«« ADQ - virage fédéraliste
Pas de référendum sous l'ADQ
Moisan, Mylène
Le Soleil mardi 25 mars 2003
Saint-Georges de Beauce - On savait que la souveraineté n'était pas sur l'écran radar de l'ADQ, mais on ignorait encore la portée du radar. Il va très loin, bien au-delà d'un premier mandat, a tranché Mario Dumont hier.
" L'ADQ ne placera pas le Québec sur la voie d'un référendum pour la période que l'on contrôle, a promis le chef de l'ADQ. La génération de mes enfants, ils feront ce qu'ils veulent. Je ne sais pas ce qu'ils voudront faire. Mais, pour l'avenir prévisible que l'on contrôle, il n'y aura pas de référendum. "
Depuis quelques jours, le chef de l'ADQ a réussi à confondre tous les journalistes qui le talonnaient pour qu'il se range d'un côté ou de l'autre. À la question, " advenant que le Parti québécois soit réélu et qu'il fasse un troisième référendum, vous voteriez oui ou non ? " il a répondu " il n'y aura pas de nouveau référendum et je vais tout faire pour qu'il n'y en ait pas ".
À l'hypothèse de l'investisseur américain qui s'inquiète de la position " à très long terme " du chef de l'ADQ sur la question, il a répété qu'il ne comptait pas s'engager dans cette voie " pour des années ". Et, à la question " êtes-vous un souverainiste ou un fédéraliste ? " il réplique toujours " je suis un Québécois ".
Il explique son refus obstiné de se ranger dans un camp parce que l'ADQ est " un parti capable d'unir les gens qui, autrefois, ont été souverainistes et fédéralistes, de ramener ça ensemble, de faire travailler ça ensemble ". En l'absence d'une échéance référendaire, la question ne devrait même pas se poser, estime-t-il. " Quand il n'y a pas de référendum, les gens ne sont ni fédéralistes ni souverainistes. "
Bien qu'il se garde de dire que la question nationale est réglée, il estime néanmoins que " les Québécois ont le goût de tourner la page ". Alors que ses adversaires se partagent encore entre " la gang des oui et la gang des non ", M. Dumont préfère courtiser ceux qui ne se définissent plus par ce critère.
Et ils sont nombreux. Selon un sondage CROP réalisé l'an dernier, 58 % des Québécois refusent de s'accoler une de ses " vieilles étiquettes ". La proportion grimpe à 63 % chez les moins de 44 ans. " Je suis fier d'en faire partie ", se targue le chef de l'ADQ.
La " paix constitutionnelle " qu'il promet a le mérite, à ses yeux, d'avoir fait bifurquer les débats vers des enjeux autres que la constitution. Interpellé sur la question nationale, il met doute qu'elle soit " réglée un jour " et affirme que le Québec va toujours demeurer " un peuple en quête d'une plus grande autonomie ". Quant à ceux qui veulent un autre référendum, il leur a conseillé de voter pour le Parti québécois. " Nous, c'est clair, c'est pas de référendum ", a-t-il répété.
MMoisan@lesoleil.com
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