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«« géopolitique 17.5.01
En France, on peut situer la période formative de lÉtat français entre Charles Martel et Louis XIII, aidé par Richelieu, soit douze siècles. Au Portugal, lÉtat est venu au monde en 1262, après une période formative qui remonte avant notre ère et au terme dune victoire définitive des Portugais sur les Maures, qui continueront de dominer lEspagne jusquen 1492. La Suisse est née en 1291. Elle a connu la domination romaine et plus tard, celle de lorgueilleuse Maison de Habsbourg. Trois cantons suisses seulement ont entrepris de mener une guerre contre lAutriche des Habsbourg : Uri, Schwyz et Unterwald. Réalisant que leur domaine forestier pouvait les aider à se débarrasser de la domination autrichienne, ces Suisses ont organisé une armée et ont battu les Autrichiens à Morgarten et à Sempach. Le 1er août 1291 fut la date de naissance de la Suisse, mais jamais lAutriche na voulu le reconnaître. À ce point que, 524 ans plus tard, au Congrès de Vienne qui devait décider du sort de lEurope après les guerres napoléoniennes, lAutriche réclama encore la possession de la Suisse. La Suède est née en 1525, au terme dune guerre contre le Danemark et les princes allemands. La Norvège est née sans guerre en 1905. La Finlande est née en 1921, à la faveur de la révolution bolchevique. LIrlande est née en 1920-21, au terme dune guerre féroce de six siècles contre les Anglais, tenaces comme des bouledogues et qui nont jamais voulu lâcher prise, convaincus que le peuple Irlandais allait finir par disparaître.
Tous ces États ont vécu une période formative qui dépassait douze siècles et souvent davantage. Par contre, la période formative de lAllemagne dépasse 18 siècles ; celle des États-Unis 156 ans seulement, pour des raisons que la géopolitique explique facilement, car les principes et les facteurs qui gouvernent les États sont les mêmes partout : ce sont les conditions qui varient dun lieu à un autre et dun temps à un autre. A linverse, lÉcosse nest plus un État depuis le Union Act de 1707, pour des raisons que la géopolitique explique tout aussi facilement, les principes étant toujours les mêmes, universels en somme. Cependant, depuis les débuts des années 20, les Écossais tentent de rétablir leur État et, comme lIrlande du Nord et le Pays de Galles, ils possèdent maintenant leur propre Parlement, ce qui est un début.
Ces peuples ont tous, ou presque tous certaines caractéristiques communes : lamour de la mer et du froid, un goût préféré pour les activités physiques, une compétence pour la construction des navires et la navigation maritime à long cours, le goût et des aptitudes pour la mécanique et un attachement farouche à leur liberté et leur indépendance, quel que soit le prix à payer pour les obtenir. Pour ces peuples, linféodation, même bénigne à une puissance extérieure est une ignominie à combattre de toutes ses forces. Tous ces peuples, y compris les Bavarois, (lesquels nont jamais accepté la domination des Saxons de Prusse), préfèrent posséder leur propre État national et partant, se gouverner eux-mêmes, quoi quil arrive. On est toujours mieux gouverné par soi-même, peu importe nos erreurs, que par les autres, fussent-ils meilleurs que nous. Telle est lessence de la liberté, qui consiste à vivre avec ses erreurs, ses manquements et son ignorance autant quavec son intelligence et ses facultés dadaptation, toujours limitées par ailleurs. Ces peuples des régions froides de lEurope, déjà inhibés par une nature sévère, ne se prennent ni pour dautres ni pour des dieux. Ils savent qui ils sont et ne prétendent pas davantage. Sils sont libres, lont déjà été ou sont de nouveau à la veille de lêtre, cest parce quils connaissent leurs limites et les limites de ceux qui tentent de les inféoder et les soumettre, non parce quils se pensent meilleurs que les autres. Sachant qui ils sont, ils nont pas ou peu de problèmes identitaires. Ils savent que pour être libre, il faut être soi-même et vrai, même lorsque le prix politique et économique à payer pour être reconnu est élevé.
Lorsque nous allons vivre ailleurs, chez les autres, nous nous adaptons, peu importe les efforts nécessaires pour apprendre les langues et comprendre les coutumes. À quelques exceptions près, nous lavons toujours fait et nos missionnaires envoyés à létranger ont fait la preuve de nos aptitudes à composer adéquatement avec un univers autre que celui avec lequel nous sommes familiers. Le nombre de Québécoises et de Québécois qui visitent les pays étrangers, y vivent, apprennent plusieurs langues et communiquent en profondeur avec les autres, ne se compte plus. A ce point de vue, nous navons de leçon à recevoir de personne.
