vraiment, au Parti québécois, que la solution aux différents problèmes qui nous entourent passe nécessairement par l'augmentation du nombre de décideurs?

Il est minuit moins dix, monsieur le premier ministre. Oubliez votre intérêt électoral et prenez acte du fait que les Québécois sont désabusés de votre façon de gouverner. Etant souverainiste depuis plus de 30 ans, j'ose croire qu'il n'est pas trop tard, mais aurez-vous la volonté et le courage de donner un bon coup de barre? Sinon, le vent vous ramènera rapidement au port.