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Bruxelles fête la Saint-Jean 5000 personnes célèbrent le Québec sur la plus belle place du monde
Christian Rioux
Le Devoir - mardi 25 juin 2002
Bruxelles -- La Grand Place avait des airs de Plaines d'Abraham et de parc Maisonneuve. Des enfants couraient dans tous les coins, les vieux se balançaient en se donnant la main, des couples dansaient sur les airs de violon, d'autres s'enlaçaient au son de l'accordéon. Même les fleurdelisés étaient au rendez-vous avec juste la brise qu'il fallait pour les faire flotter. Lorsque les premières notes du Phoque en Alaska ont retenti, on se serait presque cru sur la montagne quelque part dans les années 1970.
On était pourtant à Bruxelles. À 7000 km de Montréal et en pleine capitale européenne. Environ 5000 personnes ont fêté la Saint-Jean sur la Grand Place de la ville, celle que Victor Hugo avait un jour qualifié, avec raison, de «plus belle place du monde». Tout ce que la capitale européenne compte d'étudiants québécois s'y étaient donné rendez-vous. Ils avaient d'ailleurs amené de nombreux amis. Des touristes de passage à l'ambassadeur canadien en Belgique -- je l'ai vu ! --, tout le monde tapait du pied et balançait des hanches.
C'est en parcourant 75 ans de répertoire québécois sur les rythmes de Québec Issime que les Bruxellois ont donc fêté ce 24 juin pour la première fois de leur vie. Pour célébrer ses 30 ans de présence à Bruxelles, la délégation générale du Québec a eu la bonne idée d'inviter ces 11 chanteurs, 10 musiciens et 4 danseuses qui font un tabac à Jonquière depuis bientôt trois ans.
Bien sûr, on aurait préféré l'original -- les Vigneault, Dufresne, Desjardins et compagnie. J'ai d'ailleurs rencontré un spectateurs déçu qui était venu pour eux. Mais, à défaut, ces joyeux Saguenéens ont donné aux Bruxellois une petite idée de nos célébrations nationales. En 100 minutes, Québec Issime passe en revue 80 titres qui vont de la Bolduc à Céline Dion. C'est là qu'on découvre que la seconde aurait mieux fait d'aller à l'école de la première.
En une heure et demie, Québec Issime passe en revue les grands moments de la chanson du Québec. Tellement qu'on finit par s'étonner que toutes ces chansons viennent de chez nous. Un Bruxellois s'est d'ailleurs exclamé : «Ah ! Une chanson de Jacques Brel», en entendant les premiers vers de... Quand les hommes vivront d'amour ! Un autre m'a soutenu mordicus que le succès de Nanette Workman, Voulez-vous coucher avec moi ?, était une composition de Michel Fugain.
Sur un fond de scène composé d'une fleur de lys gonflable, les interprètes semblaient plus à l'aise dans les rythmes folkloriques et les airs récents de Starmania et Notre-Dame-de-Paris que dans les textes plus subtils de Richard Desjardins, Diane Dufresne et Daniel Lavoie. En fait, les Bruxellois se sont tapé une vingtaine de Saint-Jean en une seule. On aurait d'ailleurs parfois souhaité que les interprètes cessent de zapper frénétiquement et prennent le temps de terminer leur chanson au lieu d'enchaîner avec la suivante au plus vite.
Ce collage adolescent a pourtant réjoui la foule qui a même exigé un rappel, pourtant imprévu dans ce genre de spectacle réglé au quart de tour. Les interprètes, qui ont tous entre 22 et 28 ans, prenaient un plaisir évident à faire découvrir la chanson québécoise aux Bruxellois.
Plus tôt, la ministre des Relations internationales du Québec, Louise Beaudoin, avait souhaité la bienvenue à une douzaine d'ambassadeurs (Russie, Mexique, France, Vietnam, etc.) ainsi qu'aux représentants belges qui participaient à la réception qu'organise chaque année la délégation québécoise à l'occasion de la Fête nationale. La ministre était exceptionnellement l'invitée cette année du bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans.
Dans la somptueuse salle des mariages de la mairie, Louise Beaudoin a déclaré que «cette fête du Québec s'ajoute à la longue liste des mariages qui se sont déroulés dans cette salle». Plus de 500 personnes ont ensuite participé à une réception largement ouverte aux Québécois qui vivent dans la capitale belge.
Ce spectacle de la Saint-Jean venait clôturer les célébrations de la fête de la musique qui se déroule chaque année à Bruxelles pendant plusieurs jours. Quelques heures après le spectacle, des fêtards continuaient à célébrer dans les rues de la ville. Les notes de La danse à Saint-Dilon et de Journée d'Amérique résonnaient toujours dans leur tête.
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