Les United Empire Loyalists, maîtres politiques et économiques du Canada, ne nous permettent pas de dire NOUS. Lorsquils disent WE, nous en sommes exclus. Voyez à la télévision les débats du Parlement canadien à Ottawa à cet effet et jugez-en par vous-mêmes. Cest à nous que revient la tâche de développer notre propre NOUS. Ce NOUS a une signification, un sens, une portée et une dynamique beaucoup plus profonds que nous tendons à le croire. En premier, il signifie que NOUS existons. Pour Aristote, le NOUS (en ancien grec), cest lâme, source de vie, forme du corps et principe de son mouvement. En français, le NOUS implique une relation en acte, donc un Être, lequel nous est refusé par le pouvoir central, loyaliste, centraliste, unitaire et arbitraire dOttawa et cest bien quil en soit ainsi puisquen agissant de la sorte, Ottawa nous rend à nous-mêmes et nous oblige à nous prendre en charge et nous rendre maîtres de notre destin. À nous de prendre la décision qui simpose, autrement le Destin décidera pour nous et nous perdrons lhonneur et le sens à la fois de notre statut comme nation et État national.
Le vrai séparatisme, cest au Canada anglais quon le trouve, chez les United Empire Loyalists, qui veulent le pouvoir absolu sur nous, qui décident de tout et nous placent devant le fait accompli, sans nous consulter, nous traitant comme si nous nexistions pas. Eux existent et agissent pendant que nous devons rester passifs et attendre que leur « bonne volonté » daigne jeter au Néant que nous sommes un regard complaisant et méprisant. En agissant de la sorte, ils nous chassent du Canada mais prétendent nous retenir par amitié, alors quil ny a pas damitié en politique, seulement des jeux dintérêts, de rapports de forces et deffectivité. Aucune hostilité manifeste de leur part, aucune menace directe non plus, comme auparavant. Soyons logiques : il ny a pas à manifester la moindre hostilité envers nous qui nexistons pas, excepté lorsque nous osons venir au monde.
Génocidaires, les Loyalistes lont été avec les Irlandais, les Écossais Celtes, les Yankees de la Nouvelle Angleterre, les Acadiens, dont ils refusent de reconnaître la responsabilité pour la déportation; les Boers dAfrique du Sud et même les Australiens qui doivent eux aussi subir le même mépris. Les autres peuples soumis à lEmpire britannique ont souvent été exploités pour diviser à lavantage des Loyalistes et de lEmpire les forces en présence, en semant la méfiance et la zizanie entre les peuples, ou par exemple, en poussant les Iroquois contre nous en Amérique du Nord et les Zoulous contre les Boers en Afrique du Sud.
Sous Cromwell et jusquaux débuts du Vingtième siècle, les Loyalistes auraient exterminé le peuple Irlandais sils en avaient été capables, quitte à se revêtir ensuite de lidentité irlandaise, comme le loup qui se couvre de la peau du mouton quil vient dégorger. Les United Empire Loyalists et leur Loyal Orange Lodge nont aucune identité nationale depuis quils ont quitté lAngleterre pour aller sétablir ailleurs, doù leur propension à usurper lidentité des autres. Ils se sont emparés de notre identité canadienne originale et maintenant, ils nous loffrent en cadeau, comme une insigne faveur contre laquelle nous devrions pleurer de reconnaissance. Leur propagande, toute en euphémismes, travaille depuis des siècles à créer la bonne conscience loyaliste et à semer le ressentiment et le mépris envers les autres. Le séparatisme, nous ne lavons pas inventé et notre soumission servile à leur régime en fournit une preuve irréfutable. Maintenant que le nombre de souverainistes au Québec a augmenté jusquà dépasser plus de la moitié des Québécois de langue française, de souche et dadoption, le sort en est jeté et nous devons marcher vers notre Destin, conquérir pleine reconnaissance de nos statuts et réduire les risques de guerre à zéro, par le moyen dune politique de dissuasion active, intelligente et efficace. Avec les United Empire Loyalists et les Loyal Orange Lodge, la détermination farouche et inébranlable et le réalisme froid sont les seules garanties de succès. Nous devons apprendre des autres peuples qui ont connu les foudres des Loyalistes et de lEmpire britannique en général, tout en sachant apprécier par nous-mêmes les contextes et les situations qui se présentent.
En effet, qui agit subsiste et existe : qui nagit pas nexiste pas. La morale ontologique est simple : Tu veux exister? Agis, passe aux actes, à laction denvergure, par la connaissance des principes qui empruntent à lActe (la fin), les moyens et la démarche pour y parvenir, à lintérieur du cadre étroit de ton milieu. La véritable liberté, indissociable de lexistence et de lagir en fonction de lActe à accomplir, ne prétend pas davantage. Cependant, dans la nature humaine, nul ne peut agir seul, chacun et chacune ne pouvant agir que dans et par les autres et inversement. Doù nécessité de lÉtat, le nôtre, qui nous fait agir et nous met au monde. Quant à lÉtat étranger, qui nous fait subir laction des autres, nous devons nous en défaire, coûte que coûte. Il est potentiellement funeste de vivre sans agir. Dans lAntiquité grecque, Sophocle lavait bien exposé dans son OEdipe-roi. Quelle souffrance indescriptible parce quontologique de dire : « Mes actes, je les ai subis. Je ne les ai pas commis ».
