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«Pour un Québec à sa pleine mesure»

LA PRESSE 19 mars 2003


Voici le discours prononcé par le chef du Parti québécois lors du conseil national extraordinaire de samedi, 15 mars 2003, à St-Hyacinthe.
(La version lue fait foi)

La version lue fait foi

«Oui, je suis bien d'accord avec vous, « il faut gagner » le 14 avril prochain. Et nous savons bien pourquoi il faut gagner; c'est parce que nous savons ce que signifierait la victoire de nos adversaires pour le Québec; c'est parce que nous avons la conviction que nous proposons aux Québécoises et aux Québécois un projet de société généreux, emballant, à la mesure de nos rêves et de ceux de nos enfants que nous allons nous battre avec une ardeur qui ne se démentira pas au cours des prochaines semaines.

Et c'est grâce à cette énergie, à cette mobilisation de tous les instants, à ces efforts de tous les jours dans toutes les régions et les comtés du Québec, c'est grâce à tout cela que nous pouvons gagner le 14 avril prochain!

Un conseil national spécial

Bienvenue donc à ce Conseil national spécial… très spécial en fait. Il survient au moment où notre population exprime une inquiétude légitime devant la possibilité d'une guerre en Irak. Les Québécoises et les Québécois manifestent leur attachement profond pour la paix. Je m'associe pleinement, en mon nom et en celui de notre parti et du gouvernement national, à ce mouvement dont il convient de souligner l'ampleur au Québec.

Ce Conseil national spécial est aussi très spécial pour une autre raison. Dans trente jours, les Québécoises et les Québécois prendront une décision importante, cruciale, pour l'avenir du Québec. Les choix qui leur sont proposés sont tranchés. Ils pourraient entraîner le Québec dans des directions très différentes.

Nous présentons aujourd'hui notre vision du Québec de demain. Cette vision, c'est celle du plus important projet de société que le Québec ait connu depuis la Révolution tranquille. Ce projet vise à donner à nos enfants et aux familles toute la place qui leur revient. Et pour ce faire, je l'ai dit et je le répète, notre parti fera preuve de détermination et d'audace. L'avenir de nos enfants et petits enfants constitue la plus humaine et la plus formidable des motivations.

Pour construire sur du solide

Nos adversaires disent vouloir faire le bilan du gouvernement du Parti Québécois. Nous ne demandons pas mieux. Tous les observateurs de la scène politique s'entendent pour dire que ce bilan est à l'origine de notre remontée dans les sondages. Même le chef libéral nous a couvert de fleurs la semaine dernière lors du lancement de sa campagne. Et comme Jean Charest semble apprécier particulièrement notre bilan, j'ai pensé que nous pourrions lui faire parvenir ce document.

Il s'agit du bilan dossier par dossier des réalisations du Parti Québécois qui montre que nous avons su joindre le geste à la parole. Ce bulletin parle de lui-même et démontre que le Parti Québécois a su tenir les engagements qu'il a pris en 1998. Le constat est clair : « Nous sommes des gens de parole ».

Pour aller encore plus loin

Aujourd'hui, nous nous tournons vers l'avenir en dévoilant notre plate-forme électorale. Il s'agit d'un nouveau contrat moral qui nous liera à la population du Québec si elle nous accorde sa confiance dans un mois. Ce contrat, nous nous engageons à le respecter scrupuleusement.

Voici l'idée centrale de notre plate-forme : pour donner une bonne qualité de vie à nos compatriotes, il faut s'en donner collectivement les moyens. Pour cela, il faut :

- créer des emplois de qualité;
- gérer les finances de façon responsable et équitable;
- offrir à la population un gouvernement moderne;
- donner une chance à tous en luttant contre la pauvreté;
- et relever le défi démographique en prenant des mesures pour rajeunir le Québec.

Le Parti Québécois est le mieux placé pour relever ces défis et construire ce Québec meilleur sur du solide. Il est le seul à proposer une gestion des finances publiques crédible et réaliste qui permettra d'améliorer les services de santé et d'éducation et de réduire dès que possible le fardeau fiscal des familles et la dette publique.

Pour mieux comprendre notre approche, imaginez un enfant qui, en 2025, aura 25 ans.

Je veux qu'il profite de la présence de ses parents, qu'il bénéficie de bons services de garde, qu'il fréquente une école de qualité et qu'il ait accès à un groupe de médecine de famille. Je souhaite donner un coup de pouce à ses parents le plus tôt possible en réduisant leur fardeau fiscal. Et je veux surtout qu'à l'âge adulte, il ne voie pas ses choix hypothéqués par ceux des générations passées.

Pour cela, il faut maintenir le déficit zéro, améliorer les services et travailler d'arrache-pied pour dégager la marge de manœuvre nécessaire à la réduction des impôts des familles et de la dette dès que possible.

Selon vous, qui est le mieux placé pour faire ce travail ? Le Parti libéral qui a augmenté les taxes de 11 milliards de dollars et laissé au Québec un déficit de 6 milliards de dollars? Ou le Parti Québécois qui a éliminé le déficit et réduit les impôts de 15 milliards de dollars ?

Le manque de crédibilité du Parti libéral a d'ailleurs fait l'objet de nombreux commentaires.

