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Le nouveau Parti québécois

Tant qu’à faire, pourquoi pas imiter Mario Dumont et s’appeler «Nouveau Parti québécois-Équipe Jean Bernard Landry».

Nestor Turcotte
philosophe
TRIBUNE LIBRE - 10 juin 2002



Il fallait de l’imagination. Le Parti québécois s’est sabordé lui-même en fin de semaine dernière en changeant tout simplement son nom. Devant deux cents bonzes accourus d’un peu partout au Québec, le parti s’est trouvé un nouveau nom. le N.P.Q : le Nouveau Parti québécois. Comme le N.P.D. : le Nouveau Parti démocratique. Les Québécois ont maintenant le choix entre le P.L.Q., l’A.D.Q. et le N.P.Q.

Le Parti québécois n’est plus ce parti original avec un acronyme à deux lettres. Il peut se promener avec le sien qui a maintenant trois lettres, comme le font les deux autres partis. Tant qu’à faire, pourquoi pas imiter Mario Dumont et s’appeler «Nouveau Parti québécois-Équipe Jean Bernard Landry». Si le parti cherche de nouvelles idées, pourquoi ne pas aller jusque-là! On est orignal, ou on ne l’est pas, hein?

Comme le Nouveau Parti québécois n’a pas le courage de défendre l’article UN de son programme et tout ce qui en découle, il pige dans l’assiette du Parti libéral, en jonglant avec l’idée de faire un référendum sur le rapatriement des points d’impôt. Comme il n’a pas la lucidité de présenter une vision globale et complète d’un Québec moderne et souverain, il flirte avec les idées de la gauche progressiste, en empruntant l’idée d’un salaire minimum garanti, d’un projet de loi anti-pauvreté, et cela, tout juste avant de fermer la session. Et en n’oubliant pas de reporter le projet de loi à l’automne, alors que le gouvernement sera sans doute en élections générales.

Qui plus est, il se prétend être le parti le plus «progressiste» du Québec, en empruntant à l’UDF, futur parti indépendantiste et social-démocrate qui sera fondé à Montréal, durant le prochain week-end. Un peu de gauche, un peu de droite, un peu de tout et ça donne le Nouveau Parti québécois.

Bref, le Nouveau Parti québécois semble vouloir dire à tous les électeurs du Québec qu’il est le plus progressiste des partis, qu’il est le seul progressiste, qu’il est le seul parti souverainiste, qu’il est le seul parti qui peut défendre les intérêts du Québec, qu’il est… etc. A vouloir emprunter un peu une partie de son âme à tout venant, on en vient à perdre la sienne propre. Que le Nouveau Parti québécois retrouve toute son âme, qui est celle d’être le véhicule qui doit mener le Québec vers sa terre de liberté, et tous ceux qui ont quitté le bateau, mal gouverné et mal orienté, retourneront peut-être se battre avec le capitaine qui, de ces temps-ci, se sent bien esseulé. On ne va pas loin en politique, quand l’étoile du Nord qui doit guider les matelots se confond avec les myriades d’étoiles qui attirent momentanément. Il faut un chef qui donne la direction claire. Tout cela manque au Nouveau Parti québécois. Je n’ai pas le goût de voguer dans toutes les directions, avec un capitaine qui ne sait pas lui-même où il veut mener l’équipage.

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