Sigmund Freud voyait dans cette soumission servile et dégradante le point dorigine des névroses obsessionnelles, quon pourrait appeler névroses existentielles. (cf. Bemerkungen über einen Fall von Zwangsneurose. Exposé de 1909, toujours dactualité). Situation psychologique et ontologique terrible, sil en est une. Les individus et les peuples ainsi dominés vivent intellectuellement et mentalement assiégés par les calembours, les slogans, les idées, les phrases simplistes, les mots, les clichés, la «logique », les remarques et les jugements des autres. Ils deviennent incapables de développer et posséder leur propre jugement critique avec cette rigoureuse maîtrise dun vocabulaire qui les rendrait aptes et capables dagir et par conséquent libres. Encore pire lorsque les chefs naturels offrent les moyens de venir au monde et que ces peuples refusent, prisonniers des mots transmis par les autres. Leur NON est une incitation à régresser vers limpossible Néant. Tragiquement, trop de peuples ont refusé de se libérer alors que leur affranchissement était possible, désirable et souhaitable. Ils ont préféré lesclavage, commode puisque lesclave na rien à penser ni à décider par lui-même, ne prend aucun risque et se laisse vivre en attendant la réprobation éternelle qui ne le manquera pas. Le sadisme ne consiste pas tant à faire souffrir les autres quà leur demander de nous dominer.
La mondialisation et le globalisme existaient à lépoque des Phéniciens, des grands Caravaniers, des Vénitiens et des Hanséatiques. La procédure des impériaux a toujours été la même : accaparer toutes les richesses, les entreposer pour créer la pénurie et en augmenter le prix, les vendre ensuite comme une faveur contre laquelle les peuples devraient pleurer de reconnaissance. Aujourdhui, cependant, avec les développements de la technologie actuelle, il se pourrait que les impériaux perdent leurs moyens ; par contre, ils cherchent à se rattraper par un contrôle absolu sur largent, retenu comme une marchandise rare. Jamais dans lhistoire du monde autant dargent na été accumulé et retenu. La Nature est généreuse à lexcès mais il y a toujours eu des hommes et des femmes qui cherchent à enlever aux autres les moyens de leur existence et à se faire grassement payer pour les leur redonner. Doù nécessité dÉtats nationaux distincts et capables dimposer à tous la loi du bien général et de lagir en vue de lintérêt commun. La politique est affaire dintérêts et de rapports de forces ; elle est aussi affaire deffectivité sur le plan des fins, defficacité sur le plan des moyens et aussi daffectivité, terme qui sert à identifier et à qualifier lunivers de la relation.(À cet effet, lire et étudier : Je et Tu. Par Martin Buber. Aubier. Bibliothèque philosophique. Paris. 1969. 172p.) Sans État national effectivement gouverné pour le bien général, un peuple est exposé à subir la tyrannie des intérêts particuliers.
Lorsque les éléments sont en place, comme cest le cas du Québec actuel, leffectivité traduit lintention en acte. Elle est cette qualité de la volonté éclairée qui, appréciant demblée un contexte et une situation, en détermine les objectifs à poursuivre et les principes qui gouvernent leur réussite. Quant au principe, à ne pas confondre avec une théorie, il est lélément intangible mais réel de lagir, en fonction de lActe qui lui sert de régulateur et de fin. Puisquelle se rapporte à lActe, cette définition nest pas logique mais ontologique, ou métaphysique, en ce sens quelle incite à dépasser les apparences pour accéder à la réalité qui nest pas immédiatement tangible et perceptible. Leffectivité est médiate : elle nest pas immédiate comme lefficacité. La science des fins et des Actes dépasse la logique discursive des moyens, des techniques et des mathématiques, dont la fonction auxiliaire demeure subordonnée à lexistence et à lÊtre.
Les principes deffectivité qui gouvernent les États sont des constantes, ou facteurs de continuité dans lespace comme dans le temps. Ils ne sont pas arbitraires. Au contraire, la liberté de les mettre en pratique ou de les ignorer demeure complète en toutes circonstances. Par contre, qui se donne la peine de les apprendre et de les mettre en pratique finit par traduire ses intentions en acte et qui les ignore reste avec ses intentions. Le succès est assuré, mais à moyen et à long terme, doù nécessité pour réussir de posséder une vision spectrale de la réalité, qui dépasse les nécessités liées à limmédiat mais sans les ignorer, afin de maintenir chez tous les concernés le moral et la volonté de poursuivre, en dépit des échecs apparents de lheure. Alors que les événements passent, les principes demeurent et voilà ce quil faut retenir lorsquil sagit de gouverner notre propre État, comme nous voulons maintenant le faire.