« Je doute des projections financières du Parti libéral. Jamais une croissance de 4 % ne s'est prolongée plus de deux ans. Et rendons à César ce qui lui appartient : le gouvernement actuel a éliminé le déficit et les services se maintiennent. »

Voilà une analyse crédible. Qui a dit ça pensez-vous? Qui a mis en doute les solutions libérales et reconnu nos mérites?

M. Yves Séguin, la nouvelle recrue du Parti libéral!

Le même Yves Séguin a exprimé son scepticisme à propos des positions de Jean Charest. Quand on lui demandé si le cadre financier du Parti libéral tenait la route, il a répondu: « Je ne sais pas. C'est un pari ». Comme si on pouvait jouer à la loterie avec l'avenir du Québec!

Tournons-nous maintenant vers la comptabilité créatrice de l'Action démocratique. Il y a deux jours, celle qui était alors porte-parole de l'ADQ en matière de finances publiques, Marie Grégoire, a présenté deux estimations du coût du congé parental préconisé par son parti : l'une de 127 millions de dollars et l'autre de 2 milliards et demi de dollars! Ce n'est peut-être pas si grave au fond. Après tout ce n'est qu'une erreur de 2 milliards 300 millions de dollars !

Mais ne craignez rien. De toute manière, l'ADQ, comme c'est son habitude, a immédiatement changé de porte-parole en matière de finances. Hier, Marie Grégoire. Aujourd'hui, Diane Bellemare. Demain? Qui sait ?

Notre choix : la qualité de vie

On pourrait rire de ces épisodes si les enjeux n'étaient pas aussi importants. Malheureusement, c'est plutôt inquiétant. En ce qui nous concerne, nous voulons, à travers notre plate-forme électorale, donner aux Québécoises et aux Québécois la possibilité d'améliorer leur bien-être. Mais pour cela, il faut construire sur du solide.

Il nous sera alors possible d'améliorer le bien-être de la population. Il nous sera possible de consolider notre système de santé en prenant un virage sans précédent vers la prévention et en développant résolument ce que l'on appelle les services de première ligne, comme les soins à domicile et les groupes de médecine de famille.

Il nous sera aussi possible de poursuivre sur notre lancée en éducation en transformant l'école secondaire et en faisant en sorte que les cégeps et les universités continuent de mener le Québec et ses régions vers l'économie du savoir et la prospérité.

Ces moyens nous permettront aussi de faire de la conciliation famille-travail le grand chantier qui donnera au Québec un visage rajeuni, plus humain. J'ai pris sur cette question un engagement clair, ferme, sans équivoque : un vote pour le Parti Québécois le 14 avril prochain est un vote pour la semaine de travail de quatre jours!

Cette mesure est en voie de devenir l'emblème de la qualité de vie que les Québécoises et les Québécois recherchent. Elle reçoit des appuis dans les milieux d'affaires, dans les milieux communautaires, dans la population, chez les experts et même chez certains de nos adversaires, comme la candidate libérale du comté de Rosemont, qui a spontanément approuvé l'idée devant un Jean Charest éberlué.

La qualité de vie au Québec, c'est aussi celle des milieux de vie. Les villes nouvelles seront soutenues et non démantelées si le Parti Québécois est réélu. Les régions seront mieux accompagnées dans leur développement et l'environnement sera mieux protégé que jamais.

Un Québec maître de son avenir

Construire sur du solide, c'est donner au Québec les moyens de choisir la qualité de vie. Mais c'est aussi lui permettre de donner sa pleine mesure en devenant maître de son avenir.

Le Québec doit affirmer son identité et défendre ses intérêts. Il doit faire entendre sa voix. Il doit prendre son avenir en main. Pour cela, il doit résolument choisir la voie de la liberté. Au cours d'un nouveau mandat, nous ferons la démonstration que cette voie, celle de la souveraineté, est la seule voie de l'avenir pour le Québec. Et nous le ferons dans le cadre d'une démarche claire, transparente, rigoureuse.

Nous avons beaucoup à offrir à la population du Québec : une équipe solide, un bilan remarquable, la compétence et surtout, une vision emballante du Québec. Nous voulons repousser les limites du plein emploi, faire reculer la pauvreté des enfants comme jamais, construire un Québec fort de ses régions, protéger son environnement et engendrer le plus grand changement social depuis la Révolution tranquille en donnant aux enfants et aux familles toute la place qui leur revient dans notre société.

Il faut faire rêver les Québécoises et les Québécois. Il faut les mobiliser pour construire un Québec meilleur. Il faut ranimer chez toutes et chez tous l'espoir de voir naître un Québec prospère, mais aussi plus humain et plus fraternel.

Cet espoir, c'est le Parti Québécois qui l'incarne. Et c'est votre travail acharné de militantes et de militants qui convaincra nos compatriotes que seul le Parti Québécois peut permettre au Québec de donner sa pleine mesure.

Il faut surtout les convaincre d'une chose en laquelle tant de nos compatriotes croient déjà du fond de leur coeur : un Québec à sa pleine mesure ne saurait être autre chose qu'un pays souverain, affirmant sereinement son identité, défendant avec ardeur ses intérêts, ajoutant sa propre voix au concert des nations et assumant la pleine maîtrise de son destin national.