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La seule option du PQ
Marc Rochette
Le Nouvelliste Le samedi 04 mai 2002
Éditorial - La caravane souverainiste
débarque avec force à Trois-Rivières aujourd'hui pour tenter de stimuler des
troupes qui ont de moins en moins la vie facile dans l'opinion publique.
Et outre la gloire locale, Yves Rocheleau, qui
ne manque pas d'argumentaire en la matière, on y retrouvera des bonzes tels que
Louise Beaudoin, Daniel Turp et Jacques Parizeau pour faire valoir les vertus de
la souveraineté du Québec, particulièrement dans le présent contexte de
mondialisation.
À elle seule, la présence de l'ancien premier ministre
québécois vaut le déplacement pour les militants de la Mauricie. À chaque fois,
le conférencier d'occasion ne manque pas de susciter tantôt la réflexion, tantôt
la controverse.
Lors de la dernière campagne provinciale en 1998, il
s'était arrêté à l'UQTR pour expliquer, entre autres, aux élèves comment l'échec
de l'union sociale constituait l'une des conditions pour la tenue d'un
référendum gagnant. Deux ans plus tard, il devait revenir en région pour
stimuler le vote bloquiste dans le cadre des élections fédérales. Et pour lui,
la réélection de Jean Chrétien représentait un atout pour la cause souverainiste
et ce, sur la base "qu'un western sans bon vilain, ce n'est pas un bon western".
En mars dernier, M. Parizeau devait confier en entrevue télévisée son
regret d'avoir démissionné, sachant aujourd'hui comment la souveraineté a été
mise sous le boisseau depuis le dernier référendum de 1995. Or, on ne peut pas
dire que les récents sondages sur la question encouragent le gouvernement Landry
à vendre l'idée d'un nouvel exercice référendaire à la population. En effet, il
y a moins de trois mois, on apprenait que la souveraineté ne recueillerait plus
l'adhésion que de 40,7 pour cent des Québécois, soit son plus bas niveau d'appui
depuis justement 1995. Pire encore, 52 pour cent des francophones s'y
opposeraient désormais et même la ferveur souverainiste des militants péquistes
était à la baisse, passant de 81 à moins de 73 pour cent.
Pas étonnant
que les études sur la souveraineté remises à jour au coût de 600 000 $ aient été
déposées plutôt discrètement en mars dernier, sans aucune séance d'information
et sans explications techniques, comme l'aurait pourtant requis ce document de
3800 pages. Justifiant cette mise au rancart par l'absence d'échéance
référendaire à court terme, le ministre des Affaires intergouvernementales,
Jean-Pierre Charbonneau, avait même avoué ne pas avoir lu les fameux rapports
rédigés initialement au début des années 90.
Après les tempêtes qui ont
secoué son cabinet, Bernard Landry doit maintenant composer avec des résultats
négatifs aux élections partielles et des perspectives peu reluisantes pour le
prochain scrutin général. Et à cela s'ajoute maintenant des coffres du parti peu
garnis, comme quoi un malheur n'arrive jamais seul.
Au début de la
semaine, le chef du PQ considérait que plusieurs bons coups de son gouvernement
ne recevaient pas toute la publicité qu'ils méritaient. Il citait alors comme
exemples la signature d'un traité historique avec la nation crie et la
performance exceptionnelle de l'économie québécoise.
Mais les meilleures
stratégies de communication parviendront difficilement à amadouer un électorat
empressé d'en découdre avec un gouvernement usé. Et contrairement à Ottawa,
l'existence d'une alternative anéantit passablement les chances d'un troisième
mandat à Québec. On l'a vu lors des élections complémentaires, les efforts
déployés pour courtiser les régions ne passent pas et même les châteaux forts
péquistes tombent au combat.
Coincé à l'externe, le PQ se tourne donc à
l'interne pour consolider sa base en vue des prochaines élections générales. Et
le plan de match est simple: exciter les troupes à la souveraineté. C'est là la
seule option du PQ.
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