LÉtat est linstrument privilégié de lagir dun peuple et afin deffectuer une critique objective et constructive de son action, tous les Québécois et toutes les Québécoises doivent apprendre à connaître les principes qui en gouvernent leffectivité dun État, dans leurs représentations et dans la pratique.
Voici une liste sommaire de ces principes, appelés également principes universels de laction et principes de stratégie. Le terme stratégie est employé par opposition à tactique, en ce sens que la stratégie vise laction denvergure et la réussite à moyen et à long terme, alors que la tactique a pour objet le succès immédiat, dangereux cependant lorsquon ignore les effets à long terme dune victoire tactique. Toute tactique doit sinscrire à lintérieur dune stratégie et non linverse.
Quant aux responsables des multiples fonction des États, chefs militaires compris, leurs vices dappréciation ne se comptent plus. Même chose dans les grandes institutions, les entreprises et lÉglise. Apprécier correctement et rigoureusement les contextes et les situations qui se présentent exige de limpartialité, de lobjectivité, du coup doeil et une formation générale critique que peu dindividus en fonction possèdent. Et ce qui est encore plus important : il faut savoir représenter correctement ce qui a été vu et compris. Combien de gens « importants » sexpriment mal et sèment la confusion sur leur passage?
Au cours de 28 années de service dans larmée, jai été, plus souvent quautrement, commandé par des ignorants et des imbéciles, experts en intrigues et capables daccéder aux plus hautes fonctions, en dépit de leurs inaptitudes, leur alcoolisme et leur promiscuité. La même ignorance était présente dans les services diplomatiques et chez les fonctionnaires de différents ministères. On la retrouve dans les journaux à grands tirages, à obédience néolibérale et capitaliste sauvage, véhicules dune pensée et dune idéologie uniques, sans égard aux conditions réelles qui se présentent. Limbécillité ne prétend pas davantage. Que, dans de pareilles conditions, la vie parvienne à se maintenir et même à progresser relève dune intervention divine et du miracle. Chez tous ces « grands personnages », le défaut est le même : inaptitude et incapacité dapprécier rigoureusement et correctement les contextes et les situations qui se présentent. Ils ont largent et le pouvoir, donc ils peuvent se payer le luxe de limbécillité et de la duplicité, sans se soucier de ce qui arrive au bas de léchelle socio-économique.
La question qui se pose est la suivante : comment se fait-il que tant dignorants et dincompétents se retrouvent inopinément à occuper des postes dinfluence? Tout le Québec doit trouver réponse à cette question et remède à ce problème si nous voulons que notre État à nous soit compétent et intègre. Chose certaine : il sera plus facile pour nous deffectuer ce jugement critique à légard dun seul État et dun seul gouvernement, plutôt que partagés comme nous le sommes entre deux États, deux gouvernements et deux loyautés. La véritable démocratie commence avec laptitude et la capacité chez un peuple deffectuer un jugement critique de son État et de ses institutions, ce qui nest guère possible lorsque deux États sollicitent, non son jugement critique mais son affection inconditionnelle et sa soumission servile, par le truchement de manipulations plus ou moins délétères et malhonnêtes.
Le contexte désigne lensemble des facteurs de continuité qui influencent lÉtat : la géographie, le temps historique, lexpérience des autres, les précédents qui ont de la pertinence, le maintien du moral, les principes du développement durable, létat des communications actuelles, le capital national, la signification des frontières, et les réseaux de relations qui se sont établis ou sétablissent dans le monde, avec avertissement sévère de ne pas se fier aux apparences mais daller vérifier soigneusement sur place.
La situation implique les variables qui influencent le devenir de lÉtat : hommes et femmes politiques, partis et groupes de pression, idées, idéologies, instruction et ignorance, courants didées et dopinions, dont lopinion publique avec tout ce que celle-ci comporte de superficiel, de manipulatoire, daléatoire, de transitoire et de potentiellement explosif. Encore une fois, il ne faut pas craindre de sinstruire par lexpérience des autres.
Il est fréquent quau stade de la planification, la détermination des objectifs apparaît comme évidente en soi. Au stade de lexécution, elle nest plus aussi certaine et on a alors tendance à le laisser tomber. Cest une erreur à ne pas commettre. De deux choses lune : lappréciation a été mal effectuée et lobjectif ne correspond pas aux exigences de la réalité, souvent trop grandiose et quasiment impossible à atteindre sans ruiner lÉtat : lappréciation a été correcte mais le manque de détermination détourne des objectifs à atteindre parce quon navait pas prévu toutes les difficultés. Tout en faisant preuve de flexibilité, il faut poursuivre les objectifs déterminés à tout prix, tout en évitant les pièges des profiteurs et des détracteurs. Il est évident quen présence de deux États et deux gouvernements, les objectifs sont très difficiles à déterminer et à maintenir.
