«« Jacques Parizeau

Pour un Québec souverain

JACQUES PARIZEAU

VLB éditeur, 1997




Avant-propos

A l'origine, cet ouvrage devait être un simple recueil de larges extraits de mes discours, en particulier de ceux qui ont trait à la souveraineté du Québec. Je n'ai évidemment pas écrit tous ces textes et discours moi-même, encore qu'à peu près tout ce qui se rattache aux rapports économiques entre le Québec et le Canada a été écrit par moi. Je remercie ici tous ceux et celles qui, au cours des années, m'ont prêté leur plume et leur talent. Je revendique toutefois jalousement la paternité des contenus.

J'ai prononcé beaucoup de discours, et pendant de nombreuses années. Il m'a semblé que, plutôt que de laisser reproduire une avalanche de textes, il valait mieux présenter d'abord, en introduction, l'évolution de mes idées pendant toutes les années où j'ai eu la responsabilité de faire avancer la cause de la souveraineté et de tenter de la réaliser. Cette introduction a pris des dimensions inattendues. Je crois cependant qu'elle jette une lumière nouvelle sur l'évolution de l'idée d'indépendance et permet peut-être de mieux la comprendre. Le lecteur en jugera.

Les discours et les textes choisis ont été regroupés dans cinq chapitres, chacun étant précédé d'une courte introduction. Certains d'entre eux ont été légèrement retouchés pour satisfaire aux exigences de l'imprimé. Le premier chapitre présente trois textes qui correspondent à trois étapes de ma réflexion sur la souveraineté du Québec. Le premier est de 1961, le deuxième de 1967, le troisième, jamais publié, date de 1992.

Le deuxième chapitre s'intitule «La marche vers le référendum de 1995». Il commence au moment où le Parti québécois prend le pouvoir, le 12 septembre 1994, et se termine le soir du 30 octobre 1995, le soir du référendum. On peut trouver étrange de commencer ainsi par la fin. Tout ce qui a été dit, fait, préparé, tout ce qui apparaît dans le reste de l'ouvrage et bien d'autres choses encore ont été conditionnés par l'assurance qu'un jour on essaierait de nouveau. «A la prochaine», avait dit René Lévesque. La «prochaine», c'était le 30 octobre. Je suis convaincu qu'il y en aura une autre.

Le troisième chapitre est consacré à l'éternelle question des rapports économiques entre le Canada et le Québec, aux peurs, aux menaces, aux réalités, à la façon de faire la souveraineté en évitant de donner prise aux représailles, à la façon de travailler au développement de notre petit pays dans un grand espace économique. De l'apocalypse au partenariat: c'est un peu court, mais c'est un bon résumé.

Le quatrième chapitre porte sur les rapports de la majorité française avec les anglophones, les autochtones et les allophones qui, dans leur ensemble, ne partagent pas son aspiration à la souveraineté.

Le dernier chapitre, enfin, a trait à la reconnaissance internationale de la souveraineté du Québec. Comme on le verra dans l'introduction générale, loin d'être une sorte d'élément décoratif, la préparation diplomatique de la souveraineté aurait été la clé de sa réalisation si le OUI l'avait emporté.

La conclusion de l'ouvrage ne peut pas vraiment en être une tant que la souveraineté n'est pas réalisée. Voilà pourquoi c'est «Pour la suite des choses» qu'il faudrait l'intituler.


Table

Avant-propos
Introduction générale

Trois étapes dans ma réflexion

Introduction
L'idée du séparatisme n'est pas forcément absurde, dans l'ordre économique, mais les obstacles seraient nombreux et redoutables
Québec-Canada: en plein cul-de-sac
La souveraineté, une idée moderne

La marche vers le référendum de 1995

Introduction
Une longue tradition démocratique
Il faut d'abord être soi-même
Le contraire du repli sur soi
Une démarche claire et responsable
L'hiver de la parole
Fidèles à la parole entendue
Le printemps de la souveraineté
La flamme d'un peuple fier
L'espoir qui nous motive
Le projet d'une grande coalition
La longue quête de l'égalité
L'impasse du fédéralisme canadien
Décider de se prendre en main
Une Constitution qui nie notre existence
A quelques voix de la victoire
Le nécessaire passage de la souveraineté
Un projet pour la jeunesse
Refuser le statut de peuple minoritaire
Le respect de la décision démocratique
On se crache dans les mains et on recommence
La dernière frontière à franchir
Rien ne nous sera donné
Qui sommes-nous? Où allons-nous?
Tôt ou tard le Québec sera un pays

La question économique: de l'apocalypse au partenariat

Introduction
Diminuer les impôts, bien gérer et faire la souveraineté
Les exigences d'une économie moderne
La prospérité du Québec passe par la souveraineté
Les rapports économiques d'un Québec souverain et du Canada
Si les Québécois veulent garder le dollar canadien, ils le gardent
Pouvoir bouger
Ouvert aux affaires
Petits pays, grands marchés
Les finances publiques d'un Québec souverain
Entrave à nos projets et à nos rêves, le boulet fédéral

Les anglophones, les allophones et les autochtones face à la souveraineté

Introduction
Pierre Trudeau et la déportation des anglophones
Ne pas faire dire aux mots ce qu'ils ne disent pas
Préserver dans un Québec souverain les richesses culturelles de la diversité des origines
Un Québec rassembleur et tolérant
Ni raciste ni xénophobe
La proposition aux Montagnais et aux Attikameks
Des nations autochtones autonomes dans un Québec souverain

La reconnaissance internationale d'un Québec souverain

Introduction
Les conditions de la reconnaissance internationale sont réunies
A l'Assemblée nationale française
L'ouverture à la francophonie
Souveraineté et universalité
Des amis à la tête de la France
Notre place dans la famille des nations
Une nation de commerçants
«Vive le Québec libre»: une phrase dans la vie d'un peuple

Conclusion