Lorsquil est absent, on ne peut manquer de sen rendre compte. Il est difficile de saisir toutes les composantes du moral humain, mais on peut quand même en développer quelques facteurs propres à le maintenir : Compétence, intégrité, originalité et charisme des chefs ; souci de ne faire aucune injustice à personne ; instruction générale et technique continuellement maintenue jusquà la fin de la vie active et même au delà ; le sens de lhumour ; la discrétion et le respect des confidentialités et des confidences et finalement, le succès obtenu dans les petites et les grandes choses. Il faut réussir, autrement le moral sécroule.
La relation affective avec les proches et les dirigeants est un important facteur du moral humain. Un peuple a besoin daccorder son assentiment et sa loyauté à quelquun qui le représente. Il tend naturellement à sidentifier à ses chefs. Lorsquil est divisé par deux États, deux gouvernements et deux loyautés, son affectivité et sa loyauté sétiolent et il devient cynique. Comme lhomme qui fréquente plusieurs femmes et la femme qui fréquente plusieurs hommes. Le coeur humain nest pas fait pour se diviser en plusieurs loyautés qui vont le briser. Par contre, il est possible et souhaitable pour un sous-continent comme le Canada, faussement appelé un pays, inféodé à un seul État post-impérial, de se diviser afin que chacun soit loyal à son entourage et à ses chefs naturels, par opposition aux chefs arbitraires dun régime centraliste et unitaire et qui sollicitent du peuple une affection et une loyauté artificielles. Un peuple ne peut pas avoir deux États et deux chefs dÉtat sans se diviser intérieurement et perdre le sens de ses actes. Cest ce qui se produit actuellement dans le Québec « divisé » entre le « fédéralisme (sic) » et le « séparatisme (sic) », alors quen réalité, il est divisé entre Ottawa et Québec et refuse de prendre la décision qui lui donnera son État, lequel lui fournira de multiples occasions davoir le coeur à la bonne place.
Une décision est-elle prise? Elle a déjà été exécutée avant les discussions et avant que les papiers soient signés. Voyez le Sommet des Amériques. Tout a été décidé davance, dans les coulisses et les officines secrètes des États et les réunions au sommet navaient pour objectifs que de faire accepter les décisions déjà prises. Inutile daller pleurer sur les genoux de maman ; mieux vaut apprendre et savoir jouer le même jeu, ce qui sera plus facile pour nous lorsque nous aurons notre propre État. Pour prévenir les surprises, il faut un service de renseignements sans faille et sans reproche qui permette de voir venir davance ce que ladversaire est en train de cuisiner. Pour prévenir les surprises, il faut savoir apprécier un renseignement qui nous tombe inopinément dans les mains, les yeux ou les oreilles, sans lavoir cherché ni demandé.
Il y a toujours quelque part quelquun qui parle trop. Un bon espion nest pas quelquun qui joue au James Bond mais un citoyen ordinaire qui voit, entend, sent, comprend, et fait preuve de discernement en toutes choses. Bavards et commères sabstenir. Une telle agence de renseignements, civile et militaire, manque au Québec. Tant que nous demeurerons inféodés au pouvoir central, centraliste et unitaire dOttawa, les services de renseignements travailleront contre nous et nous serons confrontés à de nouvelles surprises. Mieux vaut agir que perdre son temps à crier au scandale. Nous serions naïfs de ne pas nous rendre compte de lamoralité de lÉtat. Toujours, la politique nest quaffaire dintérêts, de rapports de forces et deffectivité. Quon se le mette dans la tête et quon sache sen servir.
Quelle que soit la tâche à accomplir, la coordination ne va pas de soi et doit être systématiquement organisée. Elle permet de mieux concentrer et économiser leffort, de maintenir le cap sur lobjectif, dagir dune manière concertée et de confronter les adversaires avec une véritable force. Le défaut de coordonner conduit toujours vers des positions de faiblesse potentiellement désastreuses.
Pour finir, rappelons-nous cette sage recommandation de Sun Tsu : La connaissance des grands principes permet de trouver en toutes circonstances les solutions qui conviennent. Ces principes sont universaux, en ce sens que partout dans le monde, il est nécessaire de savoir les mettre en pratique pour bien gérer et administrer lÉtat et chacun de ses ministères. Car le principe ordonne de prendre conscience des conditions et des limites de laction entreprise, afin de durer et de perdurer et partant, de progresser dune manière continue. Ces principes ne sont pas des arbitraires ; ils nobligent à rien. Cependant, ils indiquent clairement que pour réussir, il est nécessaire de les connaître et les mettre en pratique, sinon, on reste avec ses bonnes intentions. Par dessus tout, pour nous, Québécois, les principes nous montrent que nous ne pouvons plus avoir deux États dans le Québec, puisque nous avons le nôtre et il peut servir pour toutes les fonctions nécessaires. LÉtat central, centraliste, unitaire et arbitraire dOttawa ne nous permet pas de mettre adéquatement les principes en pratique et pour cette raison, nous nen avons pas besoin.
A ces avantages naturels, lÉtat doit posséder une langue dÉtat, une langue rigoureuse, à portée universelle puisque luniversel permet de mieux saisis le singulier, une langue châtiée, capable de servir adéquatement tous les domaines de la pensée et de lactivité humaines et partant, de développer un instrument intellectuel et mental critique afin de créer des formes juridiques appropriées et justes, Or, La langue française, qui est une langue dÉtat, possède toutes ces qualités et davantage. De plus, elle comporte une dimension aristocratique qui en fait une des plus belles langues au monde. Un dialecte, même très vivant et coloré, ne peut pas remplir autant de fonctions. Au Québec, nous avons lhabitude de croire quun des rôles qui nous est dévolu en Amérique du nord consiste à préserver la langue française. Cest sans doute vrai, mais en réalité, cest la langue française qui a contribué à nous préserver en premier lieu. Un dialecte tribal aurait pu assurer notre survie dune certaine façon mais pas au point de promouvoir lexpansion extraordinaire que nous connaissons maintenant.
Retenons simplement pour notre gouverne, que lAutriche a de nouveau réclamé la Suisse dont elle possédait le territoire 524 ans auparavant. Jamais lAutriche impériale na abandonné ses prétentions territoriales sur la Suisse et voilà qui doit devenir une leçon fondamentale pour nous, Québécois, qui aspirons en 2001 à acquérir un statut reconnu comme la Suisse en avait obtenu en 1291, à lintérieur dun contexte international complexe et probablement aussi confus pour les gens de ce temps-là que pour nous aujourdhui, qui sommes confrontés à la mondialisation, laquelle nest pourtant pas un phénomène nouveau dans le monde.
Prenons un autre exemple. Je cherche une ferme pour métablir avec ma famille et jai très peu dargent pour en acheter une à proximité de la ville. Dans une région éloignée, cependant, je trouve une ferme abandonnée et je my installe, non sans avoir vérifié que les premiers propriétaires sont bel et bien partis et ne donnent aucun signe de vouloir revenir. Plusieurs années plus tard, la ferme a pris beaucoup de valeur grâce à un travail acharné de ma part et des autres membres de la famille. Jentreprends des démarches pour me faire reconnaître propriétaire en titre et je finis par réussir. Mon STATUT a donc changé en ce sens que, de simple squatter, je suis devenu possédant de fait ( de facto) par mon travail de valorisation du sol et finalement de droit ( de jure) parce que reconnu officiellement comme tel.
Transposons cet exemple sur un domaine de grande étendue. Une bande de colons sinstalle dans un territoire partiellement occupé par des habitants qui étaient là avant eux. Ils se mettent au travail, défrichent, mettent le territoire en valeur, aménagent quelques infrastructures, tels des chemins, des ponts, des puits, des espaces publics, arpentés et organisés, toutes choses qui se font avec le temps, beaucoup de temps, car les progrès humains sont lents à venir. En fait, avec le temps, le nombre dhabitants augmente et des institutions sont nécessaires pour diversifier les activités et progresser vers des formes organisées plus complexes. Afin de maintenir la paix sociale, un pouvoir est constitué. Après avoir développé le territoire par osmose, dune manière naturelle, les colons établissent avec le monde extérieur des relations de dépendances mutuelles, quon appelle des symbioses.
Par lampleur de ces relations, tant à lintérieur quavec lextérieur, par son travail de plus en plus diversifié, toujours en continuité, la population de colons devient un peuple. Avec le temps, par son appropriation légitime du territoire quelle occupe, cette même population devient une nation, une société territoriale. Ce STATUT dépasse celui de peuple ou dethnie. Le temps et le travail ont donc transformé un STATUT COLLECTIF de COLONIE vers celui de NATION. Cependant, pour être pleinement reconnue, la nation (avec minuscule) doit préalablement acquérir les assises de lÉTAT, cest-à-dire dune société politique, dotée dun pouvoir qui la rend apte et capable dagir avec envergure, par elle-même et pour elle-même, charité bien ordonnée commençant par soi-même. Comme lenseignent les Saintes Écritures, dont la Bible en général et lÉvangile en particulier, on ne peut aimer les autres si on na pas appris à saimer soi-même, tant sur le plan individuel que collectif. Ce principe dépasse en valeur la soi-disant « largeur desprit (sic) » des rationalistes.
Cette histoire est celle de beaucoup de peuples qui, par leur travail, on accédé au statut reconnu de nation, plus tard de Nation, grâce aux assises de leur propre État, y compris le peuple Québécois. Cette reconnaissance de fait et de droit( de facto et de jure) de nombreux peuples tels quon le voit maintenant est un phénomène nouveau dans le monde et peut-être un signe des temps. Même dans lEurope du XVIIIème siècle, les nations navaient pas toutes atteint leur plein développement. Partout, ou presque, il restait des MARCHES, des territoires sans statut précis. Au Vingt-et-unième siècle, ce problème de
STATUT TERRITORIAL est encore celui de tout le sous-continent canadien et du Québec. Même aux États-Unis actuels, ce problème refait surface avec le développement extraordinaire de plusieurs États américains, qui ont acquis de facto le STATUT dun État avec la majuscule.
Il ny a là rien danormal ou de révolutionnaire. Depuis la fondation de Boston par les Pilgrim Fathers en 1620, il sest écoulé à peine 154 ans avant que cette colonie accède au statut reconnu dun État déjà appelé au gigantisme, ceci grâce à laide militaire de la France, qui a préféré investir chez les Yankees plutôt quen Nouvelle-France, avec dénormes pertes sur tous les plans. Maintenant, il devient évident que le géant a des pieds dargile. Ce nest pas de lextérieur mais de lintérieur quil est menacé. Discrètement, pour éviter des problèmes plus graves que le transfert des pouvoirs et la reconnaissance de nouveaux États, avec la majuscule, le Président des États-Unis autorise les transferts de pouvoirs. Ce nest pas une mesure logique mais ontologique. Elle a pour but de maintenir en existence ce qui existe déjà et de reconnaître ce qui est en train de naître. La sagesse élémentaire est faite de principes : appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation ; détermination dobjectifs praticables et réalisables en termes de temps et despace ; maintien du moral : concentration de leffort dans lespace et dans le temps ; économie de leffort ; simplicité ; souplesse, coordination ; coopération ; administration et logistique. Ces principes appartiennent à lordre des choses réelles, non des théories et des abstractions. Ils sont ontologiques et non logiques ; on pourrait dire métaphysiques, en ce sens quils gouvernent lunivers de la causalité, cest-à-dire le monde physique et tangible, de même que la nature réelle mais intangible du moral humain.
Le STATU QUO est un terme qui qualifie un statut qui ne change pas. Le STATU QUO ANTE signifie un retour vers larrière, un recul en somme, une perte de statut.
Dans le cas du Canada, cependant, il y avait en Angleterre une évidente perte dintérêts, comme auparavant en France. Les arpents de neige étaient toujours là ; la forêt sétait dégradée et les Anglais préféraient le bois de Russie. Quant aux richesses naturelles, leur accessibilité limitée par la géographie et le climat rendait leur exploitation coûteuse et onéreuse. La pêche sur les bancs de Terre Neuve ne posait pas de problème particulier avec le Canada puisque ces eaux ont un STATUT INTERNATIONAL de facto ET PROBABLEMENT de jure depuis fort longtemps. Et ensuite, la technologie des nouveaux navires de pêche réduisait la nécessité des escales comme ce fut le cas au cours des cinq millénaires précédents. La politique étant affaire dintérêts, de rapports de forces et deffectivité, Londres nallait pas garder en tutelle un pays recouvert dobstacles comme le Canada, envisagé en Europe comme un sous-continent. Que les populations locales se débrouillent comme elles peuvent et tant mieux pour nous, Québécois. Quoi quil en soit, un STATUT REFONDU EST UN SIGNE DE PROGRÈS.
Les provinces ont grandi, grâce au chemin de fer et aux communications télégraphiques, par le moyen de prises de conscience graduelles, lentes mais progressives. Avec les nouveaux moyens de transport et les communications électroniques, le problème des pouvoirs refait surface puisquil est évident que les provinces ont acquis par leurs développements respectifs le STATUT DÉTATS de facto ET DANS LE CAS DU QUÉBEC, DÉTAT de jure AUTANT QUE de facto, même si le Québec ne possède pas sur papier tous les pouvoirs dÉtat, ceci pour les raisons expliquées dans Géopolitique et avenir du Québec (Par JRM Sauvé, Guérin. Montréal. 1994). Mais Ottawa ne bouge pas, incapable de sadapter et de composer avec les événements, comme la fait Londres en 1931. Le STATU QUO est fixé dans le granit et personne ne pourra y changer quoi que ce soit, peu importe les progressions du Québec et de plusieurs autres provinces vers le statut dÉtat? Le Canada est donc un État unitaire et arbitraire, avec une tendance vers lÉtat totalitaire, un État United Empire Loyalist, comme lIrlande, lÉcosse, le Pays de Galles ; comme les Treize colonies avant lindépendance de 1776 et comme lAfrique du Sud avant lindépendance unilatérale de 1948?
Espérer un changement de statut de la part dOttawa, cest se frapper la tête contre les murs, comme ont fait les autres peuples qui se sont inopinément trouvés inféodés à lEmpire britannique, jusquà ce que les révoltes obligent les Anglais à sadapter et à composer. Un tel refus est CASUS BELLI, cause de guerre mais Ottawa sen fiche, toujours prêt à intervenir par la force, comme il la été, lest encore et le sera dans lavenir, sûr et certain que larmée et la RCMP feront une bouchée du Québec « séparatisse ». À défaut, une intervention armée des États-Unis sen chargera et ce sera fini une fois pour toutes du gros méchant Québec. Amen. Alléluia. Rideaux. Gloire à limbécillité.
Ottawa et Toronto, qui se tiennent comme les doigts de la main, agissent par cupidité, bassesse, petitesse, malice, méchanceté, outrecuidance et esprit chagrin, le tout recouvert du glaçage de la raison rationnelle et de la bonne conscience à rabais. Nous sommes confrontés à un mur et ce mur, nous devons le faire tomber.
Observons quen Angleterre, nos ancêtres ont imposé la langue française à la Cour, dans ladministration et la justice, parce quils connaissaient le français, une langue dÉtat dont le propos accède à luniversel, ce que ne peuvent accomplir les dialectes tribaux. Les grands actes des libertés anglaises ont été rédigés en français, assurant par le fait même leur pérennité et leur universalité. Finalement, est-ce que nous existons, NOUS, dont les ancêtres Francs, ces Allemands venus du Bas-Rhin, ont fondé le Royaume de France? En arrivant en Nouvelle-France, nos ancêtres ont réuni toutes ces souches originaires des côtes de France et du Rhin allemand. Ils ont également intégré les souches venues des autres régions dEurope, dont lAngleterre, avec laquelle notre propre histoire a été intimement mêlée, tant en Europe quen Amérique du nord. Dès les débuts de la colonie, ils ont mêlé leur sang avec les tribus amérindiennes du Saint-Laurent, de nouvelles souches à partir desquelles il a été possible de créer lÉtat du Québec, un État à la fois simple et complexe, appelé à agir dans le monde actuel, qui a besoin dÉtats nationaux aptes et capables dagir pour le bien général, sans pour autant ignorer les intérêts particuliers.
LÉtat du Québec, nous lavons déjà. Nous en avons fondé les assises par notre travail acharné de cinq siècles dans une des géographies qui compte parmi les plus dures des terres habitables de toute la planète. Nous aurions pu nous libérer du régime anglais mais le régime des United Empire Loyalists sest imposé trop tôt, dans le but de nous inféoder et nous réduire à néant, par dépossession territoriale, comme en Acadie et en Irlande. Le British North America Act de 1867 devait instaurer dans le sous-continent canadien une authentique Confédération, une Union dÉtats souverains. Mais le terme Confédération nétait quun euphémisme, une mesure dapaisement pendant que se poursuivait sournoisement le travail de sape de notre statut de peuple, de nation et dÉtat, afin de nous réduire au niveau dune société inféodée et atomisée en une poussière dindividus isolés.
Inféodé veut dire servilement soumis à une autorité autre que la nôtre, qui nous tient en tutelle et gère nos propres affaires comme si nous étions des incapables. Remarquez que les fédéralistes et les badaux, dont lesprit est dominé par le défaitisme et le sentiment dinfériorité, sont entièrement daccord et acceptent avec enthousiasme le statut de cocus contents quon nous impose dOttawa et de Toronto. Ce sont ces mêmes cocus contents qui traitent de chialeux les Québécois qui refusent linféodation parce quelle est une ignominie, et, se battent de toutes leurs forces pour faire reconnaître notre statut de peuple, de nation et dÉtat.
Une population inféodée na ni parole ni acte et cest ce quOttawa et Toronto veulent définitivement nous imposer, avec la complicité de leurs valets de service venus du Québec. Certes, nous sommes libres, mais sans pouvoirs, notre liberté ne nous rend pas aptes à agir avec lenvergure dont nous sommes capables. Dans ce cas, nous sommes libres comme des enfants qui samusent dans un parc public mais ne peuvent y poser aucun acte denvergure. Cette situation inférieure, nous navons aucune excuse pour laccepter comme une fatalité car nous disposons déjà des assises de notre propre État. Quant au régime doccupation que nous imposent Ottawa et Toronto, nous pouvons nous en défaire si nous le voulons et nous avons le devoir de le vouloir. Ne pas agir comme un peuple libre et capable dagir et de se dépasser, cest se dégrader nous-mêmes et nous exposer au mépris universel.
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